‹ Les médiateurs et les moyens de la magieChapitre 115 sur 243 · CHAPITRE ONZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE ONZIÈME

fijasner et ses prodiges.. — Hallucination médicale, très-différente de celle de M. le D"" Calmeil, et des médecins de la Consulte sarde. — Mot de MM. les docteurs Cogevina et Orioli, ce dernier, membre correspondant de l’Institut. — Bénédce final.

Oh! j’aime, pour ma part, les savants, les vrais savants, pît je soupçonne même ma prédilection de s’attacher à ceux fjjui professent la science curative; mais à la condition qu’é- :fchappant à la contagion du mal hallucinatif, ils s’élèvent aujlessus du simple vétérinaire, et que, respectueuse devant le monde spirituel qui m’enveloppe, qui m’attaque ou me protège, leur doctrine ne m’avilisse point en tuant mon âme, distincte de toute matière et immortelle !

L’incrédulité opiniâtre, voilà, nous disent MM. les docteurs 'Cogevina et Orioli, voilà la profession de foi de notre ‘époque" ! Et telle est, par exemple, celle du savant D'’ Littré, Ile l’Institut, qui me dispute jusqu’à mon âme, me condam- Jiant à ne voir en lui et en moi que des bêtes ! Comme si ü’abrutir était une gloire, et qu’il y eût devoir de consciençe H ne reconnaître dans l’homme que le plus adroit et le plus v)olicé des animaux, le singe ou le castor le plus parfait ! Que tes docteurs dont le système est de nier l’âme, ou le monde lies Esprits et son action sur le nôtre, me permettent donc iiune nouvelle tentative^ dans le but de guérir et de dessiller

* Voir à la fin du volume, une note sur les phénomènes de Morzine, etc. ^ « L’ostinata incredulità, che il nostro tempo ha scelto per suo atto li fede. » — Fatti relat. a Alcsinerismo, e cure iiiesmericho. Corfu, H 842, p. 89.

LE MONDE MAGIQUE

leurs yeux faussés par la plus vicieuse des éducations. Ce succès ne me semble point impossible devant les actes de Gasner, étudiés, contrôlés au fur et ô mesure de leur éclosion par une foule de leurs doctes et déliants confrères, et remis une fois encore sous leurs yeux.

Les vérités de circonstance que nous forgent les régulateurs de la science moderne se décrètent académiquement avec un sans façon de magnifique ampleur; aussi ne se produit-il plus guère, d’un bout à l’autre de l’Europe, que des savants académiques. J’appelle de ce nom des érudits doués d’un talent souvent admirable, mais élevés à redouter toute idée que ne légalise pas le coin de l’école, et qui, dénués de force d’âme et de ressort, s’inféodent avec une docilité servile à l’opinion dominante. Pour ces timides et faiLV champions du libre eæamen, il est de dogme que tout dogme ou fait religieux frappé au sceau du surnaturel doit disparaître de la scène au bruit des sifflets ; ou, s’il est l’objet de quelque tolérance, n’être envisagé par l’homme raisonnable qu’à titre de puéril et de vain trompe-l’œil. Au-dessus des vérités de cette école, achevons de placer celles qui les écrasent L

Le saint prêtre Gasner occupait la cure de Closter, située dans le diocèse de Coire. Il résolut, en lv52, après s’être guéri lui-même au nom de Jésus-Christ d’une véritable obsession, de consacrer le reste de sa vie à la guérison de son prochain. Sa réputation se répandit au loin, et ce fut avec la rapidité de la flèche qui vole. Aussi, bientôt se vit-il réduit à quitter sa paroisse, devenue trop étroite pour la prodigieuse affluence des malades qui le recherchaient. Il se fixa d’abord à Elwangen, puis à Ratisbonne, sur l’invitation du prince évêque; et l’un des premiers soins de ce prélat

‘ Lire, pour complète justification de cet exposé, les articles du Journal des Débats, des 5, 7 et 1 1 mai 1 861 , sur riiistoire du merveilleux, et les ouvrages de MM. Maury et Figuier.

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