THÉOPHILE
Il existe plusieurs éditions grecques-latines d'Alexandre de Tralles. Celle de Guinter d'Andernach est la plus connue ; mais Tédition la plus récente et la plus correcte est l'édition grecque allemande de Puschmapn, professeur à l'Université de Vienne, que nous avons citée plus haut.
Nous nous sommes arrêté plus longuement sur Alexandre de Tralles que sur Oribase, parce qu'Alexandre n'a pas encore été traduit en français.
THÉOPHILE Protospatharios. — PHILOTHÉOS.
Théophile vivait au commencement du vu® siècle, sous Héraclius. Il nous importe peu de savoir s'il était moine (fiovaxoç), ou chef des porte-lances (wpwTocnraôapibç), qualitication qui est restée accolée à son nom. Il était chrétien, et dans ses ouvrages, il invoque assez souvent le Christ, vrai Dieu. On n'a sur lui aucun renseignement précis.
Son principal ouvrage a pour titre : nepl tHç toO àvôpwTrou xaraqxiuTiç, êiSxia E' ^ Sur V Organisation de Vhomme^ en cinq livres. C'est un abrégé du livre de Galien, SW V utilité des parties; mais Théophile reporte tout à Dieu, créateur de l'Univers. Le texte grec, avec la traduction latine de Junius Paulus Crassus, en regard, a été reproduit par Fabricius, BihL grœca, t. XII, p. 785-911 (B. P. M. P. 7223).
Dans le premier livre, Théophile traite des mains, des pieds, des doigts, des ongles, des articulations, etc.
Dans le livre II, il traite de l'estomac, de sa puissance, des intestins, du péritoine, du foie, des reins, de la situation et des fonctions des organes nutritifs, de leurs usages, des quatre facultés de Testomac (attractive, contentive, altérante et expultrice).
Le livre III traite de la poitrine, des poumons, du cœur, des cartilages du gosier, de Tépiglotte, des nerfs récurrents et de leurs propriétés. Il reconnaissait que le cœur est constitué par des fibres longitudinales, transversales et obliques, ayant chacune leurs propriétés spéciales.
Dans le livre IV. Théophile s'occupe de la tête, du cerveau et de la nature des nerfs visuels, des humeurs et de la forme de l'œil, des paupières formées par deux muscles, des sourcils, des nerfs deTencéphale, de la langue, des dents, dô la peau, du cou. C'est dans le cerveau qu'il plaçait la cause de la voix.
Il reconnaît que les trois principes qui gouvernent le corps humain sont le cerveau, le cœur et le foie; le cerveau, par les nerfs ; le cœur, par les artères ; le foie, par les veines qui portent le sang.
C*est lui, le premier, qui a écrit que la première paire des nerfs, sortant des ventricules du cerveau, va s'épanouir sur la membrane pituitaire et est l'organe immédiat de l'odorat (cb. 12, p. 864).
Dans le livre V, iJ traite de la moelle épinière, des nerfs qui en naissent, des vertèbres spinales, des os, des articulations. Il signale Texistence d'un ligament commun, qui unit toutes les vertèbres (ib., p. 886). Il y parle de la vulve, des doux sinus (ovaires) où sont formés les fœtus, dufœtui, du membre viril, deTérection, de sa cause, de l'inaptitude des hypospadiaques à la procréation. Il considérait les testicules comme formés d'une matière glanduleuse, fongueuse, légère et contenant beaucoup de vaisseaux capillaires (à-yYiîa
(ch. 28).
Il y a beaucoup d'ordre et de méthode dans ce petit traité d'anatomie et de physiologie.
On lui attribue aussi des commentaires sur les aphorismes d'Hippocrate, qui sont publiées par Dielz (Scholia m Ilippocratem et Galenum, 1835, t. II, p. 245. B. F. M. P, 33,148^, d'après des manuscrits de Vienne, de Madrid. Il met tous ses écrits sous TinvDcation de Dieu, ÂpxTi obv f«ew a-^itù. Il s'arrête à l'aphorisme 42 de la 4® section, l%4ç wouxliç...
Nous ne saurions affirmer si c'est à Théophile Protospatharios ou à un autre Théophile qu'il faut attribuer le petit
STÉPHANU8, D'ATHÈNES, 139
traité Sur les urines, publié dans Ideler [Phystct et medici grœct minores^ t. I, p. 281-283). Dans cet ouvrage, Théophile étudie leg urines, sous le rapport de leur formation ; il considère l'urine normale, sa consistance, sa couleur, s6s dépôts, Ténéorème, les nuages qui la recouTi*ent, et il fen détermine la sigiiiûcation.
Il existe aussi un petit traité de Théophile Sur les exècre^ ments, lUpl ^iax(>>pTifji.aT(i)v, également reproduit dans Ideler, 1. 1, p. 397-408.
On lui attribue encore un livre Sur le pouls, nepl ff<pu-|'fji.(ûv, qui est un résumé de Galien, et dont la bibliothèque Nationale possède plusieurs manuscrits (2219, 2220, 2228, 2229, 2257), ainsi qu'un petit traité Sur la différence des fièvres Bib. Nat., Ms. 2219).
PHILOTHÉOS-PHILARETOS
Quelques historiens croient que c'est le môme personnage que Théophilus, dont les deux mots racines (çiXc;,6»oç) auraient été intervertis. Nous renvoyons donc à Théophile Protospatharios.
STÉPHANUS, d'Athènes.
Stéphanus, appelé quelquefois aussi Etienne, d'Athènes, prenait plutôt la qualification de philosophe que celle de médecin. Il était élève de Théophile et comme il vécul à Alexandrie, il est souvent désigné sous le nom d'Etienne d'Alexandrie. Il vivait au vu® siècle. On possède de lui des Commentaires aux aphorismes d'Hippocrate, qu'on trouve reproduits dans Dietz [Scholia in Hippocratem et Galenum, RegimontiPrussorum, 1834, 2 vol. iri-8, 33,148), t. II, p. 238, intercalés avec ceux de Théophile Protospatharios, de Dâmascius.
On a encore de lui des Commentaires sur le premier livre
de la thérapeutique de Galien, sous ce titre : ÈÇflpjaiç eîç rnv Tou irpoç rxaux6>va toXyivoû âspaTreurixiiv, trad. du grec en latin, par Augustin Gadaldinus, de Modènes, in-8, 153 pp. Lugduni, 1555 (B. F. M. P. 34,198). Une autre édition, in-4, a paru à Bâle ea 1581 (B. P. M. P. 5,871).
3® Des commentaires sur les pronostics d'Hippocrate (René
Moreau, Ix^^^^ ^^ '^^ ^rpopuorucov IinroxpaTOUç).
4° Un livre Sur Vactton des médicaments^ classés par ©rdre alphabétique. Ce livre repose en partie sur Dioscoride, Ttgurï, 1581, in-8^
PADL, D'ÉGINE.
Paul est né à Égine, petite île située dans le golfe d'Athènes, selon toute probabilité dans le vu® siècle. Éloy, Portai, Dezeimeris et R. Briau pensent qu'il étudia la médecine à Alexandrie, peu avant l'anéantissement de cette yille par les Arabes, en 640. Il voyagea beaucoup et fut ce qu'on appelait un périodeate. Il acquit une certaine renommée comme accoucheur dans l'Asie mineure. Fabricius s'appuie sur Gaspard Barthius pour dire que Paul était chrétien, ce qui n'a rien d'étonnant à cette époque ; mais rien ne le prouve. D'après l'historien arabe Grégoire Aboulfaradj, qui fut à la fois évéque et médecin, Paul aurait écrit : — 1° un Traité de médecine; — 2» un livre sur les maladies des femmes;— 3» une chii'urgie. Le Traité sur les maladies des enfants, qu'on lui attribue, n'est pas authentique.
Le traité de médecine n'est qu'un résumé, un mémorial (inro(xvY)(ia) rédigé d'après Galien et Oribase. Paul, dans sa préface, expose les motifs qui l'ont engagé à écrire ce mémorial. Nous emprunterons la traduction à M. René Briau :
(( Je n'ai pas composé cet ouvrage par la raison que les anciens avaient omis quelque chose de ce qui est relatif à l'art, mais pour avoir un résumé de la doctrine ; car tout a été au contraire parfaitement et complètement élaboré par