‹ Les médecins au temps de Molière: moeurs, institutions, doctrinesChapitre 158 sur 222 · TRIOMPHE DE LA FACULTÉ · texte numérisé non relu

TRIOMPHE DE LA FACULTÉ

Vexpulsion des médecins, sur la grande autorité de Caton l'Ancien, qui passe pour avoir fait chasser les médecins de Rome ; et, comme l'histoire ne dit nulle part qu'il ait sévi contre les apothicaires, on tenait pour certain que le but secret de Caton avait été de laisser le champ libre à la pharmacie !,..

Je m'arrête; on pourrait croire que j'invente. Quand on songe qu'une bonne partie du temps de nos ancêtres en l'art de guérir se passait à discuter de pareilles niaiseries, et qu'en tout temps l'esprit de corps mal entendu peut en arriver là , on se prend à trouver que, malgré son amer persiflage, Molière a encore été bien indulgent, -c et on le remercie d'avoir couvert d'un ridicule immortel ces égolsmes à la fois puérils et barbares. Au moment où il allait lui porter le coup décisif, la Faculté était partout triomphante ; de quelque côté qu'elle portât ses regards, elle ne voyait que des ennemis terrassés ; tous ses procès étaient gagnés ; cela suffisait à son orgueil ; et, persuadée de son éternité, elle pouvait s'écrier par la bouche d'un de ses doyens :

Sit felix schola nostra ; caput super aslra superbum Clarior exlollat; crescat, laudetur, ametur HeroUm genilrix ; factis late impleat orbem.

Proie nova semper dives, semperque beata, Addat nomen avis ; constanti pace fruatur * 1

1 . Inscrit en tête du tome XVII des Commentaires , par Henri Mahieii, doyen.

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