VIII INTRODUCTION
turc helléniques, apportées par des esclaves et des affranchis italiotes, avaient déjà droit de cité romaine. Rome luttait contre Carthage et n'avait pas encore tourné ses armes contre l'Orient, qu'un Tarentin, Andronikos, traduisait VOdyssée pour l'instruction des jeunes Romains et des tragédies pour l'amusement du public, que Fabius Pictor commençait à rédiger en grec ses Annales, et que Plante jouait ses premières pièces, imitées des Grecs.
A la même épocjue — car l'invasion hellénique ne fut pas dès ses débuts exclusivement littéraire, — les sciences pénétraient à Rome non la physique et les mathématiques que les Romains ont toujours négligées et dédaignées, mais les sciences appliquées, représentées surtout par les médecins ^ C'est cette conquête dont je voudrais suivre les phases et les progrès.
Une des raisons qui rendent singulièrement atta-
1. Les arts suivront de près, grâce aux tableaux el aux statues dont Marcellus et Fabius dépouillèrent les temples de Syracuse et de Tarente. L'histoire de celte autre conqucHe des Grecs fera l'objet d'un prochain volume, seconde série de cet ouvrage.
2. Si l'on excepte les Phénomènes d'Aralus, les Romains n'ont pas traduit les œuvres purement scienlififiues des Grecs. Au contraire, plusieurs écrits des principaux médecins, d'Mippocrate, d'Asclépiades, de Dioscorides, de Soranos, de Galien, etc., ont été traduits en latin.