PAUL, D'ÉGINE. Ï
eux. Toutefois les modernes, ou Ire qu'ils ne 'cherchent pas du tout à se familiariser avec les Anciens, les accusent encore de loquacité : c'est pourquoi j'ai fait le présent ouvrage pour servir à ceux naturellement qui voudront l'avoir comme mémorial, et pour m'exercer moi-même.
Toutefois il est très difiScile, et môme tout à fait
impossible de retenir dans sa mémoire toutes les méthodes iatriques, ou toute leur substance détaillée, et c'est pour cela que j'ai composé, d'après les anciens, ce recueil abrégé. En effet je n'y ai point mis mes propres conceptions, excepté un nombre de choses que j'ai vues et expérimentées dans la pratique de l'art ; mais familiarisé avec la plupart des auteurs célèbres, notamment avec Oribase, qui a lui-même recueilli dans les autres le livre entier dans lequel il nous donne en détail le tableau des moyens de conserver la santé, car il vivait après Galien et même à une époque bien plus modenie, j'ai choisi dans ces auteurs ce qu'il y avait de meilleur, n'omettant, autant que possible, aucune maladie.
a Effectivement l'hebdomécontabibliosd^Oribase renferme, à la vérité, toute la matière de Tart, mais tous ne peuvent pas se procurer cet ouvrage à cause de sa grande étendue; et quant à l'abrégé de ce livre qu'il a écrit pour son fils Eustathe, outre qu'il omet beaucoup de maladies, l'examen des autres y reste incomplet, soit pour l'étiologie, soit pour le diagnostic; quelquefois même ou n'y trouve pas ce qui est nécessaire pour la thérapeutique, comme aussi d'autres choses qui devraient être mentionnées.
a Or le présent écrit contient le diagnostic, les causes et la curation de toutes les maladies similaires instrumentales (op-^avtxwv), ou appartenant à de^ solutions de continuité, et cela non pas seulement sommairement, mais avec retendue possible. Avant cela nous avons exposé le régime entier à l'aide duquel on conserve la santé, et, en dernier lieu, nous avons discouru sur les médicaments simples et composés (1). »
(1) Chirurgie de Paul, d'Egine, trad. René Briau. Paris, 1855, p. 3B.
Le Mémorial de Paul d'Égine est divisé en sept livres et
a pour titre ÉwiTO|xfî; (CaipiXTiç) pt€Xîa liFT«.
Le livre I est relatif atout ce qui concerne Thygiène selon l'âge, la saison, le tempérament, Taliment, les veilles, le sommeil, les fonctions génitales. Il traite également de la fatigue, de l'ivresse, de l'insolation, des emménagogues, des sudoriûques, des eaux, des bains, etc.
Le livre II s'occupe des fièvres, de leurs variétés, de leur origine, de leur traitement, des symptômes qui les caractérisent.
Le livre III contient la description des maladies en suivant Tordre topographique. Paul y parle de la dystocie (ch. 76). On voit dans le ch. 65, sur les abcès de l'utérus, que Paul d'Egine connaissait le spéculum.
Le livre IV traite plus spécialement des maladies externes, des maladies de peau, des abcès, de la gangrène, du cancer, des contusions, des ulcères, des fistules, des hémorrhagies, des ascarides, etc. Il appelle l'attention sur les ulcères qui ne se cicatrisent pas lorsque l'os est malade, ou lorsque la constitution est détériorée.
Le livre V est consacré aux agents médicamenteux, aux alexipharmaques.
Le livre VI contient la chirurgie.
Le livre VII traite de tous les médicaments simples et composés et de leurs propriétés.
Le livre VL dont nous devons une excellente traduction française à M. RenéBriau, nous fournit un résumé très clair de la chirurgie au vii« siècle : il nous initie à tous les progrès réalisés en médecine opératoire depuis les temps éloignés jusqu'au temps de Paul, d'Egine. L'ancienne Faculté de médecine, par un décret en date du 11 juillet 1607, avait prescrit ce livre de Paul d'Egine pour l'enseignement de la chirurgie.
La chirurgie de Paul, d'Egine, est divisée en deux parties : Tune qui traite des maladies de la chair; l'autre, des maladies des os, fractures et luxations : le tout forme 122 cha-
PAUL, d'égine. 143
pitres dans l'édition Briau. Les 22 premiers chapitres traitent des maladies des yeux ; les chapitres 23 et 24 des maladies des oreilles; le chapitre 25, des polypes ; le chapitre 26, du colobome ; les chapitres 27 et 28 des maladies des gencives et des dents. Les chapitres suivants traitent des maladies de la gorge, des abcès, des strumes.
Dans le chapitre 37 sur l'anévrysme, Paul n'accepte pas tout à fait Topinion de Galien. Voici comment il distinguait les anévrysmes les uns des autres : « Ceux qui proviennent de la dilatation des artères paraissent plus allongés et sont situés profondément: Sous le choc des doigts on entend un certain bruit, tandis qu'aucun son n'est entendu dans ceux qui viennent de blessure : ces derniers sont plus arrondis et se rencontrent plus superficiellement.
<c Nous nous abstenons d'opérer les anévrysmes situés aux aines, au cou et ceux des autres parties qui seraient très volumineux, à cause de la grosseur des vaisssaux ; mais il faut opérer de cette manière ceux qui sont aux extrémi* tés, dans les membres ou à la tête : si la tumeur a lieu par dilatation, nous faisons une incision droite à la peau, suivant la longueur de Tanévrysme; puiSjtenant ouvertes avec des crochets les lèvres de la plaie, nous disséquons et séparons les parties avec le scalpel, de manière à mettre à nu l'artère ; ensuite nous lions avec les deux fils passés au moyen d'une aiguille, et après avoir d*abord ouvert avec le phlébotome la partie de Tartère située entre les deux fils et avoir vidé tout ce qu'elle contient, nous employons le pansement suppuratif jusqu'à la chute des fils.
« Mais si Tanévrysme provient de blessure d'artère, il faut à l'aide des doigts saisir entre la peau tout ce qu'on peut prendre de l'anévrysme; ensuite passer une aiguille munie de deux fils au-dessous de ce qui reste ; puis couper Tanse avec des ciseaux et lier ainsi la tumeur avec les deux fils d'un côté et de l'autre. Si l'on craint que les fils ne glissent, il faut passer une autre aiguille également munie de deux fils dans le mêmeendroit que la première, et après avoir coupé l'anse, on lie ainsi la tumeur avec quatre fils; puis ouvrant cette tumeur par le milieu, on évacue le sap
et on coupe la peau superflue, laissant seulement la partie qui est liée. Enfin on applique une compresse imbibée de vin et d'huile et on emploie le traitement par la charpie enduite de remèdes. » (Trad. Briau, p. 181.)
Paul, d'Egine, traitait les abcès du foie par la cautérisation (cautère à bouton) ; il faisait une seule eschare et, une fois arrivé à la tunique, il évacuait le pus (p. 217).
Paul indique les hydropisies qui réclament l'opération. Il opérait les malades debout, incisait d'abord la paroi hypogastrique et le péritoine et introduisait un tube d'airain. L'opération terminée, il mettait de la charpie dans l'ouverture : le lendemain et les jours suivants, il évacuait un peu d'eau et il achevait la guérison à l'aide des hydragogues,de l'insolation, d'une nourriture sèche.
Les préceptes que donne Paul, d'Egine, pour l'opération de la pierre sont tellement précis que nous croyons devoir les citer textuellement : « Les choses étant ainsi et l'opération résolue, nous employons d'abord la succussion, soit qu'elle se fasse par des aides, soit que le malade saute luimême d'un lieu élevé, afin que la pierre vienne descendre sur le col de la vessie. Ensuite nous plaçons le patient assis presque droit, en lui mettant la main presque sous les cuisses, pour que la vessie se retrouve resserrée en un petit espace. Si, en palpant en dehors, il nous paraît que la pierre, ébranlée par la secousse, est descendue vers le périnée, nous procédons immédiatement à Topération ; mais si elle n'est pas descendue, nous introduisons dans l'anus, après l'avoir oint d'huile, le doigt indicateur de la main gauche si le malade est un enfant, et aussi celui du milieu si c'est un homme plus âgé, et les doigts étant renversés, nous fouillerons et amènerons la pierre en la faisant descendre peu à peu sur le col de la vessie, où nous la fixerons. Puis avec un ou plusieurs doigts, nous la pousserons ainsi fixée vers le dehors, et, prescrivant à un aide de comprimer la vessie avec les mains, nous ordonnons à un autre
PAUL, d'égine. 145
de relever en haut les testicules avec la main droite et de tendre avec la gauche le périnée des deux côtés, là où l'incision doit être faite.
a Nous-même alors, saisissant Tinstrument appelé lithotome, nous ferons une incision oblique entre l'anus et les testicules, non pas sur le milieu du périnée, mais sur le côté, près de la fesse gauche, en nous servant de la pierre comme point d^appui et de telle sorte que l'incision ait en dehors une ouverture spacieuse, mais qu'en dedans elle ne soit pas plus grande qu'il ne faut pour que la pierre puisse y passer. En effet, quelquefois en prei«sant avec un ou plusieurs doigts sur l'anus, la pierre s'élance gracieusement et sans plus de retard au dehors, en même temps qu'on achève Tincision. Quand elle ne sort pas ainsi, nous l'extrayons au moyen du tire-pierre... » (Trad, Briau, p. 253.)
Paul, d'Egine, opérait Thydrocèle par l'incision et laissait une tente dans la plaie, tandis que Antyllos faisait la suture. Il donne d'excellents préceptes sur l'opération de la hernie et sur ses variétés : il admet une distension du péritoine, sans rupture. Il parle de l'hypospadias, du paraphimosis, qui sont indiqués dans le livre VI de Celse.
Paul était très renommé comme accoucheur. Son chapitre sur l'extraction du fœtus et sur l'embryotomie est à consulter. Il donne de précieux détails sur l'application de l'embryulque, qui a donné l'idée du forceps. Toutefois il n'est pas à suivre dans les présentations du bras ou des jambes, cas dans lesquels il pratiquait l'amputation (p. 305).
Dans la coxalgie, Paul conseillait les cautérisations : il opérait la fistule anale par incision.
Son chapitre sur l'extraction des traits est assez long, eu égard à la fréquence de ces blessures..
Les chapitres suivants sont consacrés aux fractures et aux luxations.
C'est Paul, d'Egine,dit M. René Brîau, « qui ferme l'ère de la médecine grecque classique, en la résumant tout entière d'une manière concise, il est vrai, mais aussi complète que possible. Après notre auteur, l'école grecque est finie et la science tombe dans les ténèbres du moyen âge pour ne plus projeter de lumières que bien des siècles après, lorsque refleuriront les lettres grecques dans Toccident de l'Europe. Quelle que soit la réputation qu'on ait voulu faire aux médecins arabes, ils ne peuvent à aucun titre être regardés comme les continuateurs de la médecine grecque classique. » (Tr. Briau, p. 37.)
Il existe plusieurs éditions grecques latines de Paul, d'Egine. Les plus anciennes sont celles de Guinter (Gontier), d'Andernacb, in-f» 1532, 1534,1538, 1542, eto.Tolet, de Lyon a donné en 1540 une traduction de la chirurgie de Paul d'Egine ; mais l'édition la plus complète et la plus correcte est celle de René Briau, Paris, 1855. (33154 bïs, 34891.) Ce que nous possédons nous fait regretter que M. Briau n'ait traduit seulement que le livre VI, qui constitue Ja chirurgie.
L'empire d'Orient du VII« an IX« siècle.
Les siècles qui vont suivre ne nous fourniront qu'un bien petit nombre de médecins dont les noms ou les écrits soient parvenus jusqu'à nous. Cette pénurie scientifique trouve son explication dans des considérations d'ordre po« litique, car la prospérité des lettres et des sciences est fatalement liée à celle des États eux-mêmes.
L'empire d'Orient jusqu'au milieu du vi^ siècle était constitué par les deux préfectures d'IUyrie et d'Orient. La première comprenait Tlllyrie et la Grèce, ou Achaïe. La seconde la Thrace, l'Asie mineure, les Iles de la mer Ionienne, la Palestine, et l'Egypte^ avec Byzance pour capitale.
l'empire d'orient du vue AU IX» SIÈCLE. 147
Cet empire immense, qui n'avait besoin que d'un chef, était tourmenté à l'Est et au Sud par les Perses, ses ennemis naturels; à TEst par les Turcomans, qui plus tard le renverseront; à l'Ouest et au Midi par les Arabes, que Mahomet venait de réunir sous la loi de llslam. La prise d'Alexandrie par les Arabes, en 040, avait détruit l'école où étudiaient presque tous les médecins grecs et lalins et dis* perse les savants auxquels s'étaient substitués les Arabes qui prendront et détruiront leurs livres de médecine.
D'un autre côté, les disciples de Nestorius, mort en 439, après avoir été patriarche de Gonstantinople, puis banni comme hérésiarque, avaient fondé des écoles dç médecine à Édesse, en Mésopotamie^ à Damas, en Palestine ; mais ils furent chassés à leur tour par Léon llsaurien ou l'Iconoclaste et se réfugièrent en Perse, dans le pays des Karduques ouKourdes (Kurdistan), où ils prospérèrent. Dans la seconde moitié du viii« siècle. Al Mansour (le Victorieux) avait fondé Bagdad, sur le Tigre, où il attira les savants. Sous son successeur Al Mamoun, il y eut^ dit-on, un col* lège fameux et plus de huit cents étudiants dans cette ville, qui devint le séjour préféré des savants de l'Asie et de l'Europe. Il fit recopier et répandu les manuscrits des écrivains grecs.
Mais, à l'intérieur de l'empire, à Byzance môme, la démoralisation était profonde. C'étaient des désordres inouis, des querelles religieuses, des discussions métaphysiques interminables, les vices de l'ancienne Grèce et de Rome, à laquelle Byzance prétendait succéder : à la Cour, c'étaient l'immoralité, la violence et l'assassinat.
Dans un pareil état de choses, on ne trouvait guère les éléments nécessaires au développement des idées scientifi* ques. U n'y avait de tranquillité relative que dans les cloftrès. Les études médicales étaient négligées ou abandon-* nées par les Grecs. Le désordre était partout, dans l'armée» dans les finances, dans l'administration. Les soldats faisaient
et défaisaient les empereurs, qui presque tous périssaient de mort violente. Depuis Héraclius (610-641), qui avait prouvé aux Perses et à leur chef Chosroès que les races grecques latines pouvaient encore lutter avantageusement contre les barbares,jusqu*à l'avènement de la dynastie macédonienne, en la personne de Basile (867), vingt-trois souverains se sont succédé sur le trône de Constantinople et n'ont guère laissé que de tiistes et sanglants souvenirs. Les deux premiers empereurs de la dynastie macédonienne ramenèrent un peu de calme dans les esprits, d'ordre dans les aJBfaires, de discipline dans les armées. Le premier réunit les lois en usage dans Tempire et en forma quarante livres , auxquels son successeur en ajouta vingt autres, compilation connue sous la dénomination de Basiliques, Mais à la mort de Léon VI, en 911, le désordre recommença et persista avec des alternatives très variées jusqu'en 1453, où Mahomet II, à la tête des Ottomans, s'empara de Constantinople, qui fut perdu définitivement pour la chrétienté.
Tel était Tétat de cet empire immense, dont la vie s'épuisait lentement, et qui, malgré toutes les causes matérielles et morales de désorganisation, put, par un phénomène sans pareil dans l'histoire» se maintenir pendant onze cents ans avant de s'écrouler pour toujours. L(iS empereurs latins, imposés par les Croisades, ne purent pendant cinquante-sept ans de règne retenir l'empire qui s'effondrait lentement, et à qui rien ne manquait de ce qui tue les gouvernements.
Si nous jetons les yeux sur la carte de cet empire du moyen âge, nous verrons que la vie intellectuelle semble avoir abandonné l'Europe et s'être reportée dans l'Asie mineure ; car c'est dans ces contrées que nous trouvons les quelques médecins compilateurs dont les écrits nous sont pai*venus. Pergame, Ephèse, Tralles , Aphrodisie, Amida, Edesse, Emèse, Damas en Asie, et Alexandrie en Egypte nous ont fourni presque tous les médecins connus. La Grèce proprement dite n a guère produit que Paul, d'Egine, et Sté-
JACQUES, LE PSHYCHRESTE. 149
phanos ou Etienne, d'Athènes. Et encore parmi ces médecins en est-il quelques-uns qui ne nous sont connus que par les citations des historiens ou d'autres médecins dont nous possédons les œuvres. C'est ainsi que Prdcope (1) dans la Guerre persique, nous parle d'un médecin nommé Stéphanos, originaire d'Edesse, médecin remarquable parmi ses contemporains, qui avait été précepteur de Chosroès et qui lu fut député lorsque ce prince assiégeait Édesse. Nous ne possédons rien du médecin Stéphanos. Parmi ceux dont nouaurons à nous occuper, il en est quelques-uns dont nous ne pouvons dire, même approximativement, l'époque où ils vivaient, ni même leur nom exact. D'autres sont restés anonymes, sans grande perte pour la science, ce qui est une consolation, car leurs écrits sont sans valeur. Au nombre de ces médecins, il en est deux surtout que nous aurions pu placer dans le vi® siècle, mais que nous mettons comme transition entre le vu® et le viiP siècle, faute de documents plus précis : ces médecins sont Jacques le Psychreste et un écrivain originaire de Damas, qui ne nous est connu que par la qualification de son pays natal.
Nous ne citerons pas les médecins dont nous ne possédons pas les écrits : ce serait une énumération sans profit pour le lecteur, une nomenclature stérile.
JACQUES, LE PSHYGHRESTE.
Ce médecin, né à Alexandrie selon les uns, à Damas, selon les autres, avait étudié à Alexandrie. 11 ne nous est connu que par Alexandre de Tralles, Aétius et Damascius, le philosophe, à qui le lexicographe grec Suidas a emprunté sans doute les renseignements qu'il nous donne sur lui. Il est désigné dans Suidas sous le nom de îax«65ç larpoç. Nous savons par Suidas qu'il avait une grande réputation comme praticien, qu'il surpassait souvent les anciens, qu'il était adoré des malades et qu'il faisait des cures tellement
(1) Ed. Niebuhr, 1833, T. i, p. 267, Liv. ii, ch. 26.
merveilleuses, qu'on l'appelait le Sauveur. Il vivait à Constantinople sous Tempereur Léon le Grand, dont il fut le premier médecin. Chronologiquement, il aurait dû prendre place avant Alexandre de Tralles et Aétius.
Alexandre (1) en parle avec éloges et il nous apprend qu'on l'avait surnommé ^x^it<rnç, le psychreste ou rafraîchisseur, parce qu'il était grand partisan des aliments rafraîchissants, d'un régime sobre et délayant. Il cite quelques-unes de ses formules. Aétius (2) nous a conservé un cérat contre la podagre, cérat dans lequel entraient la cire blanche, les roses récentes et les œufs.
Ce médecin parait s'être exclusivement consacré à la pratique de sa profession, car nous ne possédons aucun ouvrage de lui.
DAMASCIUS.
Damascius (AapLacrxioç) n'est pas un nom d'homme; c'est une qualification locale, le Damascien, l'habitant ou l'originaire de Damas. C'est tout ce que nous savons de l'écrivain médical ainsi désigné.
Deux personnages sont connus sous cette dénomination et on ne sait si ce sont deux individus diËTérents ou une seule et même personne, car un écrivain, philosophe et historien, porte aussi ce nom. Le philosophe est né à la fin du v* siècle et ne nous intéresse guère. Celui qui doit nous occuper (si c'est un autre personnage) est un auteur de commentaires àHippocrate, dont une copie manuscrite existe à la Bibliothèque nationale (2150) . Ces commentaires sont divisés en sept sections et n'ont jamais été imprimés séparément. Dietz les a reproduits intercalés avec ceux de Théophile Protospatharios, dans le Tome ii des Scholia in RippocratemetGalenttm (p. 237-544). Ils s'arrêtent à l'aphorisme 62 de la section VII (Ed. Littré) 1<^p«ç «owxW..
(1) Edit. Puschmann. T. ii, p. 163, 565, 571.
(2) Liv. XII, ch. id.
THEOPHANÈS NONNOS. 161
Ceux gui croient que le médecin est un personnage distinct du philosophe le font vivre au vu» siècle.
Ses commentaires ne présentent rien d'original et ne sont que des paraphrases vulgaires et peu dignes d'atten* tien. Us se ressentent de l'esprit et des idées du temps.
MÊLÉTIOS.
MélétioS) moino phrygien, est né à Tibériopolis, dans la grande Phrygie, au vin* ou au ix« siècle. Nous ne possé» dons de lui que des Commentaires aux aphorismes d'Hippocrate, dont une copie manuscrite existe à la Bibliothèque nationale (Mss. N** 2222, 2223) , sous ce titre : MeXeri'ou {arpoO
Il existe à la Bibliothèque nationale plusieurs manuscrits qu'on rapporte à Mélétios (2224 et suiv.) Dans un ouvrage, il traite de la nature et de la structure de l'homme. C'est un livre qui n'a rien d'original et qui a été composé avec des emprunts faits aux médecins et aux écrivains sacrés et profanes.
On lui attribue aussi un opuscule en vers sur les urines, qui n'a jamais été imprimé et dont il existe à la Bibliothèque nationale un manuscrit (2815j m 2), commençant ainsi : tûv doOiv&v 6<Xift..
THEOPHANÈS NONNOS.
Il vivait à Gonstantinople, au x' siècle et était médecin de l'empereur Constantin YII Porphyrogénète, quifavorisa les savants. Cet auteur est quelquefois désigné sous le nom de Théophanès, d'autres fois sous celui de Nonnos, Nonos, Nonnus ou Nonus.
L'ouvrage qui nous reste de lui a pour titre: 2uvo<l>i« h èwiTop.^ tHç larpix-^ç àiràoYjç ts'xvyiç, Abrégé de tout Part de guérir.
Ce livre, ainsi que le dit Théophanès dans sa préface, a été rédigé par ordre de l'empereur. Il ne contient rien d'original : c'est l'exposé très succinct de toutes les maladies, de leurs causes, de leurs symptômes et de leur traitement. C'est un manuel dans lequel l'auteur a suivi l'ordre topographique. Il emprunte à Oribase, à Aétius, à Paul d'Egine, à Alexandre de Tralles, etc., sans les citer. Son livre est divisé en 297 petits chapitres.
lo. Steph. Bernard en a donné une très bonne édition grecque latine, sous ce titre : Theophanis Nonni eptiome de curatione morborum, Gothae et Amstelodami, 1794-1795, 2 vol. in-S. (B. F. M. P., n° 32590).
La Bibliothèque nationale possède le commencement d'un petit traité sur la diète, dédié à l'empereur Constantin Porphyrogénète (Ms. 1630, n« 6).
MEKCURIOS.
Mercurios était un moine grec qui vivait au x* siècle dans le sud de l'Italie. On a l'habitude d'accoller à son nom la qualification de Monachus (moine). D'après Sprengel il aurait vécu au xiii* siècle et aurait emprunté son petit livre à un moine qui était allé en Chine. Ce qui nous reste de lui consiste en 28 aphorismes ou préceptes sur le pouls, sous ce titre un peu prétentieux : ToG xo^iwTaTou p.ovàxou Kûpou
Mepxoupiou àva'^xaiOTaTYi MoLOiLaXia. nsçl a^U'^p.ûv, Préceptes très Uti'
les du très habile moine Kyros Mercurios sur le pouls. C'est de la médecine empirique assez grossière. Par l'examen du pouls il prétendait arriver au diagnostic de toutes les maladies. Il indique comment il faut toucher le pouls, c'est d'après sa manière de battre qu'on arrive au diagnostic. Il n'y a rien de sérieux dans ces deux pages qui sont reproduites dans Ideler : Physici et medici g^'œci minores, T. II, p. 254.