On en prend aussi quand on est sujet à des accidents
12t LES GRKCS A ROME.
lo recommander tout à rheuro ' dans les termes mêmes dont le poète se sert pour traduire en vers à son ami Numonius Vala l ordonnance d'Antonius Musa *.
Au reste, cl d'une façon grnéralc, les bains froids el les douches sont salutaires h ceux dont la vie peu réglée a abusé de tous les plaisirs ; et c'était — Musa le savait aussi bien que Lydie, Glycôre, Galatée et les autres — le cas du poète, et de beaucoup de ses contemporains. Aussi, le médecin recommandait-il ce régime à presque tous ses malades. Et son autorité, et la guérison de l'Empereur par le même traitement donnèrent à l'hydrothérapie et aux cures dans les villes d'eaux froides une vogue extraordinaire.
Il y eut, en efl'et, sous le règne d'Auguste et d'Antonius Musa, une grande poussée vers les sources glacées. Sans doute, quelques-unes des stations bal-
analogucs à celui qu'eut Horace pendant son voyage à Brindcs, et qu'il n'a pas craint de relater. « In hoc afTectu, dit Cclsc, salutares sunt véhémentes frictiones, perfusioncs, nalulionesque qiiam frirjidissimse. »
1. Voici pour les lippeux le conseil de Celse : « Usus aqu.T frigidœ prodest iis quos assidufc lippitudines malc habent. Ilis autcni non caput tantum quotidic perfundendum, sed os quoquc mulla frigida aqiia fovendum est. » — De même, pour les gastralgicjues et les goutteux : perfundi aqua f/elida.... Utiliora sunt ref/'igeranlia, rcctc in aqua quam frigidissima articuli continentur. »
2. « Mllii Bains Musa supervacuas Antonhis, et lamen illis Me facit invisum, gelida cum perluor unda Per médium frigns. »
néaircs, dont le climat ou les eaux possèdent des vertus spéciales, allirenl toujours et continueront d'adirer tous les malades atteints d'aflcclions particulières et bien caractérisées K C'est ainsi que les phlisi(|ues font voile vers Alexandrie , pays aimé des dieux, toujours ensoleillé, toujours ileuri de roses et peuplé de médecins savants; les nerveux vont aux eaux Albulcs, les calculeux et les fiévreux à iïnarie, sur la cote campanienne, ou plus loin, beaucoup plus loin, là-bas, dans le nord, à Tongrcs^, dont les eaux ferrugineuses et toutes pétillantes de bulles chassent la fièvre tierce et guérissent la pierre. On conduit les fous et les femmes stériles à Sinuessc, rivale des trois Anticyres et d'Élalus, en Arcadie. D'autres enfin poussent jusqu'à Épidaure et Étiepsus, ou bien, d'un côté tout opposé, jusqu'à Baredgina Alesia *, les AqucC Scxliœ'% les Aquœ Caiidœ^,... jusqu'à l'une ou l'autre enfin de ces innombrables stations balnéaires, découvertes, créées et exploitées par les Romains, depuis l'Asie Mineure jusqu'à l'Atlas, et depuis la Sicile jusqu'aux derniers confins de la Gaule \ Mais ce sont les sources d'eaux