SON SCEPTICISME
avec une véritable éloquence. Il avait débuté par un ouvrage intitulé : Instruction à la France sur la vérité de V histoire des frères de la Rose-Croix. On sait que c’est, en effet, vers cette époque que cette fameuse confrérie, née des plus mystiques et des plus nébuleuses rêveries de l’Allemagne, avait tenté de s’introduire en France, promettant la transmutation des métaux, la guérison de toutes les maladies, la réformation universelle de l’humanité, et autres merveilles qui sont la monnaie courante des théosophes de tous les temps. Malheureusement pour le succès de leur entreprise, les nouveaux illuminés avaient cru devoir s’entourer d’un mystère si grand et d’un tel soin de se rendre invisibles, qu’au moment même où ils répandaient leurs affiches dans Paris, on put sérieusement mettre en doute la réalité de leur existence, et croire à quelque mystification. Naudé, qui s’occupait alors de médecine, et que les prétentions médicales de la nouvelle secte touchaient au vif, crut qu’il était bon d’éclaircir cette affaire, et tout en démontrant que l’existence de la nouvelle secte n’était que trop certaine, contribua pour sa part à mettre en garde contre ces fantastiques imaginations le public français d’ailleurs peu enclin à toutes ces chimères. Son livre, plein d’érudition et de bon sens, est encore un utile document à consulter, pour servir à l’histoire des aberrations de l’esprit humain.
Plus tard, il eut l’idée d’étendre cette étude à toutes les histoires de magie qui avaient cours de son temps, et publia son Apologie pour tous les grands person -