CHAPITRE DOUZIÈME
Kebelle contre son auteur, ne la voyons-nous point contrainte, lorsqu’elle veut s’insurger contre la religion et eu saper la base miraculeuse, d’abandonner honteusement, avec les procédés scientifiques les plus simples, la plus évidente vérité des textes? Jetée hors des voies de la droiture, elle perdrait donc toute dignité, tout honneur, tout crédit ; elle tomberait sous les coups du plus juste dédain si, connaissant à fond le mal qui la travaille, nous ne devenions son sauveur; si nous ne faisions héroïquement valoir en sa faveur la seule excuse qui puisse l’absoudre : l’hallucination, cette folie des sens provoquée par un désordre primitif de l’esprit*.
‘ Comme s’il eut été jaloux du renom de ce triste livre, écrit contre la lumière elle-même par ceux qui s’étaient aveuglés en fixant sur elle un regard provocateur, arrive et vient occuper la srène un autre membre de l’Institut, M. Alfred Maury. Nous nous hâterons de saluer en lui un homme de mérite et de valeur, ainsi que sait l’être M. le docteur Littré, mais seulement lorsque ses prétentions scientifiques ne s’élèvent point au-dessus du niveau de sa science.
Un énorme volume, aussi vide de raison et devraie science que chargé d’érudition , s’échappe de sa plume. Le but de cette machine destructive est d’extirper du sol toute racine de croyance au Surnaturel, donc tout germe de foi catholique. L’hallucination de l’auteur égale celle de ses plus tristes modèles. Choisissons un exemple.
Cliacun des feuillets de l’Évangile nous déroule fhistoirc de possédés que guérit de Sauveur. & Un de ces insensés attribuait ses paroles au démon. » Interrogé par le Christ, « il répondit qu’il s’appelait Légion, et, calmé à sa vue, il rentra dans son bon sens. L’ascendant moral du Sauveur avait opéré le miracle. » « On sait quelle est la puissance de cet ascendant chez certains médecins; on l’observe tous les jours dans nos asiles. » — « En entrant en apparence dans l’ordre d’idées do Yaliéné, ... en feirjnajit d’e/deuer l’infirmité ou le mal chimérique dont il souffre, on interrompt son délire. Est-il on butte à l’obsession de personnages imaginaires3 on feint de les contraindre à s’éloigner... et tous ces stratagèmes ramènent pour un temps le calme dans l’esprit du fou, tempèrent ses appréhensions et adoucissent ses. misères. C’est là TOUT LE SECIIET DE l’eXORCISME , Ot l’eX[)licalioil NATURELLE des faits relatifs aux possédés que nous fournissent à chaque page les livres saints. » (/’. .307, la Magie et l’Astrologie, Paris, 1860. A. Maury, de l’Institut.)
Ainsi voient les yeux académiques de M. Alaury, qui s’inqiose la mission de redresser notre vue! Que les médecins (pi’il nous signale, si le monde en possède de semblables, reclierelieni rlonc un jieu plus
CIIAPiTRE TREIZIÈME.
Hallucinations. — La critique. — Chapitre que l’on ne peut empêcher d’ôlre philosophique et boufibn, c’est-à-dire plus et moins sérieux qu’on ne le souhaiterait. — Il est d’une utilité très-grande. — La science moderne a tué la Magie. — Les pirouettes de M. L. Figuier. ’
— 11 laisse intactes les grandes énigmes, et pourquoi. — L’Académie et le public , peinture tirée des galeries du Journal des Débats,
— Hallucinations de la critique et de la philosophie moderne. — L'Al-
manach de Liège; comment, lorsqu’il dit vrai, l’Àcadémie de Berlin 'r est réduite à jeûner. |
De ces écrivains dont la verve hallucinative s’exerce avec un si malencontreux épanchement d’érudition jusqu’au sein des indestructibles monuments de nos livres sacrés, descen-
vite nos monomanes d’institut, nos savants à idée fixe, nos hallucinés opiniâtres ; qu’ils, mettent un frein à ces bouches ardentes et les engagent à nous faire comprendre , dans le simple idiome du sens commun, comment la possession , — ou la folie qui peut quelquefois n'en être que l’effet, — sont cependant tenues, depuis les temps les plus reculés et chez les peuples des religions les plus diverses, pour deux fléaux distincts, pour deux maux ayant chacun, dans les collections de la science humaine , leur histoire spéciale et séparée ; qu’ils nous disent encore comment, en dépit de tant de docteurs, en dépit de tant d’écoles médicales si discordantes, en dépit de cette cohue de systèmes curatifs dont le programme lugubre tapisse jusqu’aux murs et aux vespasiennes de nos villes, tant de fous se désespèrent ou pourrissent encore dans nos hôpitaux, sans parler de ceux qui vaguent ou divaguent à l’air libre ! Le jour môme où Jésus livrait, à la légion de démons qu’il venait d’expulser, deux mille pourceaux qui se précipitèrent sur-le-champ dans le lac et s’y noyèrent, on lui présenta plusieurs possédés. Il chassa d’eux les mauvais esprits d'une parole : verbo; et il guérit tous ceux qui étaient malades {Samt Matthieu, viii, 16). Toucher le bord de son vêtement chassait le mal le plus réfractaire ! ;
Oh ! quel médecin que ce Jésus ! et comment son école, — si diffé- ^ rente des académies vétérinaires, ou antispiritualistes, dont les doctrines ' sont la négation des esprits et de l’âme ; — comment celle de ses apô- : très et de leurs successeurs ne se sont-elles point, à tout jamais, substituées à l’école d’Hippocrate et de Galien ? Quoi de plus raisonnable, si telle était la vertu de son ascendant moral et si ses procédés curatifs 1 étaient si simplement naturels? Comment, encore, sa méthode et sa j puissance qui se manifestent aujourd’hui même (lire la TVe du curé | d’Ars, qui vient de mourir, par M. Vabbé Motmin, etc.), ne se sont- | elles transmises jusqu’à nous que par la foi, si différente de la science, i et sans laquelle le savoir humain et la ra'ison de l’homme sont si peu | de chose? 1