‹ Les médecins moralistesChapitre 11 sur 352 · XXVI · texte numérisé non relu

XXVI

temps, on ne lit plus ni l'Homme machine , ni l'Homme plante.

Nous pouvons donc conclure que le nom d’aucun médecin, véritablement matérialiste et athée, n’a sali les pages de l’histoire de la médecine.

Puisque ce n’est pas dans les écrits des médecins qu’on trouve la cause de l’inculpation d’athéisme qui pèse sur eux, ce sera sans doute dans l’objet de leurs études. Mais, en parcourant ce vaste sujet, on voit, que tout vient au contraire se réunir pour les détourner d’une semblable opinion. Le médecin dirige ses études sur l’homme en santé et sur l’homme malade. Toutes ses méditations se concentrent sur cet objet; ses pensées et ses opinions doivent donc en émaner.

Structure, fonctions, maladies, tout est merveilleux dans l’homme, tout y dévoile une matière animée, tout y révèle une Intelligence créatrice.

Bien plus, cette harmonie inimitable, cette conspiration de toutes les fonctions à la conservation de l’individu et à la reproduction de l’espèce, fait penser qu’une émanation de cette Intelligence, ou que cette Intelligence elle-même est venue animer notre organisme. Cette supposition n’est point une de ces hypothèses futiles et mensongères qu’une autre hypothèse peut renverser, puisqu on ne peut expliquer autrement pourquoi l’homme vivant diffère de l’homme mort. En effet, placez deux corps à côté l’un de l’autre; tous deux à la fleur de 1 âge, d une structure parfaite et sans altération aucune dans leur organisation; l’un mort depuis quelques in-

Page 1