‹ Les médecins moralistesChapitre 293 sur 352 · REMORDS · texte numérisé non relu

REMORDS

Le remords est le cri accusateur de la conscience blessée.

Descuret, La Médecine des Passions.

Le remords, ce sentiment cruel, est l’heureuse et nécessaire conséquence du sentiment de bonheur qui fait la morale : on ne saurait lui échapper ; il est l’avertissement du vice, la vengeance du crime; il tenaille le cœur jusqu’à ce que la volonté répare les méfaits de la vanité, de la colère et des autres passions ; il meurtrit de ses affreux serrements le pervers ; c’est un trait vivant et vengeur qu’il porte au cœur, et dont la douleur est plus déchirante quand il se trouve seul devant luimême.

Scipion Pinel, Physiologie de l'Homme aliéné.

Le remords a été donné en souffrance physique, afin qu’il fût éloquent chez tous les hommes. L’intelligence peut faire le repentir; mais, par le brisement du cœur, le remords est un repentir permanent, involontaire, inévitable. L’intelligence est trop ingénieuse à s'excuser dans ses faiblesses; le cœur ne sait que souffrir : il a l’instinct sublime et la fidélité de la vertu.

Le même, ibid.

Tout passe, tout s’efface dans le cœur de l’homme, excepté le remords.

On ne saurait se faire une idée du grand nombre d’ob-

servations de folie où le remords se dresse comme un spectre !

Brierre de Boismont, Du Suicide.

Page 1