GABRIEL NAUDÉ
introduire la variété, l’entrain qui fait vivre les discussions, mais non pas assez pour y faire disparate ; somme toute, esprit un peu étroit, pénétrant plutôt qu’élevé, ayant peu de préjugés, mais aussi peu de convictions, et, malgré ses défauts, forçant tout le monde, amis et ennemis, à subir son charme, à force de verve et de bonhomie.
VIII. Laissons là Guy Patin ; nous aurons plus d’une fois encore occasion de le retrouver, mêlé comme acteur ou comme témoin aux petits événements qu’il nous reste à raconter. Mais à propos de lui, et avant de changer de terrain , pour suivre chez les grands seigneurs et dans les emplois de la cour les médecins mondains que l’ambition, le goût des aventures, et le désir de faire fortune attirent de ce côté, il est bon de nous arrêter un instant sur un personnage que son caractère conciliant et ses amitiés dans l’un et l’autre monde rendent fort propre à servir d’intermédiaire entre ces deux milieux si différents. Je veux parler de Gabriel Naudé.
Quoiqu’il n’eût pas pris ses grades dans la Faculté de Paris, comme il n’exerçait pas, et ne pouvait en aucune façon lui porter ombrage, il avait été en quelque sorte adopté par elle, et plus d’une fois elle le chargea de prendre la parole en son nom dans ses solennités. Attiré par ses goûts vers les travaux d’érudition et de bibliographie qui ont rendu son nom célèbre, il côtoya plutôt qu’il ne parcourut la profession ; mais il n’en tenait pas moins à honneur d’être médecin, et c’était le