CHAPITRE I
Arriv«>c à Rome du pii'inior iiiédociii iricc — I^a niédocino romaine avant Archagalos. — Les Empiriques el, Calon l'Ancien. — l'or-inules maiririues et supersUlions. — La médecine reiit;ieuse et les cures d'Esculape. — Claton et les médecins grecs.
Ouelques dales précieuses, soigneusement relevées par les Romains eux-mêmes, consacrent le souvenir des premières victoires de la Grèce civilisée sur le Lalium barbare. Si le titre de la première tragédie d'Andronikos est resté inconnu, la date de sa représentation est du moins arrivée jusqu'à nous. C'est en 514 {2A0 av. J.-C), aussitôt après la guerre (le Rome et de Carthage au sujet de la Sicile, que l'ut tlonnée celte fete publique de l'esprit. De même, grûce à un incident sans importance politique, mais gros de conséquences littéraires, on sait avec exac-
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litudoà quelle année rem(3nle l inlroduclion à Roiih^ (le la philosophie. Venus en 599 (155 av. J.-C.) pour implorer la remise, ou tout au moins la réduction d'une amende exorbilanle qu'avait attirée aux Athéniens le pillage d'une ville béotienne, Diogènes, Crilolaos et Carnéades, députés et philosophes, ouvrirent, en attendant une audience et la décision du Sénat, des conférences pul)liques dont le succès prouva combien les Romains étaient alors capables de comprendre le grec et curieux des choses philosophiques. C'est entre ces deux événements, en 535 (219 av .!.-(-.), que la médecine grecque fit son apparition à Rome. Elle y était apportée par Archagatos, fils de Lysanias, et citoyen de Sparte.
(Vêtait vraiment un homme très hardi, cet Archagatos, et qui ne doutait de rien. La double tentative d'Andronikos et de Carnéades ne présentait, en somme, aucun danger sérieux. L'un, définitivement fixé à Rome depuis plus de trente ans et gagnant sa vie dans le professorat, l'autre, ambassadeur officiellement accrédité auprès du Sénat et h(Me de passage, n'avaient pas à conqiter sur le succès d'une tragédie ou d'un cours public pour assurer leur existence. De plus, si tous deux, et surtout Carnéades, qui n'ignorait pas le décret d'expulsion rendu six ans avant son ai i ivée contre les philosophes, pouvaient s'attendre aux protestations de quelques Romains de la vieille roche, ils devaient aussi espérer la faveur d'un public chaque jour plus ouvert aux choses de l'esprit et très friand des