‹ Les médecins Grecs a RomeChapitre 34 sur 59 · I.KS .MKDKCINS · texte numérisé non relu

I.KS .MKDKCINS

logic générale. En ivalilé, ils devenaient des Éclectiques, mais des Éclectiques ayant à leur origine, à leur point de dépari, un symbole, une l'ormule. Quand Hérodote, par exemple, prescrivait à ses malades le vin, et les bains (pi'il j)rolongeait parfois douze et (juinze heures, ne s'inspirait-il pas d'Asclépiades? Etait-ce un Pneumatiste bien intransigeant, cet Agalhinos, réclamé par les Méthodistes, et dont Soranos, qui le voyait parlisan enthousiaste des bains froids recommandés par Asclépiades, disait sans hésiter : « ex nostris est, c'est un des nôtres »? Archigènes, ce dialecticien si subtil, avait-il dans la médecine dogmatique et dans les évolutions de l'Esprit vital une foi bien robuste, lui (jui reconnaissait aux remèdes enq)ii"i(pu's des vertus supérieures, et avouait même sa confiance dans le pouvoir ties amulettes? Cet homme, très célèbre en son temps, honoré des éloges de Galien, surnommé par Alexandre de Tralles un être divin, 'O OstoTxro; eiTiEp dtXAoç, nous apparaît, chez les Satiriques eux-mêmes, chezJuvénal, comme un médecin très couru, le type du médecin à la mode. Pourquoi? A quoi dut-il son succès? Ce n'est pas ii la doctrine d'Athénée, croyezle bien, mais à l'habileté avec laquelle il combinait dans un ingénieux mélange les diverses thérapeutiques. Il avait surtout l'art, renouvelé d'Asclépiades, de charmer ses malades par l'élégance de ses manières et (h' son langage, par le choix ingénieux de ses mots, dont Galien critiquait la nouveauté trop recherchée, et par les jolies choses qu'il disait sur la

douleur et ses nombreuses espèces : clans chaque organe malade il distinguait une douleur spéciale, <|u'il désignait par un ternie spécial. Il savait aussi, avec lui rare bonheur, réussir auprès des dames. Ce nVst pas parce qu'il leur exposait la théorie du Pneuma, mais parce que, praticien habile, fort au courant des atïeclions féminines (il avait écrit un livre sur les hémorragies ulérmes)^ il leur rendait , avec la santé, les moyens de faire la fête, et devenait même au besoin le confident discret, le complice précieux de leurs intrigues amoureuses

Ce médecin des femmes était aussi le médecin des fous, qui semblent même avoir été l'objet préféré de ses études ^ A ceux-là, non plus, il ne parlait pas du Pneuma. Un philosophe, un Stoïcien, voyait-il passer dans les rues les prêtres de Bellone et de la Magna Maler, égarés par des transports furieux, déchirés par le fouet, tout sanglants sous les coups de hache dont ils se mutilaient les bras : il déplorait les efiets de la superstition, et parfois même protestait par écrit contre ces pratiques abominables. Archigènes faisait plus et mieux. Devançant une longue suite de siècles, il osait réclamer au nom do i la médecine ces malheureux possédés. « Ce sont des malades, disait-il. Ne les laissez pas aux dieux san-

1. .In vénal racoiiLc (vi, 230) pour éloigner son niuri de lu clianibre conjugale, une jeune lemnie, de complicité avec sa mère, (pii n'aimail i)as son gendre, faisait semblant d'être malade, se mettait au lit et appelait Archigènes. Celui-ci trouvait, en entrant, l'amant caché dans un coin,

Page 1