‹ Les médecins au temps de MolièreChapitre 63 sur 223 · ESPRIT, BRAYER · texte numérisé non relu

ESPRIT, BRAYER

voir; car il en résulte que les traits lancés contre lui 11’atteignaient pas la compagnie, qui le répudiait comme indigne.

Esprit est celui des quatre sur lequel nous possédons le moins de renseignements. Lui aussi ne nous est connu que par un pseudonyme. Son nom patronymique était André. Esprit était le prénom de son père, médecin de Béziers. Nous savons seulement qu’après avoir été l’un des médecins de Richelieu, il devint celui de Mazarin et de toute sa famille, et que lors de la grande maladie du roi en 1058, il se trouvait attaché à la personne du duc d’Anjou. Ce fut lui qui ouvrit l’avis de donner de l’émétique au roi. Ici, faute de mieux, je suis encore obligé de citer Guy Patin. Il ne le ménage guère plus que le précédent. « Voyez la belle politique de notre siècle ! Le médecin du prochain héritier de la couronne et successeur immédiat, adhibetur in consiliurn pro rege , et venenatum stibium audet prœscribere. S’il en eût été cru, et que le roi fût mort, son maître eût été roi, et lui premier médecin du roi ! Non sic erat in principio : autrefois on n’appelait jamais chez le roi malade les médecins des princes du sang, pour des raisons politiques très-fortes. Mais aujourd’hui tout est renversé. » Ai-je besoin de répéter que je ne cite pas ce passage comme un témoignage concluant (la calomnie est ici trop évidente), mais seulement comme une boutade significative lancée par un orthodoxe à un médecin courtisan ? Il y a, au surplus, quelque raison de croire qu’ici encore il s’est glissé un malentendu. Si la

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