‹ Les médecins Grecs a RomeChapitre 28 sur 59 · Par MM. O.Rayct et M. Dubois. Amiuaire de V Association · texte numérisé non relu

Par MM. O.Rayct et M. Dubois. Amiuaire de V Association

noms désignent une seule et même personne, C. Stertinius Xénophon fils triléraclile, citoyen de Cos, et médecin de Claude. Mais ces inscriptions l'ont plus ([ue rétablir l'identité de ce (Irec; elles racontent sa vie, énumèrent ses titres honorifiques, célèbrent ses (pialités. Elles sont une biographie et une oraison funèbre. « C. Stertinius Xénophon, disent-elles, l'ut l'ami de César, l'ami d'Auguste, l'ami de Claude, l'ami de Xéron , l'ami des Romains, l'ami des dieux, l'ami et le bienfaiteur de sa patrie. 11 fut médecin de Claude et archialre des divins Augustes, secrétaire pour les lettres grecques, tribun des soldats, et dut à ce titre de recevoir, lors du triomphe sur les Bretons, une couronne d'or et une haste pure. Il fut préfet des ouvriers, pontife des dieux, flamine perpétuel des Augustes, d'Esculape, d'Hygie, et d'Épione 2. »

Voilà un médecin qui, en vérité, est passé par bien des emplois étrangers à la médecine, un homme dont la vie et le cœur furent singulièrement remplis. Que de métiers il ajouta au sien ! Et, sauf Tibère (on comprend de reste que les inscriptions ne mentionnent pas ce prince latrophobe), que de gens il aima! Les habiles en l'art de vérifier les dates trouveront

des Éludes fjrcc(/ues, 1875, p. 271; Bulletin de Correspondance hellénique, 1881, juillet et décembre; Revue arcliéolofjique, 1882, p. 203 et sUiv.

1. Pline se trompe quand il appelle Xénoiilion Quintus au lieu de Caius.

■2. Telle est la traduction de ceux (pii ont trouve et comjnenté cette inscri[)lion. On verra plus loin ce ({u'il faut en penser.

même qu'il en aima trop. Si Xénophon lui l'ami de Néron — et cela ne paraîtra pas douteux quand on l'aura vu collaborer à l'assassinat de Claude \ — comment a-l-il pu être celui de César? Aurait-il donc à tous ses mérites ajouté celui de vivre aussi longtemps (jue les corneilles? Ne serait-ce pas pluhM (pie les deux mois ocAo/.ai'G7.poç el o'./o7£6(3t(7Tou sont des titres généraux, de simples adjectifs, dont la dei-nière partie désigne le seul Claude-, ou, |)eul-èlre aussi, que les deux inscriptions, dont l'autlienlicité n'a jamais été discutée, ont menti comme des oraisons funèbres?

Cela est très possible. Le crédit el les honneurs dont Xénophon fui comblé, les sei'vices qu'il l'endil à sa patrie et à ses parents, à Clconymus el à Philinus, dont les épitaphes rappellent orgueilleusement ([u'ils furent frère et oncle du médecin de la coiu'^,tout cela put si bien tourner la tète auxhabi-

1. Nous acccpLons donc voloiiliers, pour coniljler inie lacune à la douzicnio lisjno de l'inscripUon trouvée par M. Dubois, la restitution çdovépwva. Mais si Xénophon fut l'ami de Néron, il n'a pu être, connue le veulent les traductions de cette inscription et de celle de M. Hayet, l'ami de César. On s'étonne (pie le D' Briau qui, dans la Revue arcliéolof/iqiie. a disculé avec tant de vivacité et de compétence le travail de I\l. Dubois, n'ait pas signalé ce point.

2. Cette hypothèse est, en définitive, la plus sérieuse et la plus vraiseml)lable. C'est la seule (lu'admeltent sans doute les épii^rapliistes de profession.

3. « Claudia Phœbe a honoré, à cause de son mérite et de sa bonté, son mari et bienfaiteur. Tib. Claudius Cleonymus, lils d'iléraclite, de la tribu Ouirina, frère de C. Stertinius Xénophon. Il fut tribun de la légion XXII' Primigenia. en Germanie, deux fois revêtu de la dignité de monar(iue, et plusieurs fois envoyé en ambassade, dans rinlérèt de son

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lanls de Cos, qu'ils no ménagèrent pas plus à leur glorieux compatriote les titres honorifuiues que les stèles de marbre, les inscriptions et les statues'. Ils savaient de science certaine, et poui- on avoir profité, que Xénophon avait été l'ami de Claude et de Néron; on en conclut qu'il devait avoir aussi aimé Augusl(^; et, puisqu'il avait aimé Auguste, il devait a\oir aimé César.

En réalité, C. Stertinius Xénophon n'aima jamais que lui-même, la fortune, les places et les honneurs. Ses malades n'étaient pas à ses yeux des hommes ([ui souiVrent, mais dos clients qui ont de l'argent. Il les pressurait si bien, qu'ils lui rapportaient , de son aveu mémo, plus de six cent mille sesterces par an; et, malgré les dépenses énormes qu'il fil, on ne sait dans quel but, pour l'embellissement de Naples, sa succession s'éleva à plus de sept millions de francs.

Aussi, pour le décider à venir à la cour, Claude dut-il pres(|ue employer la violence. Xénophon tenait fort, non à son indépendance, mais à sa clientèle; et il fallut, j)0ur le convaincre, doubler la sonmie de

pays, auprès des Augustes. >• — « Le jjeuple des Kalymniens a iionoré Tib. Claudius IMiiliruis, (ils de Xénophon, onele de C. Slerlinius .Xéiioplion, tils d'IIéraclile, de la Uil)u (^ornelia, médecin de Tib. Claudius César. Il était tribun des soldats. »

1. Une des inscriptions relatives à Xéno])lion a été trouvée sur la base d'une statue détruite, mais dont on voit encore les scellements. A défaut d'une statue de Xénoi)hon, nous possédons sa tète sur une médaille de bronze de l'ile de Cos. Le mot ZENO^FQN et la présence, au verso, d'Hygie, déesse pénate de l'île de Cos, montrent bien (pie cette médaille représente notre médecin.

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deux cenl ciiicjuaiilcniille seslerccs fixée par Aiii^usic pour le Irailement annuel des médecins du palais. Encore, ce Grec avide ne se déclara-l-il pas salisfait. Il se plaignait sans cesse d'être lésé dans ses intérêts, et faisait bruyamment sonner l'argent que lui rapportaient ses malades de la ville. C'était, disait-il, un grand sacrifice qu'il s'imposait, une grande preuve de dévouement qu'il donnait à la famille impériale.

Ce prétendu dévouement fut récompensé de toutes les manières. Après avoir tout obtenu pour luimême, le nouveau favori obtint pour son oncle et son frère le droit de cité, le grade de tribun des soldats,-de flatteuses missions, et beaucoup d'argent. Il obtint aussi pour son pays natal, l'île de Cos, des privilèges exceptionnels, entre autres le droit d'asile dans les temples d'Esculape et d'IIygie, et l'exemption de tous impcMs. C'est Claude en personne qui plaida au sénat la cause de ce petit peuple, dans un discours que son médecin avait sans doute composé lui-même. Car, au lieu de chercher à justifier par des raisons solides la faveur qu'il réclamait, au lieu de rappeler, par exemple, que les habitants de Cos avaient été pour les Romains de braves et fidèles alliés, l'Empereur se borna à énumérer les services qu'ils avaient rendus à la médecine. N'était-ce pas à eux qu'Esculape avait d'abord apporté l'art de guérir? N'était-ce pas chez eux que la gloire de cet art s'était maintenue avec le plus d'éclat? N'élaienlils pas enfin les compatriotes de son médecin, de son ami, de son bienfaiteur, de Xénophon?

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Ce bienfaiteur justifia la coufiauce (ju'ou lui témoignait et les laveurs dont on le comblait, lui, sa l'amille et sa patrie, en devenant l'amant d'Agripj)ine et l'assassin de son maître. 11 s'abstint, il est vrai, de préparer le plat de champignons que l'Impératrice servit à son mari; mais, sans son intervention, la cuisine de l eunuque lialotus et les drogues de Locuste eussent été perdues. Avec les cham|)ignons, en (^Vet, Claude avait vomi le poison. C'esl alors (ju'Agrippine alïblée appela Xénophon à son secours; et celui-ci, sous prétexte de l'acililer les évacuations, plongea dans le gosier de son maître une plume imbibée d'un venin subtil. Et c'est ainsi (ju il mérita le titre d'ami de Néron, çtXovÉpojv.

Supposez maintenant cette chose très possible, (|ut' la mémoire de Xénophon, tout petit personnage en somme et tligne de l'oubli des historiens, ait été conservée par les seules inscrii)lions de Cos, et (jue la l'eslilution de M. ^larcel Dubois, (pii ne s"apj)uie que sur deux lettres, soit repoussée '. IS'otre médecin serait aujourd'hui connu pour avoir été l'ami de Claude, qu'il assassina, et ne serait rien pour Néron dont, avec; l'aide d'Agrippine, il fît un empereur. Décidément, le hasard a parfois des caprices bien singuliers, cl l'épigraphie peut être une science bien immorale.

De ce qui jirécède faut-il conclure (pi'ils étaient

1. l'our défendre sa roslitulion, M. M. Dul)ois n'a que les restes probables d'un <ï> au commencement de la ligne, et l'existence certaine d'un A la fin.

tous âpres au gain, portés à la débauche et prêts au crime, les médecins qui vivaient sous Tibère et Claude? Comment le croire? Les historiens à qui sont dus quelques-uns des détails qu'on vient de lire ne peuvent-ils paraître quelque peu suspects? Sans être un satiri(jue, ni un pamphlétaire, Suétone n'est-il pas trop friand des anecdotes scandaleuses? Les attaques systématiqiR^s de Pline l'Ancien contre la médecine sont-elles auire chose que les déclamalions d'un Romain maussade, ennemi de toutes les nouveautés, surtout des nouveautés grecques? Tacite enfin, l'adversaire juré des circonstances atténuantes, n'ouvre-t-il pas aux médisances une oreille trop facile? Ces accusations vagues, répandues dans le public et si légèrement accueillies, ces rumeurs populaires qui mêlaient les médecins à toutes les ignominies qu'abritait le palais des Césars, n'ont-elles pas pour principale origine l'envie excitée par les privilèges, les honneurs et les richesses dont vivaient comblés des étrangers, des (irecs? Sans doute, on ne peut défendre Vetlius Valens et Xénophon. Le premier fut un débauché et un coquin, le second un ambitieux cupide, sans scrupule et très adroit, qui, trouvant insuffisante et précaire la situation où l'avait élevé la faiblesse de son maîliv, voulut ménager la jeune mère du futur empereur, et assurer, par une habile complicité, son crédit auprès d'elle Mais doit-on, comme le feront

1. Veltius Valens moui'ul dans les supplices. Ouaiil à Xénophon, après avoir été quchpic temps le médecin du

de plus en plus les satin([ues, rendre toute une corporation responsable des méfaits de ces deux hommes, et de quel([ues autres individus de leur espèce? Evidemment non. A cette époque môme il y avait à Rome des médecins dignes de leur art, et ({ui l'honoraient, chacun à sa façon. Des œuvres scientifiques, dont queUjues-unes nous sont parvenues, de précieux monuments épigraphi([ues, et les éloges sans réserves d'illustres médecins postérieurs, comme Galien, montrent qu'il y avait, à côté des Valens et des Xénophon, des médecins travailleurs et dévoués, (pii vivaient entourés de la confiance et de la gratitude de leurs clients, de l'afl'eclion et du respect de leurs élèves, de l'admiration des villes dont ils soignaient les habitants, de l'estime des confrères ([ui les connaissaient, et de ceux qui vinrent après eux.

Il y en avait à la cour même. Dans ce monde si mêlé qui s'agitait autour de Claude, dans celte société composée surtout d'allVanchis aux origines louches, aux instincts vils, aux mœurs ignobles, un homme s'est renconhv <jui, par son grand savoir, la noblesse de son caractère, ses instincts généreux, ses idées très personnelles, attire Finlérét, l'estime, la sympathie. Et cet homme, c'est précisément un médecin grec. 11 s'appelait Scribonius Largus*, et,

jeune Néron, il dut rolournor dans sa paliic, cl y niourul. M. M. Dubois a retrouvé à Ços son inscription funéraire, ainsi conçue : « A C. Stertituus Xénophon, lils d'IIéraclile, décédé; l)ienlaiteur de sa patrie. En souvenii'. » 1. Ce nom ronaain est, comme toujours, un de ces noms

pendant plusieurs années, vécut lionora])lenienl à la cour où l'avait attaché la protection de Callisic.

Claude, comme on sait, s'abandonnait tout entier à ses afïVancliis : il n'avait de volonté que la leur, d'afTections et de haines que celles qui lui étaient imposées par eux K Mais aucun ne jouissait d'une autorité plus absolue que Callisle; il la devait à la réputation fqu'il entretenait soigneusement j d'avoir, sous Caligula, détourné des lèvres de son maître une coupe empoisonnée. C'est ce personnage considérable qui fil la fortune de vScribonius Largus. Celui-ci lui avait dédié un de ses livres de médecine, en le priant de le lire et de le juger; « car ton jugement, ajoutait-il, m'inspire la plus grande con- {'lancQ, plurimum en'nn judicio fuo Iribuo. » ÎVon scnilement Callisle avait lu l'ouvrage, mais il l avait soumis à l'Empereur (pii, quoique déjà soigné en ce moment par Xénophon, attacha l'auteur à sa personne, et l'emmena avec lui dans son expédition de Bretagne. « Tu m'as témoigné, écrivait à Callisle le médecin reconnaissant , ta bienveillance et ta sympapathie, non i)ar des paroles, mais par des actes. Sans en être prié, tu as exaucé mon vœu le plus cher,

(l'adoplion doiiiirs aux niédocins e^rors au moiiKMil où ils rcccvaicMit lo droil de cilô, ou qu'ils pronaiont des pali-ons qui les alTranchissaiont. C'est seulement |)ar les inscriptions que nous connaissons les véritables noms des médecins grecs, et aucune inscription n'existe, relative à Scribonius Largus.

1. Il était, dit VcUeius l^aterculus, l'alTranclii de ses affranchis et l'esclave de ses esclaves, liherlorum suorum liberlus, servorumquc serviis. »

rardenl dôsir que j'avais de savoir mon livre eiiire les mains de notre dieu César. Grûce à loi, mes Iravaux ont reçu la plus douce et la plus glorieuse des récompenses. Conil)ien je regret le de ne pouvoir m'acquitler envers toi que par ce modeste el Irès incomplet recueil de Composiiions médicalesl Par malheur, je suis loin de Rome, el je n'ai emporté avec moi (|u*un petit nombre de livres indispensa- I)ies. Mais plus lard, bientôt peut-être, j'écrirai pour loi un traité complet de tous les remèdes propres à cluupie maladie. »

(-allisle avait eu la main heureuse. Oiielle dilTérence entre Scribonius Largus et ceux de ses confrères ([ui couraient après la fortune ou affichaient, |)our paraître très habiles, la prétention de refondre el de perfectionner le Méthodisme! Très modeste et très déA'oué, il ne songeait (pi'à se rendre utile aux hommes. Personne n'a jamais eu de son art une idée plus haute , j)ersonne n'a montré pour ses malades plus de pitié, plus d'affection. Le portrait ([ue Celse a tracé du cliirurgien est justement célèbre, ef très beau; le portrait du médecin, tel (ju'on peut le reconstituer d'api'ès une lettre de Scribonius Largus à ('allisle, n'est pas d'une inspiration moins noble.

« Je n'ai, Liit-il, ni ambition, ni cupidité ; je n'ai d'amour que pour mon art; et j'estime le i)lus l)eau (tes arts, un art presque surhumain celui qui [lermet de soulager les malades et de les ra[)peler à la santé. C'est là son but, son but unique. Méprisables sont les

inutiles et les égoïstes, mais méprisables entre tous, et (lignes de la haine des hommes et des dieux, les médecins dont Fàme n'est pas remplie de (•om[)assi()n et d'Iuimanité. Le médecin ne doit pas mesurer son intérêt et ses soins à la fortune et à la situation de ses clienis; il se doit également à tous ceux qui rim{)lorent. Les ennemis mêmes de la patrie ont droit à sa sollicitude. Comme soldat et comme ciloyen, il les combattra sans merci; nuiis comme médecin, il les soignera, les guérira; et, fidèle aux obligations sacrées cjue lui impose sa profession, il ne leur donnera jamais un mauvais remède. Si elle ne se dévoue tout entière au service des malades, la médecine trahit la })romesse qu'elle a faite aux hommes d'être bienfaisante et misécordieuse. »

Ce langage si digne et si lier, Scrihonius Largus sait le trouver aussi quand il s'agit de défendre ses idées médicales; et il en a de très arrêtées. Disciple d'Érasislratc et dllérophile, pour qui la pharmaceutique était une des parties les plus imporlantes de la médecine, il n'admet pas qu'on puisse soigner les malades sans le secours des médicaments. De tout l'ouvrage de Celse, qu"il a très attcntivcmenl étudié, c'est le cinquième livre ([u'il préfère, et qu'il cite le plus volontiers. C'est parce que l'auteur du DeMcdiclna a livré au })ublic de nombreuses formules de remèdes, qu'il se proclame son disciple; et il est fier de pouvoir signaler certains médicaments trouvés par son maître et restés inédits. L'invention des médicamenls est pour lui d'institution divine, munus divmum, et ce n'est pas du mot medari, mais du mot medica-

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mentiim qu'il fait venir le inol medicina C'est pourquoi, dil-il, ou doit mépriser ceux ([ui veulent frustrer la médecine de ces puissants auxiliaires. Dignes d'estime, au contraire, et de confiance, sont ceux (jui, pour secourir les malades en danger, appellent les remèdes à leur aide. Ceux-là seuls respectent la tradition. Les premiers hommes ne se soignaient-ils pas avec des herbes et des racines, et ne montraienl-ils pas une vive répugnance pour le fer qui coupe les membres et le leu qui les brûle? Imitonsles, et (pie le médecin (jui veut soulager les souf- IVances humaines suive une marche régulière et rationnelle. Puisque les grands médecins, comme Asclépiades , et les savants, comme Celse , ont attaché beaucoup d'im|)ortance au régime, et se sont toujours préoccupés de fixer à (pielle épo(pie, sous (|uelle l'orme et en quelle (juantité il l'allait donner de la nourriture aux malades, eh bien, soit : le médecin essaiera d'abord celte méthode; des aliments bien ciioisis et donnés à propos peuvent être salutaires. Mais si la guérison ne vient pas dès les

\. Coiiiinc on voit, Scriboiiius Largus ri'ôlail, i);is un l'orl graïuniairien, ot no rcnilnit pas, j)Our (lôToiuiro sa tlicsc, (levant los él\ nioIoç:ics los plus lantaisislos. S'il revenait parmi nous, M. BrC^aX lui apprendrait (|ue meclicamenlum , mediciiui et medicus viennent de incditor. t\\n devait (^tre le nom du méileein cliez les peuples de lantcue ()s<iu(>, où la dé'cssc de la médecine s'appelait Medilrina, et sa lète, célébr(!'e au mois d'octobre, Medilrinalia. IVlais i)eut-tHre notre auteur aimerait-il mieux s'en rapporter à un confrère, au docteur R. Briau, (jui tire medicus du mot os(jue meddix, dont la table de Banlia donne la (b'clinaison : ^('nitif »?ef//<:c7, datif medikei, accusatif medikim, ablatif mediluilud.

premiers jours, ({u'ils aient l)ieii vile recours aux métlicamenls. Ils sont plus puissants et plus efficaces que les aliments; et ce n"esl (pi après les avoir employés en vain (pi'il devra se résigner à couper, et, en cas dextrème nécessité, à brûler. (Test par cette méthode, ajoute notre auteur, c'est par ces médicaments étudiés avec soin , appropriés aux diverses maladies et donnés en temps utile, ({ue j'ai conquis la réputation dont je suis fier. C'est grâce à eux aussi (ju'on voit chaque jour des médecins très humbles, très inconnus, et (j'ai honte de l'avouer) peu instruits, avoir ])lus de clients (\uo des hommes très savants et comblés d'honneurs. Eux, du moins, ont étudié dans les livres, ou tout simplement dans les boutiques des rhizotomes et des pharmacopoles, les propriétés des plantes; et queUpies remèdes eftîcaces composés avec ces herbes ont sul'ti à assurer leur fortime. D'ordinaire, en efiet , les malades aiment qu'on les drogue; ils estiment le médecin d'après le nombre de ses ordonnances, et la polypharmacie a toujours été populaire.

— Pourtant, le grand Asclépiades, si aimé et si admiré, se montrait hostile aux médicaments et n'en donnait guère à ses malades. — <( Oui, je le sais, répond Scribonius Largus; mais le nom glorieux d'Asclépiades ne m'éblouit ni ne m'intimide. Je ne crains pas d'affirmer qu'il avait insuffisamment étudié cette question, et qu'il s'est trompé. Il était homme, après tout, homo fuit, et sujet à l'erreur.

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