‹ Les médecins Grecs a RomeChapitre 7 sur 59 · LES MÉDECINS. U · texte numérisé non relu

LES MÉDECINS. U

réduiro uno luxation, lirer vigoiirouscmenl sur )<• membre dévié, el, par une pression énergique, contraindre los à rentrer dans sa cavité naturelle.

Pour de pareilles opérations, lassistance d'hommes spécialement instruits dans les choses de larl n'était pas indispensable. Mais voici qui est plus curieux.

Sihcnolo.s pansant Dionicde.

et qui prouve une connaissance de l'analomie très avancée dans ces temps très anciens. Puisque des squelettes de l'époque préhistorique ont été retrouvés qui portent des traces évidentes de trépanation, on ne s'étonnera pas que cette opération ail été pratiquée à Rome, dès l'origine. Plutarque en donne la preuve dans la vie du vieux Caton . Les Romains, voulant envoyer une ambassade en Rithynie, avaient choisi un goutteux, un homme

10 LES GIŒCS A ROME.

Iciiii |)our fou, el un trépané; et Galon plaisantait sur ce choix singulier. « Voici une ambassade, disait-il, qui n'a ni pieds, ni cœur, ni tète. « Caton avait tort de se moquer du trépané. Comme elle se pratiquait surtout dans les maladies convulsives, et particulièrement dans Tépilepsie, dont on l'aisait une maladie divine, morbus divinus, morhus sacer, cette opération avait un caractère religieux, et ceux qui Favaient heureusement subie passaient pour des êtres supérieurs, aimés des dieux. Aussi, les rondelles crâniennes, enlevées par la tarière, servaient-elles d'amulettes; et c'est de là peut-être que vient pour nos prêtres l'usage de la tonsure.

Plus nécessaire enfin, mais non moins délicate, était la double opération qui consistait, soit à sauver une femme enceinte en la délivrant du petit cadavre qu'elle portait; soit, la mère étant morte, à assurer la vie de l'enfant qui respirait encore dans son sein. Ces deux sortes d'extractions se sont évidemment pratiquées de tout temps : on les faisait communément à l'époque de Numa. La première était savante, hardie et périlleuse, puisqu'il fallait aller chercher et déchiqueter un cadavre dans un corps tout palpitant de vie, et (|ue des instruments spéciaux, des extracteurs d'os et des écraseurs de tête, comme les fouilles de Pompéi en ont découvert plusieurs, étaient pour cela nécessaires. La seconde était infiniment plus simple, puisqu'il suffisait d'ouvrir le ventre d'une pauvre morte avec le premier venu des outils tranchants. Aussi la loi /iegin^ qu'on fait

LES MIÎDECINS. Il

l'cmonter au premier siècle de Rome, ordonnait-elle à tout citoyen de pratiquer celle opération, le cas échéant. Une autre loi romaine, postérieure à cellelà, condamnait à niorl « celuy qui aura enseveli la

Achille paiisniit Palrocle.

femme gi'osse devant de hiy tirer son enfant, |)our luy avoir osté, avec la mère, l'espérance (U) vivre ' ». Kl, comme de juste, le Christianisme, dès l'origine, ne sera i)as moins formel à cet égard.

\. Citée par le cliirurKi*'!! Guiliemeau, VlleureuT accoucliemenL ]). 3i2 (1049).

Comme il s agissait d assurer à l enfanl le haptèine, l'opération devait être faite à toutes les périodes do la grossesse, même vingt jours après la conception. « Si une femme vient à mourir enceinte, qu'on retire

avec précaution le fruit de son sein, sans larder'. « C'est de cette manière insolite que les légendes rapportées par Ovide et Virgile faisaient naître Bacchus, fds de Sémélé, Esculape, fils de Coronis, Clirysaor, père de Géryon et lils de la Gorgone, et Lichas, un des ennemis d'Énée ; et c'est ainsi que vinrent au monde ces héros de Rome qui s'appelèrent Fabius, Scipion l'Africain, Manilius, le premier des Césars, Cœson % etc. : tous orphelins avant de naître.

Cette loi obligeant tous les citoyens, quand la nécessité s'imposait d'une opération césarienne, à s'improviser chirurgiens, n'est pas plus étrange pour nous et plus contraire aux idées modernes que la hberté laissée à chaque Romain de donner aux malades des conseils, des soins et des remèdes. L'éternelle manie qui pousse tant de gens, les vieillards surtout et particulièrement les vieilles femmes.

Tarière.

1. « Simater prœgnans mortua sit, frucius quam primumcaule extrahatur. »

■2. Cxsares dictos, qui cœsa matrc nascuntur (Nonius). — Cœsones appellaiilur ox ulcro nialris cxsccli (Festus).

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