‹ Les médecins au temps de MolièreChapitre 78 sur 223 · ASELLI , PECQUET · texte numérisé non relu

ASELLI , PECQUET

3eine, disait-on, de changer les idées reçues : il y avait louble emploi. Et, s’il est une chose surprenante, c’est le rencontrer Harvey lui-même au premier rang des îontradicteurs d’Aselli : «Il est évident, dit-il, que le îhyle qui est destiné à nourrir tous les animaux est porté les intestins par les veines mésaraïques, et il n’est pas iécessaire que nous cherchions une nouvelle voie par es veines lactées. »

III. Mais en 1649, un Français, Pecquet *, acheva la lémonstration, en faisant voir que la terminaison des îhylifères n’est pas au foie, comme on l’avait dit jusjue-là, mais au réservoir auquel il donna son nom. En conséquence, le chyle se jetait directement dans le sang, >ans passer par le foie! Décidément c’était l’édifice entier de la médecine, auquel en voulaient les novateurs. Rien n’était plus sacré pour eux. Le foie et Galien étaient attaqués de tous les côtés ensemble. D’une part l’origine des veines n’était plus au foie, puisque la circulation était un cercle complet, où il n’y avait ni commencement ni fin. D’autre part, le chyle n’allait plus au foie, comme par le passé. On avait changé tout cela. Désormais il fallait donc brûler tout ce qu’on avait adoré! On raconte que lorsque Pecquet alla exposer sa découverte à la Faculté de Montpellier, les

1. Pecquet était natif de Dieppe; il avait été reçu docteur à Montpellier en 1047; il entra à l’Académie des sciences en 1660, et mourut en !6"4, épuisé par des excès d’eau-de-vie. C’est, dit-on, le principal remède qu’il prescrivait à ses malades.

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