‹ Les médecins Grecs a RomeChapitre 8 sur 59 · I.KS MKDKCINS · texte numérisé non relu

I.KS MKDKCINS

à prodigiior les consuUalioiis et los ordoiiiuiiiccs. rlail dans rancienno Rome absolumonl rospectro. encouragée môme. Aucune loi sur ce point n'entravail. ni n'entravera jamais la libei'té individuelle. C'est en vain que plus tard les Grecs spécialement instruits dans le métier, forts de leur expérience et de leurs étudies tiiéoricjues, signaleront, de concert avec les philosophes el les poètes satiriques, les dangers que l'ont courir aux malades, et surtout aux ]>auvres, les charlatans de toute espèce, cor- (h)nniers sans pratiques, forgerons sans ouvrage, teinturiers faillis, tous du jour au lendemain métamorphosés en mé(h'cins : l'Etat fera la sourde oreille, el , jusqu'à la (in de l'Empire, persistera à ne ré(damer ni épreuve, ni diplôme, ni garantie d'aucune sorte. Ce sera un reste de la tradition antique, un souvenir de l'époque primitive, où la médecine n'était ni un art, ni une profession, où les Romains se soignaient eux-mêmes, el soignaient leurs voisins, comme tant de paysans, au mépris des lois, le font encore dans nos campagnes. Au premier siècle de l'ère clirétienne, après la venue et les cures admirables des Asclépiades et des Anlonius Musa, on trouvera encore à Rome des esprits forts pour railleries naïfs qui auront recours à des étrangers, et pour déclarer, comme Tibère, que, passé trente ans, tout homme doit être son propre médecin.

Les anciens Romains n'agissaient pas autrement. C'était le père de famille qui soignait sa femme, ses y enfants, ses esclaves, comme c'était lui qui priait et

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sacriliail pour Ions les siens. La maladie résislailelle à ses remèdes, el son expérience se Irouvail-elle en défaut? Il faisait appel anx amis, aux voisins, au premier venu. Parfois aussi, on déposait le malade désespéré devant la porte de sa maison *, pour (|ue les passants pussent indiquer un traitement, s'ils reconnaissaient chez le pauvre diable les caractères d'une atTection dont ils avaient eux-mêmes souflert, et dont ils s'étaient guéris. Bien plus : quelques-uns tenaient registres des remèdes employés et éprouvés. Tantôt, à la façon des Égyptiens qui étaient tenus d'inscrire sur des livres gardés par les prêtres les symptômes de leurs maladies ei les remèdes ([ui les avaient sauvés ^, ils déposaient ces recueils sur l'autel très ancien de la déesse Fehris; tantôt ils les conservaient chez eux, pour les consulter au besoin.

C'est ainsi que nous possédons, dans un livre très curieux ^, les recettes avec lesquelles le chef d une vieille famille romaine soigna pendant plus d un demi-siècle ses deux femmes, son fds, sa bru, ses bœufs, ses esclaves et lui-même. Bêtes et gens,

1. De là, le mot DeposHus, souvent emi)loyé comme synonyme de (lesperalus.

2. Un temple de Canope, et celui. de Vulcain, à Mempliis. étaient, i)leins de ces sortes de recueils.

3. De tous les ouvrages que Galon a écrits i)our rinstruclion de son fils, Prœcepta ad filium, le De Re Ruslica est, le seul qui nous ait été conservé presque intégralement. ISIais si le fond est bien de lui et si on reconnaît le vieux Romain à son ton raidc et cassant, à ses phrases courtes, nclles el fleuries d'aphoi-ismcs. le style a pu être relouché el la langue rajeunie, car ils ne présentent pas toujours des caractères nettement archaïques.

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