‹ Les médecins moralistesChapitre 7 sur 352 · DE MADAME WOILLEZ · texte numérisé non relu

DE MADAME WOILLEZ

Mil

cisine, seul guide capable de les diriger avec sûrelé dans le chemin difficile de la vie. Pensant encore judicieusement qu’il ne suffit pas de dire ce que vaut la vertu, cette habitude du devoir, madame AVoillez ne craint pas de dire ce qu’elle coûte. C’est là un vrai service qu’elle rend à ceux qui la lisent. Combien de jeunes cœurs, en effet, n’a-t-on pas découragés pour avoir prêté à l’accomplissement du devoir une facilité qu’il n’a presque jamais dans la vie réelle! Oui, pour le chrétien, la vie se présente comme un continuel sacrifice dont l’homme est à la fois le sacrificateur et la victime; or, cette dure vérité, il s’agit de l’inculquer dans l’esprit des jeunes gens, en leur montrant, par des exemples attrayants, comment iis doivent lutter contre eux-mêmes et contre les malheurs qui viendront les assaillir dans l’arène où Dieu les a fait descendre. Cette éducation pratique, dont l’apprentissage embrasse la durée entière de l’existence, doit être commencée de bonne heure si l’on veut qu’elle porte des fruits abondants. Aussi, est-ce le premier des devoirs, un devoir sacré pour les parents, de ne pas laisser amollir l’âme des enfants par ces lectures énervantes qui leur donnent une idée fausse de la vie, en la présentant toujours comme un chemin bordé de fleurs; puis de les préserver de ces autres lectures non moins pernicieuses, dont les séduisantes peintures ne servent qu’à surexciter des imaginations déjà trop précoces. De pareils défauts ne sauraient être reprochés aux ouvrages d’éducation sortis de la plume de madame AVoiliez. Loin de là : le grand mérite de ses écrits consiste à garantir des écueils sans les faire loucher; à inspirer l’horreur du vice sans le nommer; et cela, en peignant sous de vives couleurs la vertu qui lui est opposée ; en un mot, dans ses touchants récits on sent le cœur qui parle au cœur; mais la raison en dirige les mouvements, parce qu’elle prend toujours son point d’appui dans la foi.

Les Vies et Aventures des Voyageurs, les Souvenirs d’une Mère de Famille et le Robinson des Demoiselles, qui parurent de 1831 à 1834, avaient honorablement commencé la réputation de leur auteur dans un genre de composition beaucoup plus difficile qu'on ne le croit en général. Depuis celte époque, i Orpheline de Moscou, les Deux Éducations , le Frère et la Sœur, les Jeunes

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