CHAPITRE DOUZIÈME
chlorate de potasse que vos mains auraient môlés, mais plus rapidement encore s’allumerait la poudre à canon, ou le phosphore. Un moyen existe, dans ce cas, de fixer le moment précis où la chaleur développée produira le phénomène de rinllammation ; et cette explication est peut-être celle qui convient le mieux au miracle d’Élie. (Eus. Sali verte, p. 409.)
De la chaux vive, de la poudre à canon derechef, et du phosphore! Cette réduction du prodige d’Élie nous étant I offerte avec le sérieux imperturbable qui caractérise les hal- ; lucinés, et dans le but de parfaire en nos esprits le sentiment de dédain que doit provoquer tout miracle , rien ne nous dira mieux sur ce point le possible et le vrai, que le dramatique récit du sacrifice d’Élie puisé dans la Bible même, ou dans les pages de Josèphe; car cet historien, sur lequel M. Salverte aime à trouver son point d’appui, répète le texte sacré d’une façon presque littérale.
Dieu voulant punir Achab, le mari de la détestable Jézabel, un jour le prophète Élie s’approche de ce prince et lui dit : 11 ne tombera pendant ces années ni rosée ni pluie, si ce n’est à la parole qui sortira de ma bouche. — Bientôt après cette prophétique sentence, le ciel fut d’airain, et la terre, privée dé toute moiteur, ferma les sources *
de sa fécondité J elle se dessécha Mais, un long pé-
riode de temps s’étant écoulé, le Seigneur dit à Élie : Présentez-vous devant Achab, afin que je fasse tomber la pluie.
Et Achab, voyant Élie, lui dit, de ce ton dont parlent les mauvais princes aux hommes de Dieu qui préfèrent leurs devoirs aux lâchetés de la complaisance : IS’êtes-vous point celui qui trouble Israël ? — iNon ! c’est vousmême qui avez abandonné les commandements du Seigneur,
et suivi I4aal Cependant, assemblez tout le peuple
2 U LE MONDE MAGIQLE.
sur le muni Carmel; appelez en ce lieu les quatre cent cinquante prophètes de Baal et les quatre cent cinquante des grands bois, eux que Jézabel nourrit de sa table.
Ces faux prophètes sont aussitôt assemblés; Elie s’approche du peuple et lui dit : Jusqu’à quand boiterez-vous des deux côtés? Si le Seigneur est Baal, suivez-le; si Baal est Dieu, suivez-le. — Et le peuple se taisait. — Je reste seul des prophètes du Seigneur, et quatre cent cinquante prophètes de Baal sont devant moi. « Qu’on nous donne deux bœufs ; qu’ils en choisissent un pour eux , et que , l’ayant coupé par morceaux, ils le placent sur du bois, mais sans feu dessous; » je ferai de même. (Rois, 1. III, ch. xvni, f. 23. ) « Puis, invoquez le nom de vos dieux, j’invoquerai le nom du mien ; et que celui-là seul qui accordera du feu à nos prières soit reconnu comme Dieu. — Rien de plus juste ne peut être demandé, s’écria le peuple.
Vous, prêtres de Baal, vous êtes les plus nombreux; commencez. — Et ces prêtres sacrifièrent : ils invoquèrent Baal depuis le matin jusqu’à midi, sautant, selon le vœu de leurs rites sacrés, par-dessus leur autel. — Criez plus fort! il faut que Baal soit occupé; peut-être dort-il! Allons, allons donc! disait et répétait Élie. — Et les cris de ces prêtres de redoubler... Puis, fidèles à leurs rites, ils se couvraient d’incisions et se rougissaient de leur sang... mais Baal demeurait sourd.
« Élie dit alors à tout le peuple : Venez avec moi. Et le peuple s’étant approché, il rétablit l’autel du Seigneur qui avait été détruit. » lbid.j> ch. xviii, f. 30. Cet autel, il le fit de douze pierres et f entoura de deux rigoles; après quoi le bois fut par lui préparé, le bœuf coupé par morceaux et placé sur le bûcher.
Maintenant, emplissez d’eau quatre grands xases^hydrins), répandez-lcs sur l’holocauste et sur le bois, dit Elie. Bien!