‹ Les médiateurs et les moyens de la magieChapitre 108 sur 243 · CHAPITRE NEUVIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE NEUVIÈME

qu’il plaît au baron de Reiclienbach d’appeler l’od, ou ce que les magnétiseurs anciens appelaient l’esprit du monde K L’usage du magnétisme met enjeu cette force, et fraie ainsi la voie au démon, nous exposant à ses invasions. » 11 est donc raisonnable de le proscrire^.

Et les docteurs hallucinés de nos facultés diront tour à tour le magnétisme ou néant ou force incalculable de nature? — Non, rien de tel! et, dès qu’il s’élève au niveau des phéno= mènes que la science Ihéologique déclare surnaturels, il est magie. La froide expérience le constate, et notre parole est ici d’accord avec l’autorité des hommes les moins portés à verser le discrédit sur cet art : avec ses admirateurs, avec ses grands maîtres, avec ses primats et ses potentats, avec les Dupotet, et les Teste..., etc., etc...^.

Longtemps nous nous étions penchés vers une opinion moins extrême. Car, jusqu’à ce que nos yeux se fussent dessillés au jour de l’évidence et rendus à l’énormité des faits, nous inclinions à ne voir dans le magnétisme le plus élevé qu’une faculté naturelle de nos personnes, un don mystérieux, vide par lui-même de toute vertu morale, ainsi que le sont les sciences profanes; et, comme elles, — selon l’impulsion que leur imprime une volonté bonne ou mauvaise, — augmentant avec une égale indifférence les forces de l’homme lancé dans la carrière du bien ou dans les voies du mal. Mais il nous a révélé ses caractères spirituels, et nous l’avons aussitôt dévoilé; les faits parlaient plus haut que

‘ EtRogers : The mundanc force. Lire : Philosophy ofinysterious agents.

2 Dr Brownson, l’Esprit frappeur, scènes du monde invisible (conclusion, premières pages) ; ouvrage plein de science et de faits, piquant, attachant, utile, et d’un admirable esprit. C’est un diamant de belle eau. Nous reprocherons cependant àce livre si précieux, quelques aj)précialions politifiues incomplètes et injustes.

^ Voirie livre la Magie au dix-neuvième siecle, où le magnétisme, que les catholiques ne j)euvcnt troy) s’attacher à bien coniiaitre, est déchidré, analysé, dévoilé, séy)aré de tout ce (yu’il a de .vague et de décevant.

LE MONDE MAGIQUE

nous-memc. Quant à l’hallucination de nos docteurs à l’endroit de la réalité du magnétisme d’abord, puis ensuite ù l’endroit de la qualité spirituelle et merveilleuse de ces phénomènes, elle va de pair, et il importe à chacun de nous de s’en assurer, avec l’hallucination delà Consulte médicale des États sardes. En effet, ces savants de même école, infectés du môme mal, et comme s’ils prenaient plaisir à se donner en spectacle, se jettent en aveugles sur les mômes écueils, s’y font battre et briser sous nos yeux par chaque vague qui passe, et boivent ridiculement à la face du public l’onde amère des déceptions scientifiques, plutôt que de lutter avec quelque courage contre le souffle glacial et désolant de l’incrédulité, plutôt que de se roidir avec la sainte énergie des hommes de progrès et de liberté contre l’esprit tyrannique « delà science moderne, qui se passe du Merveilleux. » {Voir 'plus bas.) Désolante et maniaque abstention, qui prive le monde des lumières précieuses que des siècles de traditions avaient accumulées et condensées , au profit de la science profane, sous l’empire bienfaisant de la théologie et de )a raison humaine, voguant et commerçant de conserve. . * • ,

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