‹ Les médecins au temps de Molière: moeurs, institutions, doctrinesChapitre 129 sur 222 · IG · texte numérisé non relu

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donner carrière. « Quoi! disaient-ils aux médecins, vous considérez-vous donc comme des esprits purs ? Et nous est-il plus honteux de nous servir de nos mains pour soulager nos semblables, qu'à vous de vos yeux pour reconnaître les maladies et en prescrire les remèdes. Vous faites, et avec raison, grand cas de l'anatomie. Maisl'anatomie n'est ni une œuvre d'imagination, ni une affaire de fantaisie ; et ceux d'entre vous qui y excellent réellement ne craignent pas de se salir les mains, lorsqu'il s'agit pour eux d'acquérir à ce prix une instruction solide. 11 serait donc honorable de se livrer aux dissections pour le seul profit de la science; et il serait honteux d'opérer sur le corps vivant, dans un but évident d'utilité et d'humanité ! Le scalpel se déshonorerait en devenant bistouri! Personne, en ce bas monde, n'échappe à la nécessité de faire œuvre de ses doigts.. L'astronome n'est-il pas obligé de manier ses lunettes, le physicien de construire des instruments, et l'écrivain lui-même de tailler sa plume ? C'est le but du travail qui en fait le prix, et en est-il un plus beau que de porter secours à ses semblables, en surmontant, par humanité, l'horreur naturelle qu'inspire la vue du sang ! n

C'est ainsi qu'ils raisonnaient. Mais que peut le raisonnement contre le préjugé? En s' associant la Faculté de médecine, l'Université de Paris avait refusé de reconnaître les chirurgiens pour ses enfants. Par une contradiction bizarre, la Faculté ne cessa pourtant jamais de réclamer les hommages de ces manœuvres qu'elle rejetait de ''son sein, et dans lesquels sa vanité se com-

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