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ÉMOTION

L’émotion est un bélier qui frappe à coups redoublés sur des organes prédestinés à une alternative régulière d’excitation et de repos.

Laüvergne, De l'Agonie et de la Mort.

En condensant l’émotion, ne voyez-vous pas que vous brisez les ressorts qui la produisent? Vous activez la lumière, mais vous consumez rapidement le combustible.

Réveillé -Parise, Physiologie et Hygiène des Hommes livrés aux travaux de l’esprit.

L’émotion vive et soutenue est vraiment le démon tentateur de l’espèce humaine : or, le démon rit et flatte sans cesse ; il cache l’abîme sous des fleurs.

Le même, Etudes de l'Homme.

Une émotion agréable, lorsqu’elle est souvent éprouvée, devient moins vive; de là la satiété qui suit le plaisir. Mais, il ne faut pas s’y méprendre, cette satiété n’est pas l’épuisement du désir; c’est plutôt le désespoir de la passion réclamant de nouvelles jouissances et n’en apercevant plus. C’est l’insatiabilité aux prises avec le néant.

Cerise, Notes sur Bichal.

L’esprit devient plus rassis après une forte émotion, comme l’atmosphère se purifie par la tempête.

Virey, Dictionnaire des Sciences médicales, art. Passions.

On dirait que nous sommes constamment à la recherche des émotions nouvelles; et il n’est pas une seule de nos passions que l’homme ne mette en jeu pour se les procurer; il fait concourir à ce but la tristesse même et la douleur.

Aubert, Physiologie des Passions.

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