CHAPITRE DOUZIÈME
ilonnez au pretre Éléazar, fils d’Aaron, de prendre les enicensoirs qui sont au milieu des llarames.
» Mais le lendemain, qui le croirait , tout Israël se reprit •là murmurer contre Moïse et Aaron, disant : Vous avez tué Itle peuple du Seigneur, vous autres! La sédition grossissant, ^Moïse et Aaron s’enfuirent vers le tabernacle de l’Alliance, wù la nuée les couvrit, et la Gloire du Seigneur se mani- I esta. — Retirez-vous de cette multitude, dit aussitôt le Seigneur, que je les extermine. Moïse et Aaron se prosterinèrent, et Moïse .dit à Aaron : Offrez vite encens et prières j jour le peuple, car la colère du Seigneur est déjà sortie eît voilà que sévit le fléau!... Aaron se précipitant vers le paeuple , que déjà le feu dévorait, — qimmjam vastahat iincendium J f. 47, — offrit des parfums.... Se tenant illebout entre les vivants et les morts, il pria pour le peuple, eît le fléau s’arrêta! Plaga cessavit. Or, le nombre de ceux f|]ui furent consumés par ces flammes fut de quatorze mille <sept cents hommes, sans compter ceux qui avaient péri Jlans la sédition de Coré L »
Les yeux des savants qui nous ont cité Josèphe auront [■été trop hallucinés , sans doute , pour admirer , dans les poages de cet historien, le spectacle de ce feu savant et [.errible qui dévora les deux cent-cinquante principaux adhér'ents de Coré, d’Abiron et de Dathan. Mais l’œil simple filu public ne s’ouvrira point pour y rester aveugle. O la ■^cène ineffaçable! et comme les terribles détails de cette cîatastrophe se sont gravés dans les souvenirs d’Israël! lÉcoutons : « On vit aussitôt paraître un feu si grand et si terrible, qu’il ne s’en était jamais vu de semblable, lors môme que les montagnes pleines de soufre vomissent de
* Bible, Nomh., ch. xvi. Traduction faite des passages nécessaires, en consultant la traduction de la Bible Vence, à/., 1827-9, vol. 111, ’■). 497; le lecteur est prié de vérifier; id. Josèphe, Hist., liv. IV, c. ni.
LE MONDE MAGIQUE
leurs entrailles allumées des lourl»illons enllammôs , el que des forêts tout en feu , dont la fureur des vents augmente l’embrasement, se trouvent réduites en cendres. On connut que Dieu seul était capable d’en allumer un si étincelant et si ardent tout ensemble. Sa violence consuma de telle sorte les deux cent cinquante prétendants, et Coré avec eux, qu’il ne resta pas la moindre marque de leurs corps. Aaron seul demeura, sans avoir reçu la moindre atteinte de ces flammes surnaturelles; afin qu’on ne pût douter que ce ne fût un efTet de la toute-puissance de Dieu. » {Hist. Jos., 1. IV, ch. III.)
Ainsi donc, et résumons-nous : à partir du moment inattendu où Coré se présente devant Moïse , jusqu’au malin du jour suivant, Moïse aurait envoyé ses travailleurs creuser le sol sous les tentes des chefs de la révolte : ces rebelles qui , venant de jeter leur défi à la face du terrible chef d’Israël, ouvraient à coup sûr autour d’eux un œil vigilant, et savaient faire veiller leurs complices! — Dans ce désert, le Moïse de MM, Salverte et Littré aurait trouvé, travaillé, préparé, traîné, ajusté, construit le bois des étais et des bûchers qui, cédant à point nommé, sous l’action du feu et du faix des terres, vomirent cet épouvantable incendie ... D’autres ouvriers, les plus discrets des mortels! auraient cependant charrié, transporté, dérobé, caché, je ne sais où, la terre extraite de ces fouilles. O bagatelle que ce travail clandestin, qui doit s’opérer dans un silence de mort, et sans que le plus léger bruit le révèle en troublant dans ses profondeurs le silence de la nuit et du désert! Nul œil, nulle oreille n’en aura saisi le secret, nulle bouche ne l’aura violé...
Où bien, non; ce n’est plus sur des charpentes et des j bûches que reposent ces terres. Elles ont pour appui des imurailles de mines chargées de poudre à canon , et bourrées i