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VOLONTÉ

La volonté, c’est l’âme voulant, l’âme en acte ou à sa première puissance.

La volonté est le phénomène par lequel l’âme se détermine à agir; elle met en jeu la force motrice, elle suit avec plus ou moins de célérité les ordres de l’entendement, elle hâte ou diffère ses manifestations d’après les conseils de la prudence et de la réflexion.

Alibert, Physiologie des Passions.

Il y a une portion de l’homme dont l’empire est confié à lui-même ; l’homme ne peut changer le jeu et le mécanisme de ses fonctions matérielles; mais il peut modifier et changer comme il le veut ses déterminations : c’est ce qui constitue sa moralité. Dieu nous a donc donné une volonté indépendante de lui : de là découle le mérite ou le démérite des actions humaines.

Le même, ibid.

Le but suprême de nos institutions sociales est de faire en quelque sorte l’éducation de la volonté et d’ennoblir toutes ses tendances ; les législateurs ont recours à la crainte pour corriger ses écarts et ses déviations.

Le même, ibid.

C’est par la volonté que les hommes se montrent, se dessinent dans l’ordre social ; c’est par la volonté qu’on les voit triompher de tous les obstacles et diriger en quelque sorte les événements ; mais peu d’entre eux ont à leur disposition cet immense levier de la grandeur humaine; peu savent vouloir avec force et persévérance ; Dieu seul a une volonté permanente, parce qu'il n’est pas susceptible de vieillir.

Le même, ibid.

Le vouloir, dans l’homme, est la puissance morale par excellence.

Reveillé-Parise, Physiologie cl Hygiène des Hommes livres aux travaux de l’esprit.

Il faut que l’homme apprenne que c’est sa volonté qui fait ses vices comme ses vertus; qu’il dépend de lui d’être noble et généreux, ou vil et lâche; qu’il est le maître de vouloir; que c’est là son plus beau droit, et que toutes les obligations divines et humaines lui font une nécessité de ne jamais manquer aux inspirations de sa conscience, de ce sentiment profond et sans cesse avertissant.

Scipion Pinel, Physiologie de l'Homme aliéné.

Pour que la volonté soit toute-puissante, il faut croire à son pouvoir, il faut avoir foi en elle et en Dieu.

Y. Jacotot, Lettre à un confrère.

La volonté a un pouvoir remarquable sur la souffrance du corps ou de l’âme : avec une volonté ferme et courageuse. on peut prendre beaucoup sur soi.

Le même, ibid.

Chez l’homme, la volonté commande en maître tonies les fois que l’habitude et l’éducation ont affermi son

empire.

Lepelletier (de la Sarthe), Pliysiol. médicale cl philosophique.

Développée dans l'homme fort, la puissance de volonté devient le caractère. Cette puissance est, pour ainsi dire, le tout de l’homme, c’est au fond la personne même; c’est elle qui met en mouvement l’imagination, l’intelligence ; c’est sur elle que doivent agir la morale, la loi, l’instruction, la médecine et surtout l’hygiène de l’âme, pour réaliser la domination de l’esprit sur la matière.

Feuchteksleben, Hygiène de l'Ame.

Mais comment vouloir, puisque c’est précisément la force de volonté qui nous manque? — Si ce qui vous manque c’est vous-même, que puis-je vous ordonner, sinon vous-même? L’intelligence conduit l’homme dans les bras de la religion.

Le même, ibid.

La volonté doit être fortifiée, purifiée, améliorée; elle a son objet dans l’homme même ; elle le gouverne et le maîtrise. Le devoir et l’hygiène morale s’accordent pour dire à l’homme : Sois maître de toi ! Le plus sûr moyen de réaliser ce précepte, c’est de se jurer à soi-même de persévérer dans ce que l’on a reconnu clairement comme juste. Il faut donc se prêter à soi-même, du fond de sa conscience, le serment sans restriction , sans appel , de conformer sa vie aux lois de la morale. Devenu petit à scs propres yeux, il faut que chacun répète cette belle

prière de Jeanne cl’ Arc, qui demande à Dieu un grand

cœur et de nobles pensées.

Le môme, ibid.

Quelle puissance n’a pas la volonté sur la guérison des passions, surtout quand l’homme sait implorer Dieu pour auxiliaire ! Comment alors la volonté rencontre-t-elle tant de résistance? C’est que souvent, partagée et flottant encore entre le mal et le bien, elle ne commande qu’à demi et n’est réellement pas volonté : vouloir, c’est triompher.

Descuret, La Médecine des Passions.

Oui, la volonté peut tout, mais la bonne volonté, la volonté de l’amour.

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