NOTICE SDK LA VIE ET LES ÉCRITS
Ouvrières , sont venus l'augmenter par un succès d’estime toujours croissant. Nous pouvons affirmer, sans crainte d'être démenti, qu’aucun des volumes faisant partie de la Bibliothèque de M. Maine n’a obtenu un débit plus considérable et mieux mérité que ceux de madame Woillez. Aussi, un prélat, dont le goût égale le savoir, n’a-t-il pas hésité à les honorer d’approbations particulières, signalant au public l’impression que leur lecture avait laissée dans son esprit.
a Ce livre, dit M. l’archevêque de Tours en parlant du Frère et la Sœur, ou les Leçons de l’Adversité, ce livre ne renferme que de bons exemples et de salutaires maximes, composés avec cet intérêt et cette élégante facilité de style qui distinguent les ouvrages du même auteur. Nous le recommandons particulièrement, ainsi que tous ceux dont on est redevable à madame Woillez. » « Nous approuvons et recommandons, dit encore Mgr Morlot, le nouvel ouvrage de madame Woillez, intitulé : Les Jeunes Ouvrières, ou V Épreuve et la Récompense. Il se distingue, comme tous ceux de l’estimable auteur, et peut-être encore à un plus haut degré, par les principes de la morale la plus pure, mise en action d’une manière ingénieuse et constamment intéressante. »
Encouragée par un tel suffrage et par celui de plusieurs académiciens, madame Woillez s’est remise à l’œuvre, et, loin que le progrès de l’âge ait affaibli chez elle la fécondité de l’imagination, ellea enrichi la Bibliothèque de la Jeunesse chrétienne de plusieurs autres productions qui s’élèvent au-dessus des précédentes par l’utilité pratique du sujet, par la noblesse des caractères, par le naturel et le petit nombre des événements, par la vérité et la variété des descriptions, enfin, par une grande suavité de style, dans lequel on remarque plus de précision et de vigueur.
Le Jeune Tambour, ou les Deux Amis , le dernier des ouvrages que l’auteur ait écrits à Paris, devait être accueilli avec avidité par une classe nombreuse de lecteurs. Le Jeune Tambour! comme ces mots raisonnent agréablement aux oreilles des garçons! Zes Deux Amis! que de délicieuses émotions promettait à l’âme le plus doux des sentiments rendu par une plume si vraie, si chaleureuse l Dans le monde de l’intelligence, aussi bien que dans celui
DE MADAME W01EEEZ.
de l’industrie, c’est chose précieuse qu’un bon litre : c’est comme un heureux précédent, une sorte de succès anticipe. Oui, si un bon livre est une bonne action, un bon litre est une bonne aiïaire. Or, celui-ci étant parfaitement trouvé, restait à savoir si l’auteur avait bien rempli sa promesse : car le litre d’un livre est un engagement sérieux envers le lecteur. Hâtons-nous de dire que jamais succès ne fut plus prompt et mieux assuré, parce que jamais engagement ne fut mieux tenu. « Le Jeune Tambour , ou les Deux Amis, dit encore Mgr Moriot, réunit tontes les conditions propres à rendre une lecture attachante et utile. Comme dans les autres écrits de l’estimable auteur, la morale la plus pure et les principes les plus religieux se mêlent naturellement et sans effort à un récit historique plein d’intérêt et d’instruction. C’est un titre de plus que madame Woillez vient d’acquérir à la reconnaissance de tous ceux qui ont à cœur de répandre et de propager les bons livres. »
Edma et Marguerite, ou les Ruines de Chotillon-d’Azergues, tel est l’intitulé du premier volume composé par madame Woillez depuis qu’elle av ait changé le séjour bruyant de la capitale pour le calme de la jolie vallée de l’Azergues. Ici encore, peintre fidèle d’une belle nature un peu assombrie par des ruines, l’auteur a su mettre son sujet, ses caractères, son style, en harmonie avec les tableaux qui l’entouraient; et, dans un récit empreint d’une douce mélancolie, il a présenté un charmant petit cours de morale en action qui lui mérite de nouveau la reconnaissance des familles chrétiennes et les suffrages des hommes de goût.
Une femme très instruite, et dont plusieurs ouvrages ont été couronnés par des sociétés savantes, disait un jour à notre excellente mère > Donnez-moi donc votre secret, chère amie, pour intéresser autant vos lecteurs et leur arracher de si douces larmes ! • — Cela tient sans doute, lui répondit-elle avec franchise, à ce que vous écrivez avec votre esprit, tandis que moi, qui n’ai pas la moitié de vos connaissances, j’écris plutôt avec mon cœur ; et puis, pauvre amie, laissez-moi vous le dire : vous ne vous montrez pas assez pieuse, assez franchement catholique. » Madame 'Woillez ignorait alors (pie mademoiselle U... fût protestante.
En relisant attentivement le Robinson des Demoiselles, l'Or-
xvi NOTICE SUR LA VIE ET LES ÉCRITS DE MADAME WOILLEZ.
pheline de Moscou , le Jeune Tambour, les Veillées de TOuvroir, puis Alix, ou la Résignation, la dernière composition, et peutêtre le chef-d’œuvre de l’auteur, nous nous sommes plus d’une fois Étonné qu’au nom des bonnes mœurs et de l’utilité publique, l’Académie française et la Société élémentaire d’instruction n’aient pas couronné un seul de ces livres si bien pensés, si bien écrits, si populaires, et dans lesquels la morale la plus pure s’appuie sur une religion divine, qui d’ailleurs est celle de la majorité des Français! Sans doute, nous n’avons pas le droit de donner des conseils à ces doctes compagnies, mais, aujourd’hui plus que jamais, il nous est permis d’exprimer des regrets qu’ont souvent partagés de judicieux critiques, tels que lesFelelz, les Parseval, les Chateaubriand, les Pariset ; regrets honorables qui assurent à madame Woiliez une place distinguée parmi les littérateurs de notre siècle.
F. Desc.uret.
INTRODUCTION