‹ Les médecins Grecs a RomeChapitre 30 sur 59 · Tiëzpiu» KXauoifi · texte numérisé non relu

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« A Til). (Uaudius Ménôrrafôs, de la trilju Onirina, iiiédin in des Césars et invenleur d'une médecine qui lui est propre», bien déduite et clairement exposée en lo6 livres. Cetouvr.iiçe lui a valu d'être honoré par les décrets insignes des villes.... Les principaux de son école ont dédié ce monument à leur maître. »

des hommes intègres, dévoués, inslruils. Rien de plus naturel : n'en est-il pas ainsi partout et toujours? Mais on aimerait à trouver un témoin impartial et autorisé, qui voulût bien établir nettement cette distinction, rendre justice aux uns et llétrir les autres. Or, ce témoin existe : c'est Sénè([uc le philosophe.

D'avance, on peut être certain que sa santé toujours chancelante, (pii réclamait des soins assidus, que son goût pour les sciences, qui le conduisit en Egypte et lui fil écrire les Queslions Naturelles, ce résumé précieux des connaissances contemporaines, l'attireront vers les principaux savants de cette époque, vers les luédecins. Mais, d'autre part, sa bonté et sa charité, si grandes qu'on a pu voir en lui le correspondant et l'ami de saint Paul, nous assurent (|u"il se montrera impitoyabh* pour les médecins dont la science (^st sans conscience et l'Ame sans compassion. l*]t, en elTet, les critiques et les éloges se retrouvent toui- à tour dans tous ses traités, dans ceux (pii datent du règne de Claude, comme dans ceux cpi'il (M^mposa plus tard, à la cour de Néron, ou dans la rcli'aite.

Un jour il écrit : u Le médecin qui ne fait que me tàter le pouls, (pii, me classant parmi ses banales visites, me pivscrit, sans s'intéresser à moi, ce qu'il faut faire ou éviter, je ne lui dois i\uc, de l'argent ; car il n'est i)as venu me voir en ami, mais comme un faiseur d'ordonnances. Je lui devrai même du mépris, et il sera un infâme, s'il cherche à se faire

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(le la besogne. Or, on en voil beaucoup ([ui, après avoir aggravé et irrité le mal pour avoir plus d'honneur à le guérir, n'ont pu en venir à boul, et ne l'ont vaincu qu'à force de torturer leurs malheureux malades. »

D'autres fois, et le plus souxenl, cesl \ei's les hommes dévoués et consciencieux, vers les bienfaiteurs de leurs semblables, que se reporte la pensée de celui qui. dans son beau trailé des Bienfaits^ s'est montré presque chrétien. « 11 y a chez nous, dit-il, deux classes d'hommes très aimées et très considérées : celle du médecin et celle du professeur.... Nous achetons des médecins un bien inestimable, la vie et la santé. Que de services ils nous rendent, quelle patience, ([uel courage, quel dévouement ne nous montrent-ils pasl Jamais le médecin se met-il en colère contre un frénétique? Les imprécations du fiévreux, auquel il défend l'eau froide, les prend-il en mauvaise |)arl ? Hésite-t-il à toucher, si elles ont besoin de remèdes, les parties les plus déshonorantes du corps de ses malades, à examiner les derniers produits de leurs aliments et «le leurs boissons, à essuyer leur fureur qui s'exhale en invectives? »

Et voici le beau portrait ({ue Sénèque nous a laissé du médecin ([ui le soignait, el (pii peut-être l'aida à mourir.

« Mon médecin m'a témoigné plus de. sollicitude que son état ne l'y obligeait. C'était pour moi, non pour l'honneur tle l'art, qu'il tremblait. Non content d'indiquer les remèdes, il les appliquait de sa main. Toujours

LKS (;RECS a ROME.

inquiet sur mon sort, toujours assidu, vite il accourait aux moments critiques. Les services les plus pénibles, les plus rebutants, ne lui coûtaient pas. 11 n'entendait point mes gémissements sans émotion. Dans la foule de ceux qui l'invoquaient, j'étais son malade préféré, et il ne donnait son temps à d'autres que si mon état le lui permettait. Celui-là n'est pas seulement un médecin, c'est un ami. J'aurai beau lui i)ayer ses honoraires, il restera toujours mon créancier : la ilette de cœur subsiste ; pretium O'perx solvitnr, animl dcbetur. »

Los plus respectables, parmi les Romains do l'Empire, semblent avoir été ceux dont la scienco dévouée aidait les hommes à vivre, et ceux dont la noble doctrine les préparait à ])ien mourir. Sachons gré à Sénèque d'avoir montré qu'ils étaient capables, les uns et les autres, les médecins des corps et les médecins des Ames, de se comprendre, de s'estimer et de s'aimer.

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