‹ Les médiateurs et les moyens de la magieChapitre 12 sur 243 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

(( Autour de chacun de nous, voltigent sans cesse des mullitudes d’étres spirituels. Ce sont les âmes de ceux qui nous furent chers. Elles s’efforcent d’entrer en communication avec, nous; cependant elles n’en possèdent nullement la faculté naturelle. Mais elles devront à la présence d’un médium d’entrer en relations avec les êtres qu’elles continuent de chérir. Ainsi naissent ces manifestations, qui sont le langage. dont les Esprits se plaisent à user ! »

La condition la plus favorable à l’éclosion de ces phénomènes, lorsque les Esprits s’y sentent inclinés, consiste dans l’établissement de rapports entre les personnes présentes et \e 7ïiédium. « Or, une seule chose y suffit, continue de nous affirmer M. Home, à la date de 1856 : c’est de placer les mains à côté des siennes , et pendant un laps de quelques minutes, sur le premier meuble venu. Cela fait, attendez; car les Esprits ne sont pas toujours là ! Silence ! un moment de silence... puis, reprenez vos causeries, comme s’il n’était question de rien au monde. Les Esprits, lorsqu’ils arrivent, savent annoncer leur présence! »

« Et, de fait, au bout de quelque temps, vous sentez que le sol oscille. L’oscillation croît par degrés : elle devient très-forte. Un bruit sourd , cuj)Oy l’accompagne, semblable au bruit du navire qui laisse tomber sa vapeur en entrant au port. Tous les objets que renferme l’appartement cèdent alors à la violence du mouvement. Les lumières chancellent, vous chancelez vous-mêmes sur vos sièges; et, pourtant, les llambleaux ne se renversent point. Cette sorte de tremblement de terre dure quelques minutes, et se calme. — Estelle une hallucination spiritiste , ou non?... Rien ne nous semble plus probable. — C’est le moment où, par un souffle (flacialy les Esprits vous donnent le signal de leur présence*. Cette glaciale haleine, s’exerçant à longues ‘ Ces récits inédits, et parfaitement inconnus des Parisiens, concor-

LE MONDE MAGIQUE

rojirises, caresse vos joues ou vos mains , en môme temps que des bouts de doigt invisibles palpent légèrement diverses parties de votre corps. Bientôt après, il semble qu’une main vous serre mollement le genou, l’épaule, le col,... » ou d’autres parties du corps; aussi plus tard quelques grandes dames fortement surprises eurent-elles devant leur public des cris terribles... « Puis, la table se soulève obliquement, à diverses reprises, mais sans laisser choir les (lambeaux; et le concert habituel des coups, ou des rajojnncjs {scoppietti)^ commence à se faire ouïr. »

...Mais je me rappelle à propos de ces attouchements ce que nous explique Leloyer : « Et que vrayment les démons se forment leurs corps de vapeurs terrestres, . . . il appert par l’attouchement d’iceux corps, qui sont froids démesurément et néanmoins molissent et cèdent sous la main, comme ferait du coton, ou une boule de neige pressée sous la main de l’enfant. Ce que Cardan dit avoir esprouvé par un sien aray qui coucha une nuict dans une certaine chambre où hantoient des follets , et sentit comme une main froide, et toutefois molle comme du coton, qui passa par-dessus son visage et son col, et voulut lui ouvrir la bouche. » (Xe-v

dent merveilleusement avec ceux des nombreuses personnes qui assistèrent à Paris aux séances très-multipliées données en diverses maisons par M. Home. C’e.st, à coup sûr, une preuve remarquable de la vérité de ces faits! Ces souffles caractéristiques, soffii gelati, sont aussi le cool wind qui revient sans cesse avec le fantôme, dans la prison de Weinsberg, en 1835, et qui impressionne tous les témoins. Hist. d’Elisabeth Eslinger^ dans mon livre la Magie au dix-neuvième siècle, cil. XVI.

Lire sur M. Home l’intéressante brochure : Dunglass Home et le spiritualisme américain, souvenirs contemporains, par M. le comte Théobald Walsb. Paris, imprim. de .1. Claye, 1858.

M. Walsh ne mit pas en vente cet écrit, qu’il ne communiqua qu’à ses amis et connaissances. 11 eut la gracieuse obligeance de me le transmettre, et d’y ajouter de vive voix d’importants détails. Je connais presque tous les personnages qu’il y nomme ou qu’il y indique, et mon témoignage pourrait souvent s’ajouter à ceux qu’il énonce.

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