X PREFACE
DioscoRiDE, né à Anazarbe (en Cilicie\ vécut sous Néron : il voyagea à la suite des armées romaines, parcourut la Grèce, TAsie mineure, la Gaule, et c'est lui qui est le premier des Grecs pour la matière médicale. Cet auteur mériterait une étude spéciale, que ne comporte point notre travail. La meilleure édition que nous possédions est celle de Kiihn. Lipsice, 1829, 3 vol. (Ib. 34241).
Arétée, né à Bithynie, en Cappadoce, 90 ans ap. J. G., fut, après Athénée, fondateur du pneumatisme, le plus remarquable écrivain de cette SBcle. Après dix-huit siècles d'existence, beaucoup de pages de cet auteur n'ont guère vieilli. Il a été traduit en français par L. Renaud, 1834 (Ib. 34890).
RuFUS, né à Éphèse, en Asie mineure, 100 ans environ ap. J. G. a écrit sur l'anatomie, sur les maladies des reins, de la vessie et sur les purgatifs. Une édition grecque latine a été publiée à Londres, par J. Glarke, en 1726 (5902) et une grecque française, à Paris, par Daremberg et Ruelle, en 1879 (36058).
SoRANus, né à Ephèse, environ 125 ans ap. J. G., étudia à Alexandrie et vécut à Rome où il acquit une certaine renommée comme accoucheur, et dans le traitement des maladies des femmes. La meilleure édition grecque latine est celle de F.-Z. Ermerins, Trajecti ad Rhenum^ 1869 (Ib. 34718),
Et enfin Galien, né à Pergame, 131 ans ap. J. G., pour lequel nous renvoyons aux leçons d'Andral, recueillies et publiées par M. Tartivel dans V Union médicale, (Années 1852 et suivantes.)
Si l'on jette les yeux sur les cartes de la Grèce et de l'Asie mineure, on verra que c'est cette dernière contrée qui a fourni le plus grand nombre de médecins. Ephèse a vu naître Rufus et Soranus ; Pergame est la patrie de Marinus, de Galien, d'Oribase (?); Tralles, celle de Thessalus et d'Alexandre; Pruse en Bythinie, celle d'Asclépiade; Laodicée (?), celle de Thémison ; Apamée, celle d'Archigène ; la Gappadoce, celle d'Arétée. Au milieu de l'Asie mineure, Amida, sur le Tigre, a vu naître Aelius.
Dans la mer Egée, l'île de Gôs a fourni Hippocrate et Praxagoras; Céos est la pstrie d'Erasistrate ; Egine, dans le golfe Saronique, non loin d'Athènes, est celle de Paul, toujours désigné sous les noms de Paul d'Egine.
Le nord de l'Afrique compte aussi quelques médecins, Carthage passe pour être la patrie d'Hérophile; Alexandrie a vu
PRIÎPACE. XI
naître Ammonlus, Léonide, Nicolas Myrepse. Cœlius Aurelianu^ est né en Numidie.
Byzance fut la patrie d'Actuarius, de Théophanes Nonnos, de Siméon Seth, de Michel Psellos.
La Grèce, proprement dite, ne compte que Platon et Stéphanus, tous deux nés à Athènes.
En résumé, nous pouvons établir trois grandes périodes dans rhi&toire de la médecine grecque :
1° La Tpériode grecque, proprement dite, qui commence avec Hip* pocrate ;
2^ La période gréco-latine^ qui commence avec l'arrivée des médecins grecs à Rome. Gelse est son représentant le plus connu, et son livre De re medica est un reflet des idées d'Hippocrate et d'Asclépiade.
C'est pendant cette période que les ouvrages grecs furent traduits dans les écoles, dans les monastères.
La période gréco-arabe, qui commencerait à la prise d'Alexardric par Amrouen 640, pour finir avec le moyen âge, et dans laquelle se trouvent :
MésuÉ, né en Perse au ix^ siècle, qui fut chargé par le khalif Aaroun al Raschid de surveiller les traductions en langue arabe de Galien, d'Aristote, et des autres ouvrages grecs apportés à Bagdad.
Rhazès (fin du ix« siècle), dont les écrits sont en partie des résumés d'Hippocrate, de Galien, d'Aétius, d'Oribase, de Paul d'Egine.
AviCENNE (989-|-1036), contemporain de Rhazès, comme lui d'origine persane, et comme lui abréviateur de Galien.
Abulcasis (. . .-|-1013), de Cordoue, également nourri des idées de Galien, de Paul d'Egine.
AVENZOAR (...+1162), deSéville; Averroès (ll26-}-1198), de Cordoue, tous deux partisans du galénisme.
Après avoir été à la tête du monde civilisé, la Grèce opprimée n'a plus vécu que d'une vie d'emprunt. La nuit s'est faite pendant de longs siècles sur ce pays qui, rendu à la liberté, s'efforce aujourd'hui de reparaître au grand jour, d'y reprendre sa place, et dont l'un des enfants, M. Panas, occupe actuellement une chaire à notre Faculté de Paris.
Sous le rapport médical, la Grèce a sa Faculté; elle a ses jour-