‹ Les médiateurs et les moyens de la magieChapitre 110 sur 243 · CHAPITRE DIXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DIXIÈME

i ‘Socrate, Brutus, Orestc, Julien l’Apostat avaient élé les I jouets des démons ; que les diables agitaient autrefois tes I pythonisses sur leurs trépieds, qu’ils parlaient par leur bouche! etc., etc. » P. lii , ibid.

Aujourd’hui, a les vrais fidèles, et la partie du clergé réputée sage » par M. le D’’ Calmeil (P. JOO), voient enfin les choses sous un tout autre aspect, lorsque, faisant le pèlerinage de Charenton , ils y empruntent les yeux de M. le imédecin des aliénés de cet établissement, grand juge des cas de folie et d’hallucination. Répétant alors les paroles du imaîlre, ils se dressent de toute leur hauteur et nous disent : « On lit dans la Genèse, que des anges annoncèrent à Loth la ruine de Sodome: que Jacob eut à soutenir une 'lutte contre un personnage angélique; qu’un ange fit enten- <dre à Balaam certaines menaces, qu’un démon déguisé en «serpent fit déchoir la première femme de son innocence. )) (P. 92, ihid.) On lit qu Abraham et Loth n’avaient pas

'Seulement entendu la voix des êtres surnaturels qui leur

annonçaient la naissance d’Isaac et l’embrasement des cités corrompues ’ ; mais qu’ils avaient pu contempler à loisir les traits des émissaires de Dieu, et les voir satisfaire comme des hommes au besoin de prendre des aliments. On lit que l’ange Gabriel, » {la Bible le nomme Raphaël 1)^ « qui se

chargea de conduire le jeune Tobie à Ecbatane olîrait

les traits d’un bel adolescent {ib., p. 94), et que son compagnon avait eu tout le temps de les comtempler pendant ce long et périlleux voyage. »

On lit encore que « l’Esprit qui apparut aux saintes femmes, et qui leur apprit la résurrection du Christ, portait une tunique blanche ^ et que son visage brillait comme l’éclair. » {Ibid., p. 94.) On entend enfin, « à tout bout de champ, les apôtres du Sauveur parler des messagers de

‘ Ces deux prédiclions qui sc réalisèrent à point nommé 1

LE MONDE MACHQUE.

Dieu, et des bons offices qu’ils en reçoivent; un ange les lire de prison après la naort du Christ, et leur intime l’ordre de répandre la doctrine de leur Maître (P. 9!2 , ih.)

« Le messager céleste qui ordonne à saint Pierre de se lever, qui fait tomber ses chaînes, et qui le conduit à travers les gardes , — les portes de fer roulant spontanément sur leurs gonds pour le laisser passer , — annonce sa présence par une traînée lumineuse. » (P. 94, ih.) En un mot, « le nombre de faits particuliers qui peuvent sembler propres à démontrer ou à confirmer l’existence des essences spirituelles , et dont le récit se trouve rapporté par les bis- ' toriens les plus graves y ou consigné dans les écrits des Pères, dans les légendes des saints martyrs et des solitaires, dans les chroniques des abbayes et des monastères, est presque effrayant pour l’imagination! » (P. 95.)

C’est pourquoi notre école « a cru faire preuve et une HAUTE SUPÉRIORITÉ d^’esprit eii affirmant que tous ces récits de visions et d’apparitions avaient été inventés à plaisir y et qu’ils ne méritaient que la pitié et le mépris des Vrais philosophes. Il est positif que l’étude de l’homme malade fait passer journellement sous les yeux des faits tout à fait analogues à ceux que l’on raconte des visionnaires de . l’antiquité, et il n’y a pas de convictions plus franches que } celles des visionnaires. » (P. 95.) |

Telles sont, en effet, celles du très -honorable D' Cal- t meil , qui voit et décrit le néant , là même où foisonne la J réalité 1 Avec quel aplomb sa plume ne nous a-t-elle pas 1 dépeint son mal , son état de visionnaire , cette idée fixe qui f consiste , partout où l’histoire revêtue de son caractère | authentique s’offre à ses regards avec le sceau du Merveil- j leux , à ne reconnaître en elle que le^ visage et les draperies ■ ' de la fable. A ses yeux, les vrais fideles, et la portion du ■ clergé réputée sage., les hommes doués d’une vue saine,

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