‹ Les médiateurs et les moyens de la magieChapitre 117 sur 243 · CHAPITRE ONZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE ONZIÈME

que les miracles deGasner ne peuvent être attribués à Dieu. Ils en sont indignes! — Indignes du dieu des savants de I l’époque, soit; mais seraient-ils le produit du charlatanisme let de la jonglerie? Écoutons les propres, paroles de de Haën : « Si tous les malades de Gasner habitaient dans son voisiinage, s’ils vivaient avec lui et s’ils étaient en petit nombre, (on pourrait soupçonner quelque chose de semblable. Mais, <quand on voit venir à lui des centaines de malades avec lesquels il n’a jamais eu et n’a jamais pu avoir aucun commerce, ides centaines de personnes de toutes les y^eligions, candides, ïsincères, éloignées de toute fraude; des malades si. nom- Ibreux que leur nombre excède quelques milliers, personne, ià moins d'être fou, ne peut admettre une subornation paireille : Nemo sanœ mentis. »

« Quant à l’imagination, elle expliquerait assez bien tous

• ces faits » — à ceux qui cherchent à se débarrasser de tout (cequi gêne leur système d’incroyance, — « s’il s’agissait d’un [petit nombre de malades, traités encore pendant plusieurs années. Mais il ne s’agit ici ni d’un homme ni d’un autre; il ss’agit de myriades d’hommes ' ; non pas de jeunes filles I très-nerveuses, mais de paysans fort rustiques, d’ouvriers j ide forgerons, de bûcherons, dont l’imagination est tout à ffait endormie; bien plus, de gens très-âgés et aliénés, sur desquels il produit des effets stupéfiants sans les toucher, en ijeur parlant d’un voix faible et douce, plutôt qu’avec une 'voix effrayante et sonore, » — telle que, par exemple, est la 'voix du magnétiste Regazzoni.

« Chez ces malades, non pas à sa volonté, mais à celle

• des médecins assistants, il change l’état du pouls, le ralentit,

1 l’accélère, » et sans le toucher!... La cause agissante '« serait-elle le changement d’air, le voyage? Cela s’est vu

^ Voyez comme le nombre augmente, à mesure que les yeux, tels quels, sont forcés de s’arrêter en face des faits!

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souvent; mais Ici ces malades, misérables à la maison, misérables en voyage, sont déposés misérables aux pieds de Gasner, et il les renvoie guéris. »

« Donc, en supposant que quelques-uns ont été guéris parle changement d’air et le voyage, quelques autres par le magnétisme et les sciences occultes , qui cependant nont jatnais rien produit de semblable aux prodiges de Gasner; en supposant quelques, autres guéris par l’impression de gestes terrifiants, d’autres enfin quelque connivence avec les malades *, on dira peut-être que tout cela fait un certain nombre. .. et l’argument mérite quelque attention. Mais, si ceux qui voient en Gasner un thaumaturge ne voulaient en tenir *aucun compte, et s’ils persistaient à soutenir que ces cures, que l’on ne peut nier, n’ont été nullement opérées à l’aide de moyens humains et naturels, que, meme, de tels miracles dépassent la vertu d'un sim^

pie exorciste nous répéterions que , puisque ces choses

n’ont été accomplies ni par la nature, ni par le doigt de Dieu , comme les panégyristes de Gasner le proclament , ils nous forcent à dire que ces prodiges sont de véritables œuvres du démon. »

«Quels aveux, quelle conclusion, et quelle rouerie! » ajoute mon honorable ami M. le marquis de Mirville , à qui j’emprunte ce morceau. [Notes de la troisième édition des Esprits, p. 474.)

Ainsi donc, le prêtre catholique Gasner est en communion avec ses supérieurs ecclésiastiques; il est protégé par les évêques et défendu par le pape lui-même contre deux , prélats qui méconnaissent l’esprit dont il est animé , il opère des merveilles salutaires au corps et à l’ûme de ses semblables ; merveilles auxquelles, sans être insensé, ne?no

1 Vous disiez tout à l’heure qu’il fallait être fou, pour croire à une connivence.

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