I)A QUI N
ancien domestique qui l’avait bien servi, et qui avait une qualité bien rare dans un courtisan, c’est qu’il ne lui avait jamais rien demandé. En disant ces mots, le roi fixa les yeux sur Daquin, qui comprit bien ce que le roi voulait lui reprocher; mais, sans se déconcerter, il dit au roi : « Oserait-on, sire, demander à Votre Majesté ce qu’elle lui a donné? » Le roi n’eut rien à répondre, car il n’avait jamais rien donné à ce courtisan si discret L »
Cependant il finit assez tristement. Il fut subitement congédié en 1G93, et exilé à Moulins, où il mourut quelque temps après. « 11 avait demandé l’archevêché de Tours pour son fils. Si demander plus qu’il ne devait, eût été un crime, il y avait longtemps qu’il eut été criminel2. » 11 est plus probable qu’ayant dû son élévation à madame de Montespan, il n’avait pu qu’à grand’peine se soutenir depuis le mariage du roi, et qu’il devait tôt ou tard partager la disgrâce de la favorite.
Ce qui confirme cette supposition, c’est qu’on lui donna pour successeur son rival Fagon, le protégé, ou plutôt l’ami de madame de Maintenon. Il l’avait connue dans un voyage qu’elle fit aux eaux des Pyrénées, où elle conduisait un des fils naturels du roi. « Le plus grand plaisir qu’elle goûta dans ces différents voyages, nous dit un témoin bien informé, fut de n’ètre plus à la cour. Elle en trouva encore un autre dans la conversation de M. Fagon, alors médecin de M. le duc du
1. Aslruc, Mémoires pour servir à V histoire de la Faculté de Montpellier .