FAÇON
à lui que sa fièvre durait encore. Il lui dit : « Sire, M. Daquin s’est allé coucher ; mais M. Fagon est là; le ferai-je entrer? — Que me dira-t-il? lui dit le roi, qui craignait que le premier médecin ne le sût. — Sire, reprit Niert (et ce que je dis ici, je le tiens de lui), il vous dira peut-être quelque chose, il vous consolera. » Fagon entra, tâta le pouls, fit prendre de la tisane, fit changer de côté, et enfin se trouva seul auprès du roi pour la première fois de sa vie. Daquin eut son congé trois mois après, sur une bagatelle dont on lui fit une querelle d’Allemand ,. »
Fagon était neveu du célèbre Guy de La Drosse, le fondateur du Jardin du roi. A peine reçu docteur à la Faculté de Paris, en 1664, il fut nommé professeur de botanique à cet établissement par Yalot, qui en était intendant, en sa qualité de premier médecin du roi. Élevé au milieu des plantes, il y avait pris cette passion pour la botanique qui ne l’abandonna jamais. Il passa les premières années après son doctorat à voyager pour recueillir des plantes et enrichir les collections. Plus tard, lorsque, devenu lui-même premier médecin, il eut dans ses attributions cette surintendance importante, il put être considéré comme le second fondateur du Jardin du roi, dont il fit le premier établissement scientifique du monde. Son instruction était immense, et rehaussée par les charmes d’une diction séduisante. Arrivé dans sa profession au faîte des honneurs, il s’y