‹ Les médiateurs et les moyens de la magieChapitre 9 sur 243 · RAISON ELLE-MÊME · texte numérisé non relu

RAISON ELLE-MÊME

C’est assez dire si les chapitres où s’étalent quelques-unes des variétés d’hallucinations qui travaillent et bouleversent les facultés de l’homme nous semblèrent une œuvre opportune. Les exemples dont nous avons semé ces pages seront d’une utilité d’autant plus universellement sentie qu’ils mettent en relief, de préférence, l’échantillon du mal hallucinatif qui s’attache aux sens et à l’intelligence du monde voué par état à la culture des sciences jirofanes.

Eh quoi! se récrieront quelques pusillanimes, mais iriezvous donc vous attaquer aux savants? Oseriez-vous? y pensez-vous? — Oui, certes, j’y pense, et qui le trouvera mauvais? Je n’attaque chez les savants que la partie malade, que

' La j)lii[)art des gens du monde scientifique qui tranchenl les questions de Surnaturel restent étrangers aux plus rudimentaires notions des sciences sacrées et pliilosophicpies. Chaque jour les en isole et les en sépare [)lus profondément. A quel crédit le savant a-t-il droit, lors- (pi’il tranche audacieusement du maître dans un milieu où son ignorance est superlative?

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le côté de l’ignorance. N’est-ce point là participer à leurs efforts, rendre hommage avec eux à la Science, et m’associer a ses progrès ?

— Ah! l’espèce est chatouilleuse, garde à vous! Ils ont, ils auront pour eux le public...

— Qui sait! Et pourquoi les craindre? En tout cas, je porte en mains les cinq cailloux que David, marchant contre Goliath, ramassa dans l’eau du torrent.

— Mais, faire voler vos cailloux ou tirer l’épée, c’est demander à périr par l’épée! Jésus-Christ le disait à saint Pierre, frappant Malchus.

— Mieux vaudrait donc, selon vous, mourir de la peste ? Faut-il l’avouer, non ; tel n’est point encore mon goût! El n’ayant ni le caractère ni la mission sacrée de saint Pierre, je me crois permis de militer, à l’exemple des croisés qu’animait la voix de saint Bernard. J’abats donc au besoin l’oreille de Malchus; Malchus est si provoquant quelquefois, et l’une de ses deux oreilles est si longue!

Vers ceux dont la gaucherie scientifique se forme sur ce type des serviteurs de la science pharisaïque , je laisse d’ailleurs se décocher d’elles-memes ces paroles de vérité profane :

Oui , « je vous suis garant Qu’un sot savant est sot plus qu’un sot ignorant ;

La sottise, dans l’un , se fait voir toute pure,

Et l’étude, dans l’autre, ajoute à la nature.

Et c’est mon sentiment, qu’en fait comme en propos,

La science est sujette à faire de grands sots.

Si les raisons manquaient , je suis sûr qu’en tous cas Les exemples fameux ne me manqueraient pas. »

(Molière, les Femmes savantes, acte IV, scène iii.)

Homme du monde, j’aime à m’élever contre la fausse science, ou contre la science faussée, dont les doctrines son! un des fléaux les plus destructeurs de Fesprit social, un des

vit

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maux les plus inaperçus de notre époque. Je pense que ce combat est facile s’il a ses dangers ,

Et que l’esprit du monde y vaut, sans flatterie,

Tout le savoir obscur de la pédanterie.

[Ibid.)

Je frappe donc; mais Dieu me préserve de diriger mes traits vers des savants qui ne soient que des sots ! C’est dire à mes adversaires de ne point s’offenser si je les distingue. Je tue ou je me fais tuer, c’est ma vocation; mais je n’insulte pas, et je suis souvent ce simple soldat qui, ne se proposant dans la bataille d’autre but qu’une tête couronnée , fondait religieusement toid son or pour couler la balle destinée à porter le plus haut possible ses respects et ses coups.

Oui, je frappe; car la charité, qui ne doit être ni quinteuse ni hargneuse, ne peut être, chez l’homme qui milite, ni patience ni douceur à outrance. Il ne lui appartient point d’être-bêtise; vérité trop méconnue de nos jours!... Présenter le fer au mal, pour le guérir; frapper l’individu pour défendre et servir le public qu’il attaque et désole, telle est la loi de la grande charité ! Celle-ci veut, comme la saine politique, que les minimes considérations ne tuent point les grandes. Elle défend à la morale publique, à celle qui tient le glaive des lois, de se laisser niaisement immoler aux exigences de la morale individuelle et bourgeoise.

Sous le règne du principe des majorités, cette vérité d’utilité publique devrait être banale, descendre aux rez-dechaussées des maisons, et courir les rues. A peine, au contraire, apparaît-ellé^dans le salon des gens dont la religion devrait être lumineuse et l’esprit doctoral.

Enfin, et puisque nos yeux se sont suffisamment arrêtés sur la population scientifique , et sur les hallucinations auxquelles l’assujettit sa faiblesse de tête ou de coeur, hâtonsnous de virer de bord ; tournons notre vue sur l’une des rami-

Mil

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fications les moins explorées et les plus importantes de la question magique. Et laquelle encore? Celle qui, se mêlant à quelques-unes des plus attachantes énigmes du domaine de la science médicale,, nous laisse pénétrer à la fois du regard la nature et le rôle du fantôme humain. Grande et singulière est en effet la place que l’erreur ou la vérité s’efforce d’assigner, dans tous les temps, à Yimaye vivante de l’homme, au spectre humain, à son essence, à ses facultés, à son jeu posthume, et, disons plus, à ses apparitions contemporaines de la vie du corps, cette gaine animée dans laquelle il plaît à quelques savants de le loger et de l’héberger.

Indifférents à ces deux grandes causes d’erreurs et de déceptions, certains lecteurs refuseraient-ils de se familiariser avec les nombreuses et incroyables étrangetés du mal hallucinatif? Ou bien, laisseraient-ils, avec dédain, fuir et s’échapper loin de leur vue les notions propres à fixer leur jugement sur les apparences ou les réalités du fantôme? Libres les dirons-nous, à coup sûr, et fort licite est leur apathie; pourvu que, prompts et modestes, leurs yeux se détournent dès que surgit le moindre phénomène, empreint du moindre semblant de Merveilleux. Sinon, inhabiles qu’ils seraient à démêler la présence ou l’action des Agents, des Médiateurs, et des Moyens de la Magie, nous les verrions s’égarer à chaque pas devant le reflet de fausses lumières, l’écho trompeur de voix railleuses, ou le jeu d’ombres perfides.

A plus forte raison ne sauraient-ils, avec honneur et sécurité, s aventurer au travers des gra^s phénomènes que disperse ou ramasse, au milieu des ténèbres de ce monde, la puissance magique, prononçant ici-bas son dernier mot. Étrangetés inouïes et maudites, météores incendiaires, spectacles ardents , au foyer desquels s’allume la fureur de savoir, de pouvoir et de jouir!

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Ayant suivi d’un œil tenace ces hauts phénomènes; les ayant observés dans leur cause, dans leur marche et leur but, j’ai laissé ma plume les isoler et les grouper dans des pages que le public me permettra, je l’espère, de placer entre ses mains dès qu’il aura pris congé du dernier chapitre de ce volume. Je me figure y avoir assez fortement préparé l’esprit du lecteur.

Les rayons d’un jour assez nouveau descendent et luisent sur leurs variétés bizarres, tandis que, les soumettant à l’analyse, je sépare les uns des autres les tissus et les éléments dissemblables dont se compose leur substance. Le Merveilleux sabbatique, sans s’y effacer ou s’y amoindrir, s’y révèle, non plus comme un épouvantail de la raison, mais comme un accompagnement et une conséquence naturelle de la complexité des choses de ce monde, et des irrégularités maladives de l’existence humaine. Ainsi le voyonsnous, de temps en temps, se mêler, de la manière la plus historique et la plus simple, aux actes de la vie publique des peuples, et de la vie secrète de certains hommes affreusement privilégiés... Mais attendons l’heure, assez prochaine, où mon plan se révélera de lui-même.

Cependant, devant les exemples, — et quelques-uns sont tout récents, — devant le seul nom de ces phénomènes, qu’il semble difficile encore de prononcer sans une certaine audace : la bilocation, la lycanthropie, l’incube, les sabbats, posons-nous une question préparatoire.

La croyance au Merveilleux, c’est-à-dire à certains rapports , que je m’abstiens de limiter, entre les Esprits invisibles et l’homme, doit-elle être un effort de notre raison? En est-elle, au contraire, un besoin, une nécessité?

Elle en est un impérieux besoin ! Quoi de plus simple a concevoir? et quelle vérité retentirait sur un ton plus ferme du haut de nos chaires professorales, si les hommes que

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l’Europe moderne appelle ses penseurs voulaient ou osaient donner le pas à la raison, que leurs écoles glorifient, sur le préjugé, que leurs bouches accablent de sarcasmes, mais que leurs mains couronnent. Écoutez :

En me développant, je me répète; mais telle redite vaut une découverte. Sans donc rappeler que la foi est le COMMENCEMENT DE TOUTE SCIENCE, bomons-nous à faire observer que l’un des plus fréquents rapports imaginables entre les règnes divers de la nature *, c’est le rapport d’assimilation. Et quel est donc ce rapport? Un mot l’exprime : il est celui par lequel un être en absorbe un autre, le fait entrer dans sa substance , le rend aussi semblable que possible à lui-même.

Recueillons-nous un instant, et, du fond de ses abîmes à son sommet, parcourons d’un coup d’œil l’univers. Mes paroles s’adresseront par choix aux catholiques ; mais il me suffirait de leur imprimer une modification légère pour que nul homme, s’il n’a le malheur intellectuel et moral d’être atteint d’athéisme, ne pût les repousser avec avantage; et je dirai :

Embrassant d’abord le règne des Esprits, si nous abaissons nos premiers regards sur les anges que la révolte a précipités dans d’invincibles ténèbres, ne voyons-nous point ces êtres de malice s’assimiler, avec une avidité de vampire, le règne spirituo-corporel, c’est-à-dire l’homme ou le règne animalhumain, qu’ils s’efforcent d’identifier à leur maladive corruption? Spectacle cruel et dégoûtant, dont le rapide effet est de repousser nos yeux vers le pôle opposé.

Voyez, voyez avec quelle sainte ardeur le règne angélique pur y attire l’homme et se l’assimile, empressé qu’il est de l’assimiler à l’esprit divin, auquel son bonheur est de s’assi-

I Règnes énumérés dans la préface de la Magie au dix-neuvième siècle.

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miler lui-môme ! Entre ces deux extrêmes du règne spirituel, que la tradition, l’expérience et la raison nous révélèrent, le règne animal, auquel l’homme appartient par son corps, s’assimile le règne végétal, et celui-ci le minéral. Quoi de plus élémentaire, et je dirai presque de moins connu?

C’est par ces échelons pourtant que l’animal, que le végétal, que la matière inorganique elle -meme, suivant leur fin légitime ou pervertie, descendent et plongent, avec la chair de l’homme formée de leur substance , au fond des abîmes infernaux, ou progressent, montent et s’élèvent jusqu’à Dieu, cette fois encore par le fait de l’homme, emporté dans le cours de la circulation divine par le corps de Jésus- Christ, son type, sa nourriture, son' intermédiaire, son toutpuissant médiateur.

Croire à ce merveilleux et incessant travail de notre monde, en voie de formation pour son éternité, c’est-à-dire admettre, entre les êtres visibles et invisibles de la création ', le double courant de ces rapports que, dans le langage vulgaire et lorsqu’ils tombent sous nos sens , nous appelons le Surnaturel, et qui déterminent notre aboutissement soit à l’Esprit de lumière et de vie qui nous créa, soit aux Esprits de mort qui nous attirent vers leurs ténèbres c’est donc croire, en définitive, à la loi de nature, à la loi de science et de raison la plus constante et la plus simple, sur laquelle l’observation puisse arrêter les yeux de l’homme.

Et , pourtant , cette croyance est à contre-sens de l’esprit du siècle, car elle suppose une foi ferme et lumineuse. Or, cette foi, qui nous l’inculque aujourd’hui? Qui facilite l’épanchement en nous de ce don , sans lequel les sciences pro-

^ Factorem cœli et lerræ, visibilium et invisibilium. — Credo de Nicée.

2 Ce qui constitue les forces centripètes et les forces centrifuges du monde spirituel , types des forces centrifuges et des forces centripètes du monde visible.

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lanes ne sont que lettres mortes ou tronquées? Quelle main verse en nos yeux cette umière, hors de laquelle ils ne peuvent saisir les harmonies qui, de tous les règnes et de tous les mondes formant le plus magnifique ensemble, laissent percer à nos yeux le mot du grand problème de l’univers? Est-ce l’éducation que le monde actuel nous impose? est-ce la tradition qu’il nous transmet?

Un père de famille, précepteur de ses propres enfants, parcourait avec moi quelques-uns des feuillets de nos Évangiles et du rituel, où l’Église décrit le commerce sensible et

redoutable qui, de temps en temps, ici-bas, éclate entre le monde des Esprits et l’espèce humaine. Assez ému de cette lecture : La doctrine que vous tirez de ces pages, me ditil , n’est point article de foi ! Vous ne me l’imposerez pas, je l’espère; vous ne voudrez point que, sous peine de risquer mon âme, je la professe aussi vertement que mon CreHn!

O le digne homme! imposer? rien n’est moins que cela mon affaire et mon genre! Et quant à l’Église, elle n’a, que je sache, ni défini ni limité d’une voix impérative le degré de croyance où doit, en pareille matière, se fixer notre foi. iViais regarder de haut en bas les textes où l’Église parle un langage si clair, tourner le dos à ce quelle croit et pratique, le tenir pour symbole ou pour néant, et ne compromettre ni son bon sens ni son avenir d’outre-tombe, oh! vraiment, voilà qui semble difficile! Ma parole n’est point théologie; mais cette croyance est de tous les temps, de tous les cultes, et, dans la marche du catholicisme, vous la rencontrez à toutes les étapes aussi arrêtée qu’invariable. Ce rituel antique, réimprimé d’hier, et ces Évangiles,- vous le disent; car rien n’a vieilli dans ces livres. L’usage n’y change et n’y changera jamais un mot. Ce qu’ils vous offrent à croire, pourquoi donc, s’il vous plaît, hésiter à en fortifier votre foi? pourquoi craindre de l’inculquer à vos enfants?

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— A mes enfants! y songez-vous? A mes enfants! môlés qu’ils sont à l’essaim de la jeunesse savante? à mes enfants, habitués aux raisonnements de la science? à mes enfants qui deviennent des hommes! Trop donner à croire, c’est lasser la foi. Non; qui demande avec excès blesse, et cesse d’obtenir.

O faiblesse navrante et ménagements cruels de ceux qui , sous prétexte de ne révolter point la raison, la détournent des sources où tant de siècles la virent, buvant la santé, puiser une sève invincible. Et d’où ce travers, d’où cette infirmité mentale, sinon d’une éducation vicieuse, faussée, lâche peut-être dans ses complaisances, et déteignant des aïeux sur leur postérité ?

A nous de lutter contre ce détestable courant; à nous de chercher le progrès en portant notre attention sur les paroles que jetait un prophète à l’adresse môme du Merveilleux, et que répète à notre profit l’évangéliste saint Jean.

Quoique Jésus « eût fait tant de miracles » devant le peuple élu, devenu le peuple réprouvé, « ils ne croyaient point en lui ». Mais leur incrédulité avait toute la bonne foi de la fausse conscience. « il ne leur était point possible de croire. » En effet. Dieu, selon le langage d’Isaïe, avait « aveuglé leurs yeux », ces yeux si clairvoyants pour tant de minuties ou de merveilles naturelles qui échappent à la vue du vulgaire. Dieu avait « endurci leur cœur, afin qu’ils ne pussent ni voir des yeux ni comprendre du cœur. Car, si, voyant et comprenant, ils se tournaient vers moi, j’aurais à les guérir », disait le Seigneur *.

Mieux donc vaut nous rendre sains et forts; mieux vaut prévenir en nous ce mal hébétant de l’incrédulité que d’avoir

‘ Non poterant credere, etc. (Évang. de saint Jean, ch. xii, <t. 37, 41.) — Lire un des chefs-d’œuvre de Bourdaloue, son Discours sur la fausse conscience.

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à le guérir; quel qu’en soit le degré, la cure en est si difficile et si rare! Une minute encore, écoutons :

L’absence du mouvement énerve nos membres et les atrophie; qui veut les fortifier les exerce; quelle vérité plus banale! Et, cependant, s’agit-il de nous élever pour les épreuves de la vie? voyez : ce que l’homme qui se croit sage, s’il a charge de former et de gouverner notre jeunesse, redoute le plus, c’est de généreusement exercer notre foi, c’est de lui donner du mouvement, c’est de la monter au niveau des pleines croyances de l’Église, lors même qu’à ses yeux l’Église est le régulateur de nos croyances*. Le conseil que sa prudence lui dicte, c’est de n’exposer à aucun prix l’avenir de ses élèves aux dédains de l’opinion et aux risées du monde. Voulez-vous donc que, sans rien passer au crible de ce que croyaient les apôtres et les évangélistes, les Pères de l’Église et ses conciles, ses saints et les canonisateurs de ses saints, il les exerce à le croire? Oh! non; ce serait trop exiger de son catholicisme, et fermer devant ses

pas la voie de tout progrès Il n’aura sur les lèvres, si vous

le pressez, que ces deux mots, devenus une banalité : l’essentiel suffit !

L’essentiel ! j’avoue ne le point connaître et je n’ai guère envie de le jauger. Mais je me suis dit : S’il s’agissait de nous faire vivre, non point de la vie du moribond , mais de la vie de l’homme sain et robuste, appellerait-on l’essentiel ce qui ne suffirait que tout juste à nous empêcher de mourir? Que dirions-nous donc du médecin qui, dans son zèle à développer les forces et les ressources vitales de nos enfants, ne leur prescrirait pour régime que des viandes de valétudinaire, ou des cuillerées de bouillon bien comptées? Excellent

1 Distinguons entre les croyances qu’il est clair et historique que l’Eglise adopte ou protège, et celtes qu’elle nous impose à titre de dogmes ; je ne parle ici que des premières.

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et bien sage moyen, pourtant, de ne leur point surcharger l’estomac !

Innombrables et religieux imitateurs de ce prudent médecin, ah! que votre sagesse à doser la foi de vos élèves est admirable ! Mais aussi que le résultat de vos soins témoigne des grandeurs de votre intelligence !

Un résultat contraire est celui que poursuivent mes pages, et j’ai demandé beaucoup à la foi de mes lecteurs sans que, jusqu’ici, les hauts ministres de l’Église qui daignèrent, après les avoir lues, y applaudir, se soient écriés: C’est trop! — J’ai demandébeaucoup à la foi, sans que la science profane, qui ne sut manier le livre de mon ami M. le marquis de Mirville ou le mien sans colère ou sans stupeur, ait pu trouver un mot ^ pour détruire ce que nous osions avancer et soutenir contre ses prétentions modernes, animés que nous étions, dès avant le jour de notre connaissance et de notre amitié, du ferme désir et de la certitude de la pousser à de merveilleux progrès.

Et le plus magnifique de ces progrès, ce sera la réconciliation, l’accord de la science et de la foi; accord indispensable à la santé de l’intelligence humaine; accord sans lequel les plus vantés concerts de la science ne sont que des harmonies incomplètes ou criardes, que de provoquantes ou prétentieuses cacophonies !

^ Jusqu’à nos publications de 1863. Même confiance m’anime pour celles-ci.

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