LB8 PREMIERS MÉDECINS DU ROI
decin, et s'il aimait à rire aux comédies de Molière, c'était sans doute un peu comme un écolier émancipé; j'imagine qu'il dut faire un triste retour sur luimême, en entendant le grotesque panégyriste de la Faculté s'écrier avec emphase :
Nostris ordonnaneiis Principes et reges soumissos videtis I
Il est des cas cependant, où il gagne à être vu dans ce déshabillé. C'est lorsqu'il s'agit de l'intérêt de sa gloire. L'instinct de la grandeur ne l'abandonne jamais. S'agit-il de paraître à la tête des troupes, et de mener vivement une expédition? il méprise alors sa santé et sa vie. Il laisse là les prescriptions et les drogues, et se livre corps et âme à toutes les fatigues du moment. Son médecin gémit alors de se voir inutile, et s'efforce en vain de protester. Mais il attend son maître à la fin de la campagne, et lui fait regagner le temps perdu.
V. Valot commence son journal par la relation de la petite vérole du roi en 1647. Comme, à cette époque, il n'était pas encore premier médecin, il ne parle de luimême qu'à la troisième personne ; mais on pense bien qu'il n'en dit pas de mal. 11 rappelle modestement qu'en cette importante occasion M. Vautier appela en consultation le sieur Valot, médecin des plus fameux et des plus employés. Le sieur Guénaut s'y trouvait aussi, et plusieurs autres. Il y eut des consultations fort orageuses. Une saignée conseillée par le sieur Valot donna lieu à de vives récriminations, ce qui n'empêcha pas le premier