‹ Les médecins au temps de Molière: moeurs, institutions, doctrinesChapitre 166 sur 222 · Tout ceci est du galénisme pur · texte numérisé non relu

Tout ceci est du galénisme pur

npPTI^INB PES TEMPÉRAMENTS. 3ô9

da chaque organe euvisagé isolément. 11 s'agit donc de les déterminer. Or supposez plusieurs centaines d'orgaqes ayant chacun leur constitutiou propre; douez chacun d'entre eux de l'un des neuf tempéraments, lui-même permanent ou variable, et calculez, si vous Iç pouvez, le nombre des combinaisons possible dans lesquelles la somme des tempéraments partiels arrive ^ équivaloir à chacun des tempéraments totaux ^ Mener h bien cet effrayant calcul, serait l'idéal de la physiologie; aussi pqse-t-on des règles générales qui puissent servir de base d'opérat\on. Ainsi, toutes les parties du corps sont blanches ou rouges ; les premières sont exsangues, spermatiques, solides ; les secondes sont sanguines et de peu de consistance. Celles-ci seront appelées chaudes, celles-là froides. Déplus, toutes celles qui sont dures, comme les os, les tendons, les nerfs, seront sèches ; les plus molles seront dites humides. Mais encore, même avec ces données, que de mécomptes! sans parler de la difficulté de s'entendre sur la couleur et la mollesse des organes, voici, par exemple, le cerveau, qui, d'après les règles posées, devrait être froid-sec, Que va-t-il devenir, baigné sans cesse par le sang, dont le tempérament est chaud-humide? Ces tempéraments contraires vontil^ s'entre- détruire par leur contact, ou faut-il admettre que l'un des deux subsistera aux dépens de l'autre?— Ou voit d'ici comhien de questions de ce genre pour-

1 . Il est vrai que le proMèmç est ordiuairement réd^it à étudier les différents tempérameats de chaque partie noble en ps^rticuliçr.

ront être soulevées à propos de chaque organe. Ces questions ont ceci de commode, qu'on peut les discuter sans sortir de chez soi, sans se salir les mains à étudier Tanatomie, et que le raisonnement en fait seul tous les frais. Mais, en revanche, elles ont l'inconvénient grave d'être insolubles, et de lancer l'esprit dans des abstractions sans fin, jusqu'à lui faire perdre pied dans le domaine de la réalité.

Et cependant ce n'est pas tout encore. Supposez toutes ces questions résolues, i] faudra en outre établir une relation entre les quatre qualités premières et les quatre saisons de l'année, les quatre âges de la vie, les quatre humeurs. Ainsi la bile, chaude et sèche, répond à l'air; la pituite, froide et humide, à l'eau ; l'atrabile, fi*oide et sèche, à la terre ; le sang, chaud et humide^ à l'air. Mêmes relations du sang avec l'enfance et le printemps, de la bile avec l'âge viril et l'été, de l'atrabile avec l'automne et l'âge de déclin, de la pituite avec l'hiver et la vieillesse. Ces analogies et ces rapprochements, présentés souvent d'ailleurs avec beaucoup d'art et de trèsfines observations de détail, devront servir plus tard à établir les principales règles de l'hygiène.

Ce qui est beaucoup plus sérieux, c'est l'exposition, donnée par les auteurs, des caractères tant physiques que moraux auxquels se reconnaissent les principaux tempéraments. Les pages consacrées par Riolan le père* à ce

1 . /• Riolanipatris opéra mecUca{PhysioL sect, II,) Cet ouvrage, qui m'a fourni beaucoup de renseignements pour la rédaction de ce chapitre, porte la date de 16.38. Il est, par conséquent, un peu

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