CHAPITRE DOUZIÈME
rite des siècles et des savants de tout ordre , sous le titre de Merveilleux !
Les deux têtes de MM. Salverte et Littré, doublées l’une de l’autre, -se sont unies pour ne plus former qu’une unique puissance, prodige de fusion, et vrai chef-d’œuvre d’harmonie ! Le mal hallucinatif qui se développe dans certaines organisations, en présence de faits merveilleux, aura-t-il atteint et fasciné l’organe visuel de ces deux chefs unifiés? Suffira-t-il à leurs regards de s’arrêter sur un fait, pour qu’aussitôt s’en évapore ou s’y transforme le Merveilleux le plus fortement accusé? Dans un instant, le lecteur voudra bien lui-même résoudre pour nous ces questions.
La Bible s’ouvre, et voyez : Gédéon marche contre la puissante armée de Madian. Mais il déplaît à Dieu qu’aux yeux de son peuple la victoire semble dépendre du nombre et de la force des armes. Le chef qu’il s’est choisi reçoit donc l’ordre de n’attaquer l’ennemi qu’à la tête d’une troupe de trois cents hommes. Naguère, on venait de voir la foule des soldats dévorés d’une soif ardente se précipiter à terre et fléchir le genou pour boire ; mais trois cents guerriers se contentant de puiser l’eau dans le creux de leur main avaient bu debout. Ce sont là les élus de Gédéon L
Ce choix accompli, le général, courant au combat, a donné pour armes à ses soldats, — écoutons-le bien, — « des trompettes et des pots de terre vides , avec des lampes au milieu des pots'^ ». Suivi de ses trois cents, Gédéon s’avance. Sa troupe se divise en trois corps autour du camp des Madianites, et tout à coup l’air retentit d’un
‘ Image de ceux qui seront un jour couronnés, parce que, toujours vigilants et alertes, ils n’auront goûté qu’en courant aux biens même les plus nécessaires à la vie.
^ tubas in manibus eorum, lagenasque vacuas ac lampades in
medio lagenarum. Juges, ch. vu, v. Ki. Entendons par lampades, des va.ses destinés à cacher la lumière des (lambeaux, ou plulêt des falots de bois onctueux. — Note, Bible Vence, v. V, p. 4H.
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bruit épouvantable. Ses hommes brisent à grand fracas leurs pots de terre , et saisissant de la main droite la Irompelle que leurs lèvres vont emboucher, ils jettent tous ensemble ce cri formidable : L’épée du Seigneur, et Gédéon ! Chacun d’eux se fixe à son poste ; et ces lumières, ce tumulte subit ont au loin répandu la panique dans le camp idolâtre. Tous fuient; tous se précipitent; et les nations diverses dont se compose l’armée de Madiari se mêlent et s’entre-tuent. Tel est le récit de la Bible. {Juyes, ch. vu, ici. — Josèphe, Àniiq., 1. Y, ch. viii.)
Telles sont, maintenant, les paroles de M. Salverte : « Nous sommes induit, avec Roger Bacon, à transformer en grenades remplies d’une composition pyrotechnique les vases de terre et les lampes qui facilitèrent à Gédéon la PRISE DE Jéricho!... » Choisis avec de grandes précautions, ses soldats étaient les confidents de leur général , et les dépositaires du secret pyrotechnique à l’explosion duquel venait de s’accomplir si naturellement le prodige de la chute des murs de cette ville. [Lire la p. 428.)
Rêvons-nous? Et, si nous n’exceptons M. Salverte, qui, sous le patronage de M. le D'' Littré, nous décrit avec l’aplomb d’un témoin oculaire la chute des remparts de Jéricho sous le feu des grenades de Gédéon , quels yeux , en ce monde, eussent pu voir l’accomjilissement de ce plus inconcevable des prodiges 1 Une invincible puissance d’hallucination sort donc des feuillets de la Bible pour égarer la vue des dénégateurs de miracles!
Jéricho! Jéricho d’abord! Eh quoi! depuis deux siècles et demi, les murailles de cette ville ont cessé d’avoir pierre sur pierre. Elles se sont prosternées à terre au simple bruit des trompettes de Josué, se mêlant au cri d’Israël. Nul ne les a relevées encore. Et voici que, sous les yeux de MiM. Salverte et Littré, ces deux hommes dont la mission