CHAPITRE PREMIER
rélléchie, ou formellement expresse. On devient tout d’un coup médium y si peu qu’on se prête aux Esprits inspirateurs; et la cause des facultés nouvelles dont on est saisi ne peut longtemps échapper à celui dont elle s’empare. Mais on me permettra de citer, à titre d’échantillon de l’espèce, le célèbre Home présent à tant de souvenirs, et déjà passablement démonétisé vers la fin de sa mission. Ainsi doivent l’être, et le seront tantôt par une cause et tantôt par une autre, les instruments divers de Celui dont la grande affaire, selon le mot de Tertullien, que répète Bossuet, est à la fois de se montrer et de se cacher, de se faire affirmer, et de se faire nier, gagnant plus à la négation qu’à l’affirmation de son être.
M. Home est ce vivant prodige qui, s’éloignant, se détachant des États bigarrés de l’ Union américaine, était hier même un sujet de stupeur pour la sagace et intelligente Toscane.
Un document que je m’apprête à dépouiller est le narré de quelques exploits de cet illustre spiritiste. Écrit en langue italienne par un de ces hommes que la Providence aposté sur le passage de la vérité, sans y manquer jamais , il fut remis à M. le marquis de Mirville, qui me l’expédia d’Ilalie. Une raison donne un poids considérable à la parole de M. le comte Spada, ce témoin actif des faits qu’il a rédigés : C’est, à côté de l’affirmation des phénomènes où son rôle d’acteur est tracé , \ exquise incrédulité qu’il professe sur la nature des héros de ces faits; car M. le comte Spada repousse intrépidement toute intervention des Esprits! D’autres témoignages, revêtus du caractère d’un scepticisme semblable au
^ On écrit Homo cl l’on prononce Hume, — c’esl-ii-clirc en français Ilioume, on no sait pourquoi. — En 1857, je vis M. Homo à Paris; et, ‘pjpique nous ne nous nourrissions point du mémo Esprit, la mémo table nous vil partager, en fort excellente et distinguée compagnie, un même repas. Cette table fut sage, et nous laissa dîner sans tourner.
LE MONDE MAGIQUE
sien, ou marqués au sceau de la foi, fortifient ce môme document que le lecteur va juger au jour de ses propres lumières !
Ces papiers que je vous adresse, ami, m’écrivait alors de Florence M. de Mirville, «sont la relation des faits et gestes du médium Home, dont il est parlé dans tous les récits américains, et qui a si bien opéré à Florence. Vous 'pouvez relater tous ces faits tels qiiils vous sont envoyés. » [Lettre de M. de Mirville à M. des Mousseauæ, jiu 7 mai 1856. Florence.)
Donnez quelque vingt-deux ans à un passable jeune homme de moyenne taille, au visage encadré d’une blondine chevelure, et dont la terne physionomie s’éclaire assez pâlement de deux yeux bleus; vous pourrez alors, et d’une manière très-suffisamment exacte, vous représenter le célèbre M. Home. Telle fut, lorsque je le vis, mon appréciation personnelle; et. j’entre aussitôt après M’avoir énoncée dans le rôle de traducteur...
« Avant de rapporter, — nous dit M. le comte Spada, — ce que trois soirées me permirent d’observer à la villa Golombaje, je veux donner, sur la qualité de médium, les explications dont je suis redevable à la bouche môme de M. Home. » Ces explications d’un médium, parlant sous Vinfiuence de V Esprit qui l'inspire^ se rectifieront d’ellesmômesau fur et à mesure, grâce aux faits et aux documents que je réunis en ce chapitre, ou en ce livre.
« On doit à la nature d’ôtre médium * ; on ne le doit pas à l’art Un médium n’est pas non plus doué du plein pouvoir d’évoquer les Esprits! Mais voici de quelle façon les choses se passent :
1 Un medium lo e naturalamente , e non per arfe.
2 Psellus et l’expérience nous prouvent quelquefois le contraire. Mais la fausseté de cette seconde assertion n’altère p6int la vérité générale de la première. Voir ci-dessous.