‹ Les médecins Grecs a RomeChapitre 45 sur 59 · Iiivènal, VI, 371 : « Jussos crescere priinum · texte numérisé non relu

Iiivènal, VI, 371 : « Jussos crescere priinum

Testiculos, pcstquam cœperimt esse bilihres, Tonsoris damno taiitiim^ rapit Heliodorus. »

3. Martial, X, 50. « Ti islia servorum stigmata delet Eros. »

G. O qui le prouve, ce n'est pas cette inscription funéraire, menteuse peut-être connue beaucoup d'épitaphes : <■ Prima regionis suœ clinica », mais les éloges que Galien ne ménage ])as à quelques-unes d'entre elles, et ce fragment d'une lettre de Pi'iscien à une certaine Victoria, son élève et confrère : " Victoria, artis meœ datée ministerium, ego quidem le scienlia Jiivabo ». On doit aux femmes-médecins quelques ternies encore usités. C'est une d'elles qui a donné son nom à la maladie qu'on appelle YHystérie.

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mêmes litres Ce n'est pas à lui qu'il laudrail demander de distinguer Tari et le métier médical, le praticien instruit et le charlatan ignare.

Encore ces spécialistes ont-ils parfois de l'expérience, et (juelques connaissances précises. On ne devient pas du jour au lendemain capable de charcuter la gorge d'un client, de lui ouvrir le ventre, et de scruter son œil avec des instruments pointus. Lucien sait bien ([u il trouvera à Rome des oculistes habiles, quand il y vient de très loin pour faire soigner une ophtalmie. Les hommes dangereux, ce sont les disciples de Thessalos, ceux qui, après quelques mois d'études, prétendent faire de la médecine universelle, et qui, bons à rien, se croient propres à tout. Ce sont aussi les plus nombreux, les plus intrigants, les plus roués. Si les scrupules leur manquent , les ressources ne leur l'ont pas défaut.

Qu'est-ce donc que ce long cortège tpii des Esquilies descend vers le forum? C'est un médecin, un artiste en réclame, qui promène ses élèves à travers la ville. Et les na'ifs de se dire : un homme qui a tant d'aides doit avoir beaucoup de malades. — Ceuxlà sont, hélas! bien à plaindre. Quels ne doivent pas être leurs tourments, (juand celle armée fait irruption chez eux, s'agite, indiscrète et bruyante, autour de leur lit, les palpe, les tourne, les retourne, et joue

1. Digeste, L, 13, I, 3. « Mcdicos forlassis qiiis accipiet etiam eos qui alicujus partis corpons, vel certi cloloris mnitatem pollicentur, ut puta si auricularius, si fistule, si dentium.... ..

avec leur corps souffrant coiiinic avec une pièce (ranatomie. « J'étais indisposé : lu vins chez moi, Symmaque, accompagné tl'une centaine de les élèves. C-ent mains glacées par l'aquilon me l;\tèrent. Je nouais pas la (iè\ i-e. Symmaque; je l'ai maintenant »

Sans doute, c'est la mauvaise langue de .Martial qui parle ainsi; mais h^s témoignages des hommes sérieux sont identiques, et non moins formels. A'oici Philostrate (jui nous introduit dans la chambre de Philisque. Autour de Séleucos de Cysi(pie et de Stratoclès de Sidon, appelés par le malade, plus de trente élèves se pressent, affairés et bourdonnants. Et c'est une scène du même genre que décrira Priscien ; « Le patient, dans toute la force du mal, est ballotté par la tenq>ète de la maladie. Aussitôt, accourt la troupe de notre collège médical. Chacun cherche à se faire admii'cr : on se croirait dans un cir(jue. Celui-ci xcui briller par l'éloquence, celui-là par la dialectique, et cet autre en établissant des thèses qu'il soutient avec force gestes et cris. Tous songent à la gloire, aucun n"a souci du malade ».

Les malheureuses victimes de ces consultations bruyantes méritent sans doute toute compassion. Mais cette coutunic avait aussi ses avantages. Les

1. ■< Langiiebam ; sed lu connUtlus proi'mus ad me Venisli centurn, Symmache, disci/rulis.

Cenlitm me tetir/ere manns A(juilone f/elatœ. Non hahid feôrem, Symmache : nunc haheo. »

Martial, V, 9.

jeunes gens shidieux, élèves de maîtres sérieux, pouvaient tirer de ces visites un très profitable enseignement pratique, analogue à celui qu'apportent à nos internes les tournées ([uotidiennes des chefs de service dans les hôpitaux. Par malheur, les disciples désireux d'apprendre étaient aussi rares que les professeurs capables d'enseigner; et les plus compétents, parmi ces derniers, renonçaient bien vile à cette lâche ingrate. Comme le fera tout à l'heure Galien, qui supprima ses leçons et ses cours à l'Age de trente-quatre ans, ils abandonnaient aux liAbleurs ignorants, aux lairosophisies, les belles dissertations vagues et les exhibitions publiques.

Si les ânes de Tliessalos savaient, avec les élèves qu'ils traînaient après eux, éblouir les passants dans les rues, et, avec des discours prétentieusement vides, enchanter les auditeurs des salles de lectures, des amphithéûtres et du temple de la Paix, ils n'étaient pas moins habiles, les clients une fois conquis, dans l'art de conserver la place. C'est alors surtout que se manifestait leur ingéniosité. Ceux-ci apportaient des drogues très compliquées, exhibaient des instruments rares et très précieux, des boîtes d'ivoire, des cucurbites d'argent, des lancettes historiées d'or Ceux-là ahurissaient les malades par leur pédantisme, par la bizarrerie de leur langage tout fleuri de citations et de métaphores inintelligibles. Comment ne pas être pénétré

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