CHAPITRE PREMIER
brillants, si prodigieux, et que nous nommons aujourd’hui médium, on les disait d'un Esprit de Python.
Rien ne démontre mieux à quel point l’Esprit inspirateur de ces tristes personnages était connu de la haute antiquité, que la sévérité des peines fulminées contre les devins volontairement animés de cette puissance divinatoire.
Le plus ancien des historiens, Moïse, s’exprime devant Israël avec la brièveté d’un législateur dont la loi, signalant un fait connu , ne pose point une interdiction dont le motif veuille être expliqué, mais la renouvelle : o Si un homme, ou une femme, a un Esprit de Python ou un Esprit de divination, qu’ils soient punis de mort. » {Dent., c. xx, f. 27; c. XVIII, li.) A votre entrée dans la terre de Chanaan « le Seigneur exterminera les peuples qui se sont livrés A CES SORTES DE CRIMES... Et, pour VOUS, VOUS avez été instruits autrement par votre Dieu! » {Deut., c. xviii, f. 11, 12, 14.)
Plus tard, Saül met à mort, dans toutes ses terres, les gens qui pratiquent la magie , et notamment ces sortes de devins ; c’est là ce que lui rappelle la pythonisse Sédécla , lorsqu’il la sollicite à viole es édits royaux. {Rois, liv. 1, c. XXVIII, f. 9. — Philon d’Alex., Biblic. Antiq., lib. 249, etc. — Joseph, Hist., lîv. YI, ch. xv, etc.)
losophes antichrétiens d’Alexandrie, Porphyre et Jamblique, et confirmant les paroles de l’archevêque Olaüs-Magiius , Père du concile de Trente :
Au promontoire de Nadhégryn, en Norvège, les démons se laissent publiquement voir (in aereo corpore, in præsentia cernuntur ab omnibus); et de semblables prodiges s’accomplissent en Écosse, ainsi que dans plusieurs autres régions. Mais, quant à moi personnellement , je m’abstiens de rapporter ce que j’ai vu de mes yeux, ce que j’ai touché de mes mains. L’étonnement que causeraient ces faits merveilleux pourrait me faire traiter de menteur par les incrédules. Sed, et ipso ego, quæ meis oculis vidi, et manibus tetigi, hoc loci referre nolo, ne ob rerum stupendarum admiratione, ab incredulis de mendacio argui contingal. {De occulta philos. Lugd., 4534, p. 354. Corn. Agrippa.)
LE MONDE MAGIQUE
Mais, parmi ces intermédiaires , dont la multitude est pittoresquement décrite quelques siècles plus tard par le plus savant des Pères de l’Eglise (saint Aug., Cité de Dieu, liv. X, c. xi), une des plus intéressantes est la servante de la ville de Philippes, que nous décrit l’évangéliste saint Luc. Et le mode de divination magnétique de cette femme est celui des lucides, des Voyantes ou des médium transcendants de nos jours. Aussi voyons-nous que « cette femme, animée par un Esprit de Python, procurait un bénéfice considérable à ses maîtres par ses divinations ». (Actes , c. xvi, V. 16.) Elle était d’une lucidité semblable à celle de la fille du grandjuge Edmonds. Or, que fit l’apôtre saint Paul? Il guérit en un clin d’œil cette Foyayite, et la 'purgea de toute sa science d’emprunt, en disant à l’Esprit qui l’illuminait : « Je le commande, au nom de Jésus-Christ, de sortir de cette fille. » (Id., f. 18.)
Dans son Traité sur les démons , Psellus entremêle au tissu d’une fort intéressante anecdote le récit d’un procédé tout artificiel et magnétique de faire , ou de sacrer un médium. L’initiateur, d’après les paroles de ce précepteur impérial , conduit le récipiendaire sur de hauts lieux (voir loca infesta), et, lui faisant prendre une certaine herbe, il lui crache au visage satis plus de façon ', afin de lui communiquer l’Esprit. A l’instant môme celui-ci devient Voyant! « 11 me sembla, dit-il un peu plus tard, qu’un corbeau m’entrait dans la bouche, ailes déployées; et, depuis ce moment, j’eus le don de divination sur toutes sortes de sujets , autant que le voulut V Esprit. » (Psellus, De dœmon., cap. QiLomodo occupent hominem.) Nous observerons que de nos jours, et en général, la qualité de médium ne paraît point s’acquérir graduellement, et par uiî acte de la volonté
1 Mode d’insufTlalion perfectionné! Psellus, précepteur de Michel Parapinace, fds de l’empereur Constantin Ducas.