‹ Les médecins cantonauxChapitre 5 sur 22 · D’UNE LETTRE DE M. CHËVREMONT · texte numérisé non relu

D’UNE LETTRE DE M. CHËVREMONT

PKEFET DE LA UAUTE-LOIHE.

Monsieur,

J’ai reçu les lettres que vous m’avez fait l’honneur de m’adresser au sujet de l’organisation du service des médecins cantonaux.

J’ai lu ces lettres avec un vif intérêt. Je partage votre manière de voir quant à l’importance de la question, et j’en ai donné une preuve décisive en m’efforçant, malgré les difficultés à vaincre, de naturaliser cette excellente institution dans le département de la Haute-Loire. J’aime à croire quelle y fera son chemin. En l’important dans ce département, j’ai voulu d’ailleurs la marquer d’un caractère particu-

lier et même original, je le crois. Partout où un service de médecins cantonaux a été établi jusqu’ici, il ne l’a été, à ma connaissance, qu’au profit des indigents proprement dits, de ceux qui sont inscrits à ce titre dans les listes communales; je me suis proposé, moi, d’étendre le bienfait de l’institution aux habitants qui, sans être placés dans cette catégorie, n’en sont pas moins peu aisés, et auxquels dans ce département surtout, où les communications sont si difficiles et le nombre des hommes de l’art si restreint, les secours de la médecine sont d’un accès presqu impossible. C’est dans ce but que j’ai fait aux médecins chargés du service cantonal, dans les trois cantons que j’ai désignés pour cet essai, une obligation de donner, lors de leurs visites périodiques dans les communes, des consultations aux malades mal aisés à un prix si modique, qu’il fut accessible à tous. Là, je le répète, est le côté original de ce que j’ai entrepris dans la Haute-Loire, et ce côté ne vous aura sans doute point échappé.

Je recevrai avec le même intérêt, soyez en convaincu, les autres lettres qu’il est, je crois, dans votre intention de m’adresser sur le même sujet.

Agréez, etc.

Le Préfet de la Haute-Loire, Signé, Chèvremont.

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