I.KS (iHKCS A IU)MK
et (lui Irouvcnl dans les magasins de l'Élal les végétaux exotiques, ne vendent-ils pas maintenant, tout préparés, les remèdes que jadis les praticiens composaient eux-mêmes? En vérité, la lâche du médecin est singulièrement simplifiée. Pour réussir dans ce métier, la science est inutile : il suffit d'avoir des malades.
C'est là le difficile : il y a tant de concurrence! Comment s'y prendre? Les plus malins et les moins paresseux se spécialisent. Cicéron se plaignait déjà de voir autour de lui lro[) de médecins difï'érents pour les ditîérentes infirmités. <( Pensez-vous, disaitil, (pi'au temps d'Hippocrate il y ait eu des hommes pour traiter les maladies, d'autres pour panser les plaies, et d'autres encore pour guérir les maux d'yeux '? » Que dirait-il, s'il ressuscitait sous Galba? Non seulement il y a des médecins, des chirurgiens et des oculistes, mais il y a des médecins pour chaque partie du corps, des chirurgiens pour chaque genre d'opérations, et deux classes d'oculistes, les uns pour le traitement des yeux, les autres plus particulièrement opérateurs. 11 y a même des spécialistes pour brfïler les poils qui incommodent la vue *. Il y a aussi ceux qui guérissent les maux d'oreilles, auricularii , ceux (pii panseni les dents malades, et
1. CircM-nn, De oralore, III, 33. •■ An tu exislbnas, cum essel lUppocrafes ille Cous, fuisse tum alios medicos </ui jnorbis, nlios qui vulnevihus, alios qui ociiUs mederentur? «
2. M.'irtial, X. 56 : » Inf'eslos oculis uns, Iligine, pilos. ••
3. Orolli. 4227. •• T.Ailiiis Amentas. medicus Au rie id ai i us. ■>
LES MÉDFXINS. 249
ceux qui les arrachent', ceux qui remettent en place les membres démis et raccommodent les os IVacturés, ceux qui opèrent de la fistule, ceux qui ouvrent le ventre des liydropiques, ceux qui réduisent les hernies % ceux qui soignent la gorge et relèvent, sans les couper, les luettes relâchées', ceux qui chAtrent*, ceux qui effacent les stigmates des esclaves Que d'autres encore! Il y a même des médecins-femmes, les unes pour les accouchements et les soins du corps; et ce sont les medicx — car elles rougiraient de s'appeler modestement, comme leurs devancières, obstetrices et ornatrwcs^ — les autres, parfois très instruites^, pour le traitement de toutes les maladies qui affectent leur sexe; et ce sont les clbiicœ. Et à tous ces gens-là, hommes et femmes [mediciis, sive masculus, sive femina), le jurisconsulte accorde les mêmes droits, reconnaît les
1. Martial, X, oG. •< Eximit aut reficit denlem Cascellius ,vgvum. »