I.i:s MKDECINS
même, voisiiio de colle de l'Empereur où Locuste avait i'al)ru[ué le poison dont mourut Britannicus, la réputation qu'avait Agrippine d'être, grâce à un antidote, la Thériaque sans doute, à l'abri d'un empoisonnement -, toutes ces choses mystérieuses devaient vivement surexciter la curiosité des Romains, et attirer la clientèle. Mais de plus, c'est l'instinct, c'est le goût, c'est l'éternelle folie des hommes — et les charlatans le savent bien, — de courir après le remède universel qui promet la guérison de tous les maux, des maladies les plus contraires. Et d'ailleurs, (juand une t'ois on avait goûté à la T/urlaque, on ne pouvait plus s'en passer. Comme le tabac, les liqueurs spiritueuses et l'opium, elle répandait à travers l'organisme une sorte d'excitation , chassait la langueur, la faiblesse, la tristesse, réveillait les fonctions de l'estomac, jetait dans le corps le tumulte de l'ivresse.
De là, sa longue popularité. Il y a cinquante ans, elle régnait encore, souveraine. Au siècle dernier, on la préparait publi([uement, en grande cérémonie, sous les yeux des magistrats et des délégués des Facultés; et un médecin célèbre de l'École de Montpellier pouvait écrire^ : « Andromaque serait bafoué parmi nous, s'il voulait répondre à toutes les objections de théorie qii'on pourra faire à sa composition ; il ne serait pas reçu bachelier dans nos écoles; mais son remède