‹ Les médecins Grecs a RomeChapitre 32 sur 59 · Cicrron. De ydtitra Deorum, II · texte numérisé non relu

Cicrron. De ydtitra Deorum, II

2. Galicii ;ipi»('llo lo philosophe Chrysippo le père des médecins pneumatiques.

un grand rôle dans ri^conomio animale, distinct de lui cependant, puis(iue l air est un des (jualre éléments, et que le Pneuma, pour les Pneumalisles, est une substance spéciale, une sorte de cinquième élément .

« Cet Esprit vit en nous et meut tous nos ressorts. Tout ol)éit <ians la macliine A ce Princij)e intelligent. »

C'est lui (pii, introduit par les poumons dans le cœur, foyer de la force vitale, et passant de là dans les artères pour se disperser à travers l'organisme, en amène et en explicfue les états dilTérents, la santé et la maladie. L'action du Pneuma s'exerce-t-elle naturellement et normalement? Fonctionne-t-il sans irrégularité ni altération dans le corps qu'il anime? Celui-ci se maintient solide et dispos. S'il est, au contraire, de mauvaise cpialilé, trop sec ou trop humide, trop dense ou liop légei', s'il se trouble, s'agite ou s'assoupit, circule avec trop de lenteur ou trop de rapidité, les désordres surviennent et les maladies naissent. Refroidi, altéré par l'humidité, le Pneuma produit l'asllHue. Accumulé dans les organes, empêché de voyager librement, il secoue toute la machine, et voici l'épilepsie avec tous ses mouvements désordonnés, les rAles de la respiralion, l'écume (pii s'échappe du nez cl de la bouche. Emprisonné dans les intestins ou dans la matrice, le Pneuma amène la constipation cl I hyslérie. Le vertige, c'est le Pneuma qui, alTolé, tourne sur lui-

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môme, comme un l'auve dans une cage. L'angine est le résultat d'une aiïeclion parliculière, et de la mauvaise qualité du Pneuma : « c'est lui seul qui souflre, et qui, par un mauvais changement, est devenu très chaud et très sec, sans qu'il y ait pour cela d'inflammation, dans quelque partie que ce soit ». De même, observaient les médecins de cette école, que les exhalaisons impures produites par les arottes infernales ' amènent la mort, ainsi un Pneuma empoisonné peut donner naissance aux angines, aux abcès, à la gangrène, aux ulcères, aux fièvres pernicieuses.

On voit, sans qu'il soit nécessaire d'insister, que les Pneumatistes sont, dans une certaine mesure, les ancêtres des médecins modernes de l'école vitaliste, et que leur Pneuma ressemble singulièrement à VArchè et au Principe vital des Van llelmont et des Barthez. Et même, si au lieu d'imaginer une substance spéciale, un cinquième élément, ils avaient tout simplement pris pour base l'air atmosphérique ([ui, par la respiration et l'alimentation, introduit dans les corps, quand il est vicié, les germes matériels de la plupart des maladies, on pourrait rattacher leur système à la plus belle des théories modernes.

1. C'csL-à-dirc l'acide cartioniquc. La comparaison est ingénieuse et montre que les Pneumatistes avaient entrevu les causes principales des maladies épidéniiques. Par contre, ils étaient moins heureux dans une deuxième comparaison, (juand ils prétendaient que la seule aspiration de l'air respire par un chien enragé pouvait donner la rage et la mort.

Pour rhisloire, sinon de la science, du moins dos idées et des doctrines, le Pneunialisiiie apparaît comme une tentative des plus intéressaides et des plus nobles. C/est une protestation vigoureuse contre les praticiens sans instruction théorique, sans aucun souci des grands principes philosophiques, sans respect pour la grande mémoire, volontiers ridiculisée, d llippocrate. C'est une levée de boucliers contre les Empiriques et les Méthodistes, ces simplificateurs à outrance. A la fin du premier siècle, les Dogmatiques, devenus rares et timides, n'avaient plus, poiiv combattre leurs adversaires, que des armes rouillées et émoussées. Au milieu d'une socnélé in(dinée vers les choses d'en bas et remor(|uée par les appétits matériels, ils se sentaient impuissants à ressusciter les dogmes supérieurs du Naturisme hippocrati(iue. C'est alors que les Pneumatistes, inspirés, poussés peut-être par leurs amis, les Stoïciens, vinrent vaillamment à la rescousse. Et c'est ce caractère agressif, batailleur, de la doctrine nouvelle, en même temps (jue l'influence occulte des Stoïciens prédicateurs, qui expli({ue le goût des Pneumatistes pour la dialectique. Ils étaient plus controvcrsistes que praliciens, se piquaient surtout de mieux raisonner que les autres, entassaient dans leurs ouvrages les définitions, les divisions, les subdivisions, et se plaisaient par-dessus tout aux discussions subtiles.

De là, leur peu de succès auprès des Romains pratiques, et leur existence éphémère: dès le second

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siècle ils ont vécu. Vouloir retrouver et ressusciter un grand Principe directeur et législateur de vie, c'était très bien, très beau, très noble, alors morne qu'en imposant k ce principe des modifications peu heureuses on dénaturait sans nécessité celui qu'avait découvert et salué Hippocrate. Mais une invention de ce genre, si bien détendue qu'elle soit dans de savants ouvrages , ne suffit pas pour guérir les malades; et ce que les Romains demandaient aux nouveaux venus, c'était de les guérir. « ^'ous avez trouvé, leur disaient-ils, un grand Principe de vie; soit ! Jadis, c'étaient des atomes qui circulaient dans nos corps; aujourd'hui, c'est un souffle, que vous, Grecs, vous appelez Pnewna, et que nous autres, Romains, nous nommerons aura ' ; soit encore ! Mais quelles vont être, au point de vue thérapeutifiue, le seul qui nous intéresse, les conséquences de ce nouveau système? Évidemment, puisque c'est de l'état satisfaisant ou défectueux de votre Pneuma que dépendent la santé et la maladie, c'est sur cet Esprit vital que vous allez tenter d'agir. Le calmer ou l'exciter à propos, accélérer ou retarder sa course à travers les organes, toile doit être votre préoccupation. Comment vous y prcndrez-vous?

Le fondateur do l'école nouvelle, Athénée, oriirinaire d'Attaloa, en Pamphylio, contemporain de Néron et établi à Rome, a-l-il satisfait la curiosité des malades? Dans ses ouvrages, si nombreux, qu'il

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