Voy. Gassendi» De vita et moribus Bpicuri
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dèle, surtout pour Lucrèce, le plus éloquent interprète du philosophe grec, ne furent pas des motifs sans influence sur sa détermination. Ce qui est certain, c'est qu'il est bien peu d'idées fondamentales qu'il ait empruntées à la philosophie d'Épicure, sans les modifiera sa manière; et, à parler exactement, c'est bien moins par ses doctrines philosophiques proprement dites, que par ses idées de physique générale, qu'il se distingue de ses contemporains. Gassendi a professé la doctrine des atomes : voilà son épicurisme. Mais ici encore il est nécessaire de s'entendre.
L'atomisme d'Épicure n'est en réalité qu'une forme du panthéisme, tel qu'il pouvait être conçu dans l'antiquité : une matière étemelle se modifiant à l'infini dans le temps et dans l'espace, et produisant ainsi tous les phénomènes du monde extérieur; le hasard, force aveugle, présidant à toutes les combinaisons, rien ne commençant, rien ne finissant dans la nature, un perpétuel devenir qui est à lui-même sa raison d'être, et qui exclut l'intervention de toute cause finale. — En admettant, au contraire, des atomes créés par Dieu et recevant de lui l'impulsion première, Gassendi place entre son maître prétendu et lui-même un abîme immense. Que signifie donc pour lui ce mot atome? Le voici, ce me semble.
La divisibilité de la matière à l'infini, éternel sujet de disputes et d'argumentations dans les écoles, peut offrir à l'esprit des problèmes piquants, qui se prêtent à mille subtilités. Mais^ après avoir bien disserté, on se