LES MÉDECINS DE LA COUR
une infirmité naturelle : il boitait des deux jambes, et les spectateurs du Palais-Royal durent facilement le reconnaître si, comme il est probable, le personnage de Desfonandrès était joué par le boiteux Béjart.
Il était né protestant. Il se convertit en 1648, avec un certain éclat, qui put faire douter de sa sincérité, ce Je pense, dit Guy Patin, que si cet homme croyait qu’il y eût au monde un plus grand charlatan que lui, il tâcherait de le faire empoisonner. Il a dans sa poche de la poudre blanche, de la rouge et de la jaune. Il guérit toutes sortes de maladies et* se fourre partout... Il assure de guérir tout le monde ; il fait rage de promettre de son côté, et d’en savoir bien plus que tous les autres ; que tel et tel ne savent que saigner et purger, mais que lui a de grands secrets... Vénérable et détestable charlatan, s’il en fut jamais; mais il est homme de bien, à ce qu’il dit, et n’a jamais changé de religion que pour faire fortune et mieux avancer ses enfants. »
Le portrait n’est pas flatté, tant s’en faut, et l’on y reconnaît la main d’un ennemi. Au moins ne faut-il pas le charger davantage. M. Taschereau1 ne s’en contente pas, et accuse sans façon Des Fougerais, sur un on dit de Bussy-Rabutin, de pratiquer l’avortement. Il faudrait donner des preuves à l’appui d’une pareille accusation. Ce qui est certain, c’est qu’il s’attira une fois par son charlatanisme une sévère réprimande, qui lui fut infligée par décret de la Faculté. Il est bon de le sa-