‹ Les médiateurs et les moyens de la magieChapitre 120 sur 243 · CHAPITRE DOUZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DOUZIÈME

HallUcmiUions fabuleuses! — Les grenades et la compagnie de grenadiers de Gédéon. — Découvertes de M. Eusèbe Salverte et deM. le doctpur Littré, de l’Institut. — Comment ces grenades font sauter, à la distance de quarante-cinq mille, les murs de Jéricho détruits depuis deux cent cinquante-six ans. — Explosion des mines de Moïse remettant en place chaque grain du sol qu’elles font voler en fair. — Feu d’artifice savant et docile, paissant Israël comme le mouton paît l’herbe des champs. — Opération chimique par laquelle le prophète Élie fait descendre le feu du ciel. — L’hallucination de nos savants est semblable à celle de l’armée entière des Syriens, dont les yeux sont frappés, à la parole du prophète Élisée.

A litre de nouvel et bien curieux exemple de ce trompeur et violent état des yeux de l’intelligence chez les savants que tourmente un préjugé d’école ou d’amphithéâtre, empressons-nous de présenter au lecteur l’un des plus étonnants et populaires lauréats de l’incrédulité, M. Salverte. ÎNous le doublerons aussitôt de l’un des maîtres les plus renommés de notre Institut, M. le Littré. Le choix est heureux; car nuis n’osèrent lutter, au nom de la science,

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LE MONDE MAGIQUE.'

avec une vaillance d’audace si déterminée, contre les miracles les plus éclatants qui se soient échappés , au nom de Dieu , de la main des plus hauts thaumaturges bibliques.

C’est en renversant à terre nos livres sacrés, pour substituer à ces absurdes vieilleries le Traité des sciences occultes * , que ces deux savants viennent s’oiïrir à nos regards, humides de reconnaissance! Dans les bouches franchement antichrétiennes, ce livre redoutable eut d’abord un magnitique et sonore retentissement. Nos échos en résonnent encore! et le docte académicien Littré, s’éver-

tuant à ranimer leur voix éteinte, en répète, en prolonge les éclats à la fois bruyants et lumineux : tels sont ceux des . grands météores.

Mais abaissons-nous, et descendons des hauteurs que sillonnent la foudre et les éclairs du grand style. Énonçons en quelques lignes modestes que M. le D'' Littré couronna l’œuvre posthume de M. Salverte des hardiesses d’une préface, dont les feuilles le décorent et le protègent de leur académique ombrage. Et gardons-nous de nous étonner des emportements de ce courageux ami contre toute lueur, tout fantôme de ces êtres spirituels que l’œil ne peut voir, ni la main toucher. Car, l’âme humaine elle-même, malgré les témoignages de spiritualité qu’elle puise en sa propre pensée, n’est aux yeux de l’illustre académicien qu’un ensemble de fonctions cérébrales et sensitives. Pour cet éminent praticien, la réalité cesse d’être au delà des limites qui bornent ses sens! 11 ne sera donc ni sans intérêt, ni sans profit, de mesurer d’un coup d’œil les explications les plus fortes que les savants antispiritualistes du dix-neuvième siècle ajustent aux phénomènes salués par l’immense majo-

1 Par M. Eusèbe Salverte, ancien représentant, du libéralisme, 3« édition , précédé d’une introduction de M. E. Littré, de l’Institut. — Paris, 1856.

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