‹ Les médiateurs et les moyens de la magieChapitre 107 sur 243 · CHAPITRE NEUVIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE NEUVIÈME

néant. Mais que, si quelque violent embarras se déclare, halte-là! silence! et, soudain, l’œil à double fond de nos doctes dénégateurs se retourne , ce même magnétisme devient quelque chose; ét non point atome ou ciron , mais Léviathan! Le voilà proclamé, début en blanc, source artésienne de toute force latente! Et nos académiques incrédules de quêter aussitôt l’admiration publique en faveur de cette longanime puissance qui dormit d’un si prodigieux sommeil, et qui, pendant le cours de quelques siècles, ht si merveilleusement la morte dans nos veines , sans y trahir par le moindre signe d’impatience ou de vie ses explosions méditées, dont le bruit trouble et agite le monde. En un mot, si, refusant de croire ce que nos docteurs affirmaient hier, nous nous rendons humblement à l’affirmation contraire, celle qui part de leur bouche aujourd’hui, le magnétisme répond à tout! Il est la raison d’être parfaitement naturelle, il est la clef de tous les phénomènes que les deux grandes écoles du catholicisme et de la magie attribuent si ridiculement ^ux agents spirituels du Merveilleux. Il est le passe-partout des serrures les plus réfractaires de la science; il est le 61 d’Ariane de tous les dédales scientihques.

Prenant la parole à notre tour, et résumant cette page, nous redirons le mot vrai , car le temps presse : Chez les savants de parti pris, le magnétisme n’est point cette force spirituelle ou ce Protée que nous savons. Qu’est-il donc? Il est un mannequin à hgure de Janus. L’une de ses bouches nous crie : Néant! je suis fantôme; l’autre : Naturel je suis toute puissance. Et chacune se tourne vers nous, selon les besoins de la cause : la première niant à outrance son propre pouvoir; la seconde dépensant à l’exagérer les incommensurables trésors de l’hyperbole.

J’ai vu, bien vu, mais qui n’a vu comme moi ce miracle? Qui ne fut témoin, d’abord, de l’Ijallucinalioti négative de

LE MONDE MAGIQUE

tant de docteurs? Et qui ne le fut, un peu plus tard, non point de la guérison si désirable de çe mal hallucinatif, mais de son changement de front, de son revirement si subit et si prestigieux ? C’est-à-dire, qui ne vit tout à coup succéder à l’inflexible manie de dénégation de ces savants, leur maniaque affirmation d’un principe naturel, source de tous prodiges!

Résolus que nous étions de mettre un terme à ces contradictions grotesques et lamentables , nous nous sommes demandé ce que c’est en soi que le magnétisme, et non point ce que les hallucinés de la science le disent être , selon le vent des saisons.

ISous le savons, et nous tenons à le répéter avec un homme rempli de science et de sens, M. le d^ Brownson. « Un grand nombre de phénomènes attribués par le vulgaire à l’invasion satanique, se doivent expliquer par le développement anormal, » c’est-à-dire irrégulier ou maladif de notre cohstitution ; et « nous ignorons les limites de ce développement. Nous devons, en conséquence, ne pas être trop prompts à supposer l’invasion directe du diable, pour expliquer tel ou tel phénomène. » Le magnétisme, lorsqu’il se borne au déplacement ou à la concentration de quelqu’une de nos forces naturelles, peut donc être quelque chose de réel, et qui, dans la mesquine proportion de ces forces j exerce une action sensible. Mais alors même que ces phénomènes magnétiques « se peuvent expliquer par des principes naturels, on aurait tort de croire que la pratique en soit légitime et sans danger. » Cette pratique, en effet, développe « une maladie artificielle, funeste à la constitution du corps, et favorise l’wîrflsion satanique. Car, selon la règle générale^ Satan n’est laissé libre d’envahir nos corps que lorsqu’il les trouve hors de leur état régulier. — Sa puissance s’exerce alors à l’aide d’une force naturelle qui peut être un fluide, un agent invisible et impondérable tel que l’électricité, tel encore que ce

Page 1