CHAPITRE DOUZIÈME
recommencez.., puis une fois encore. — La viande et le bois furent donc inondés; les eaux couraient autour de l’autel, la rigole en était toute pleine {^ibid., ÿ. 35), et le temps du sacrilice étant arrivé, Élie s’écria : Seigneur, faites voir que vous êtes le Dieu d’Israél et que c’est par votre ordre que j’ai fait ces choses, afin que leur cœur se convertisse à vous de nouveau.
11 dit, et le feu du Seiyneur tomba d’en haut sur l’holocauste, dévorant chairs, bois, dierues, poussière même, et jusqu’à l’eau des rigoles. Cecidit autem ignis Domini... Ce que tout le peuple ayant vu, il se prosterna, s’écriant : C’est le Seigneur qui est Dieu!... Et justice fut rendue à ces imposteurs, dont le métier est de flatter les princes pervers, de persécuter les justes, de tromper les peuples , et de les arracher à leurs devoirs en brisant le lien de religion qui les attache à Dieu : les prêtres de Baal furent exterminés parles spectateurs. {Bible, Rois, 1. lll, ch. xvii-xviii.)
Au moment où le prophète Élie s’apprêtait à sacrifier, rapporte l’historien Josôphe, il «dit au peuple de s’approcher pour prendre garde s’il ne mettait point secrètement le feu dans le bois, et chacun s’approcha. Or, cette quantité d’eau ne trempa pas seulement la victime et tout le bois, mais elle coula dans le fossé et le remplit. » Élie invoqua Dieu, et, « à l'instant même^ on vit descendre du ciel sur l’autel un feu qui consuma entièrement la victime et toute cette eau. Le peuple, épouvanté d'un si grayid miracle, se prosterna contre terre et adora Dieu. » (Josèphe,
1. VIII, ch. VIL Traduction choisie à dessein d' Ai'naïul (t Andilly , de Port*Royal, Paris, 1668.)
Voilà donc, en texte bien authentique, de quelle sorte et dans quelles conditions fonctionne la chaux vive que se figurent voir, de leurs yeux de savants, M. Eusèhe Salverte et son intré[)idc patron de l’Institut, M. le D*^ Littré... Eh quoi
246 LE MONDE MAUIQUE. |
donc! Elie, le propliète du Dieu d’Israël, n’esl à vos yeux j| malades qu’un faiseur de tours et un imposteur? Seul, cependant, et n’ayant que son Dieu pour aide, il a l’audace ’ de provoquer, de défier à une lutte mortelle ses adversaires; il ose les combattre au milieu du peuple qu’ils ont séduit, et sur leur propre terrain, tandis qu’Achab altéré de son sang, tandis que quatre cent cinquante faux prophètes ses ennemis implacables, tandis que tous les yeux, éveillés et provoqués par la rudesse apostolique de sa parole, épient jusqu’au moindre de ses mouvements!
Et si la science occulte eût possédé le secret naturel de ce feu d’cN haut tombant à la, parole d’Élie, pourquoi les prêtres de Baal, ses ennemis, n’en eussent-ils point usé Comme lui-même? Est-ce que les pontifes de l’idolâtrie n’étaient point, ainsi que M. Salverte y engage sa parole, des savants tout spéciaux, initiés à ces sciences et à ces arts? Est-ce que, par hasard, les prêtres mystagogues de l’Asie, | de la Cbaldée, de l’Égypte, n’avaient cru devoir prodiguer leurs secrètes et mystérieuses leçons qu’au seul Israël, leur , éternel ennemi ^ le contempteur public et implacable de tous les dieux des nations ? ^
Puis,' chose étrange et prodigieuse, si des yeux hallucinés | ne devaient renverser le sens de tout ee qu’ils voient, comment le feu que la chaux allume à terre tombe-t-il d'en haut? comment descend-il du ciel sur la pierre pour faire . disparaître jusqu’aux traces mômes de celte pierre? comment ne laisse-t-il, en se retirant, ni cendres, ni poussière, ni résidus? comment dévore-t-il tout ce qu’il frappe, comment en elTace-t-il tout vestige? (Bible^ Rois, 1. Ill, | cb. xvii-xviii. — Josèphe^ Hist.^ 1. AIIl, ch. vir.) |
Oh ! souveraine et incurable maladie de la science mo- |
derne, dont le parti pris est de se p/isser du merveilleux ' ! j ^ Journal (les Débats, critique sur le merveilleux, 5 mai 1861.