SA JEUNESSE
demande de si bonne grâce. En tous cas, ce morceau témoigne d'une grande intimité entre les deux amis. Est-il possible de savoir quelque chose sur ce personnage, à qui revient peut-être une certaine part dans plusieurs chefs-d'œuvre? Tout ce qu'on en a su, jusqu'à présent, se borne à l'anecdote suivante contée par Grimarest : Louis XIV dit un jour à MoUère : « Vous avez un médecin ; que vous fait-il ? — Sire, reprit Molière, nous causons ensemble ; il m'ordonne des remèdes ; je ne les fais pas, et je guéris. » Il est pourtant facile , en remontant aux sources, d'avoir sur ce point quelques éclaircissements, car il s'agit là d'un médecin fort bien posé, et qui jouait à la Faculté un rôle assez considérable.
Jean-Armand de Mauvillain était de Paris. Il était fils d'un chirurgien très-renommé, qui eutla charge de bibUothécaire du cardinal de Richelieu*. La faveur du père rejaillit sur le fils; car celui-ci fut tenu sur les fonts par le premier ministre, qui lui donna son nom d'Armand,
1. Le satant doyen de la Faculté des lettres de Paris, M. V. Leclerc, a bien youIu me communiquer un exemplaire de V Index fumereus de Jean de Vaux (édit. de i724), sur lequel, à la page 48, on lit cette addition, d'une écriture du temps :
a M. NicolausMauyillain^Parisinus, obiit iO^jan.anni 1663. • (Celui-là est le père.)
« Filium reliquit D. M. Parisiensem , facie aspera , moroso et & inquieto animo prseditum; nam, licet cliirurgi filius, cum in « sui decanatus curriculo quidquid potuerat molestise chirurgo- <f rum societati fecisset, non melius de sua Facultate meritus « fuit, Poquelino Molierio suse ^gri imaginarii comsediœ scenas « accessorias suppeditando, quse medicinse et medicorum aucto- « ritatem adeo apud plebem imminuerunt, ut nunc Upud pleros-
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lui témoigna toujours beaucoup d'intérêt, et s^occupcide son éducation.
Le recueil de Baron, qui contient le relevé des récep* lions de médecins, par décanats, rapporte celle de Mau* villain à Tannée 1647, sous le décanat de Jacques Perreau. Jl doit y avoir là quelque erreur ; car, dans ce même recueil, se trouve la liste chronologique des questions médicales discutées à la Faculté ; or, sur cette liste, qui est, en effet, conforme aux registres originaux, Mauvillain figure comme bachelier jusqu'à Tannée 1648 inclusivement. Sa Yespérie est placée au 22 jaû» vier 1649 ; et son Acte pastillaire, sur cette question î La fièvre puerpérale est -elle essentielle ou symptoma" tique? correspond au 25 janvier 1650. D'où il résulte clairement que sa réception au grade de docteur dut avoir lieu dans le courant de Tannée 1649 ; car bien ce^ tainement, dans le document que je viens de citer, il ne saurait être question de deux personnes différentes ; le prénoms sont les mêmes, et d'ailleurs, s'il y avait deux Mauvillain, on les distinguerait Tun de l'autre, comme cela se fait en pareil cas, et on retrouverait dans la suite quelque trace du second.
Yoici qui n'est pas moins positif : Le discours de paranymphe S de Robert Patin, dont j'ai rapporté plus
« que cives tantum pro forma vocentur medici, eorum praescrip* « tionibus et ratiociniis fera Dullam habentes fidaciam, eo quod « eventus spem a medicis datam œgros et assistentes persœpe « fallat. »